07 septembre 2006

NFL Preview 2006

Maintenant que vous avez digéré mon brillant (mais beaucoup trop long : encore une fois, mille excuses) exposé sur les règles du football américain et que vous crevez d’envie de suivre la NFL (avec l'incertitude concernant la télé, pas d'autre choix que de se tourner vers le web, et de préférence les sites américains comme nfl.com, espn.com et SI.com, le premier en tant que site officiel, les deux suivants pour la qualité extraordinaire des journalistes), je vais vous permettre de démarrer sur de bonnes bases grâce à ces pronostics de début de saison, jusqu’au vainqueur du Super Bowl, qui aura lieu début février à Miami.
Encore une fois, je vais devoir pomper allégrement chez Wikipedia (c’est la « free encyclopedia », non ?), ceci en guise d’explications préalables sur le fonctionnement de la ligue. Mais rassurez-vous, cette fiche Wiki est très simple, très bien faite avec des jolis casques aux couleurs des franchises et des liens pour chacune d’entre elles.

Présentation

La Ligue nationale de football (ou NFL ; National Football League en anglais) est une association d'équipes professionnelles de football américain. La NFL a été créée en 1920 sous le nom d' American Professional Football Association. L' APFA a été rebaptisée National Football League (en anglais) en 1922.
En
1970, la NFL absorba sa rivale, l'American Football League (AFL). La NFL se constitua alors en deux conférences : l' American Football Conference pour les équipes de l'AFL et la National Football Conference pour les équipes de la NFL.
À la fin de chaque saison, dans chaque conférence, les vainqueurs de chacune des quatre divisions et les deux meilleures équipes qui ne sont pas championnes de division (toutes divisions confondues) se rencontrent dans le cadre d'un tournoi (les play-offs). Les vainqueurs des play-offs de chaque conférence jouent ensuite la finale du championnat de la NFL : le
Super Bowl (plus de détails plus loin).
Le Super Bowl est l'événement sportif annuel le plus suivi aux
USA avec un stade à guichet fermé et plus de 90 millions de téléspectateurs. Les prix de diffusion des spots de publicité avant et pendant le match sont parmi les plus chers au monde. L'événement sportif bénéficie d'une telle audience que la mi-temps est prétexte à un grand show (assuré en 2006 par les Rolling Stones).
Le Super Bowl XL (édition
2006) s'est déroulé le 5 février 2006 au Ford Stadium - Detroit, Michigan et a été remporté par les Steelers de Pittsburgh, Pittsburgh Steelers face aux Seahawks de seattle (21-10). Le prochain Super Bowl, le Super Bowl XLI Aura lieu dans la ville de Miami,Floride

Calendrier

La saison régulière comporte 16 matchs répartis sur 17 semaines consécutives. Chaque équipe dispose donc d'une semaine de repos (bye week). Etant donné le faible nombre de matchs, toutes les franchises ne peuvent s'affronter. Une équipe donnée affronte ses adversaires de division en match aller-retour (6 matchs). On associe tous les ans à une division donnée une autre dans la même conférence. Les équipes de ces deux divisions se recontrent en aller simple (4 matchs). On procède de même en associant à chaque division une autre dans la conférence adverse (4 matchs). Les deux derniers matchs opposent l'équipe aux clubs de la même conférence ayant terminé à la même place la saison précédente (1er contre 1er, 2ème contre 2ème etc). Par exemple, lors de la saison 2005, les Broncos de Denver, qui évoluent dans l'AFC West, ont donc rencontré les autres équipes de la division deux fois (Chargers de San Diego, Chiefs de Kansas City, Raiders d'Oakland), les équipes de l'AFC Est (Bills de Buffalo, Dolphins de Miami, Jets de New York, Patriots de la Nouvelle Angleterre), celles de la NFC Est (Cowboys de Dallas, Eagles de Philadelphie, Giants de New York, Redskins de Washington) ainsi que les Ravens de Baltimore et les Jaguars de Jacksonville.

Play-offs

Douze équipes (6 par conférence) sont qualifiées pour les play-offs, tournoi final à élimination directe. Dans chaque conférence, il s'agit des 4 champions de division, plus les deux meilleures équipes. En cas d'égalité au nombre de victoires, les critères de départage sont nombreux, mais contrairement à d'autres sports, le goal-average n'est pas un critère prioritaire. Le premier tour (wild card) voit le 3ème meilleur champion accueillir la moins bonne des non championnes, et le 4ème champion accueille la meilleure des non championnes. Les vainqueurs passent au second tour (conference semi-finals) affronter les équipes les mieux classées qui ont bénéficié d'une semaine de repos. Les gagnants se rencontrent lors des finales de Conférence. Enfin, les champions de Conférence se rencontrent, en terrain neutre, pour le Super Bowl.

Je ne vais pas vous faire l'injure de rajouter des explixcations supplémentaires, non?

Et voilà comment seront les classements à la fin de la saison :

AFC East : 1. New England Patriots (11-5) 2. Miami Dolphins (10-6) 3. Buffalo Bills (6-10) 4. New York Jets (5-11)

AFC North: 1. Cincinnati Bengals (12-4) 2. Pittsburgh Steelers (11-5) 3. Baltimore Ravens (9-7) 4. Cleveland Browns (4-12)

AFC South: Indianapolis Colts (12-4) 2. Jacksonville Jaguars (11-5)* 3. Houston Texans (4-12) 4. Tennessee Titans (3-13)

AFC West: Denver Broncos (12-4) 2. Kansas City Chiefs (11-5)* 3. San Diego Chargers (8-8) 4. Oakland Raiders (3-13)

Wild card*: Patriots over Chiefs. Colts over Jaguars
Divisional: Patriots over Broncos. Bengals over Colts
AFC Championship: Bengals over Patriots.

NFC East: 1. Washington Redskins (10-6) 2. New York Giants (10-6)* 3. Dallas Cowboys (10-6)* 4. Philadelphia Eagles (8-8)

NFC North: 1. Chicago Bears (11-5) 2. Detroit Lions (8-8) 3. Green Bay Packers (6-10) 4. Minnesota Vikings (6-10)

NFC South
: 1. Carolina Panthers (12-4) 2. Tampa Bay Buccaneers (10-6) 3. Atlanta Falcons (7-9) 4. New Orleans Saints (3-13)

NFC West: 1. Seattle Seahawks (11-5) 2. Arizona Cardinals (6-10) 3. Saint Louis Rams (5-11) 4. San Francisco 49ers (2-14)

Wild Card*: Redskins over Cowboys. Seahawks over Giants.
Divisional: Panthers over Redskins. Seahawks over Bears.
NFC Championship: Panthers over Seahawks.

Super Bowl: Panthers over Bengals.

Quelques remarques, à présent :

  • Pour réaliser cette prédiction j’ai simplement pris le calendrier de la saison et réfléchi deux secondes pour chaque rencontre avant de rajouter une victoire ou une défaite à chaque équipe. Et c’est une technique qui peut donner des résultats surprenants. Je n’avais pas prévu les 3 équipes à égalité dans la NFC East ni la faiblesse extrême de la NFC West.
  • Ces prédictions sont évidemment fausses. Les Bengals au Super Bowl ? Je n’y crois déjà plus. Mais bon, ce qui est écrit est écrit.
  • La NFL est une ligue très propice aux surprises, et tous les ans une équipe (l’année dernière, les Bears) que tout le monde condamne aux dernières places trouve le moyen de se qualifier pour les playoffs en écoeurant les centaines d’experts américains. Donc, cette année, on peut déjà dire qu’une de ces équipes ira, contre toute attente, en playoffs : Buffalo, NY Jets, Cleveland, Houston, Tennessee, Oakland, Green Bay, New Orleans, Saint Louis, San Francisco. J’ai personnellement deux candidats idéaux : les Rams et les Titans.
  • Conséquence directe, au moins une équipe que tout le monde voit au sommet des classements se désintègre sous les yeux de ses fans (en 2005, les Eagles et les Vikings). Les candidats cette saison sont innombrables, avec les Cowboys, les Giants, les Redskins, les Panthers, les Jaguars, les Bengals, etc. Mais si je devais miser de l’argent sur un effondrement, je parierais sans hésiter sur les Seahawks de Seattle. Pourquoi ? Parce qu’ils ont perdu le Super Bowl l’année dernière, c’est aussi simple que ça.

Désolé, mais je ne peux pas résister au plaisir de vous infliger, à la façon de mes pronostics de D1, mes NFL picks (l’équipe qui reçoit est en majuscules) :


PIT b. Mia, Cin b. KC, CAR b. Atl, CLE b. No, TB b. Bal, Den b. STL, Sea b. DET, Phi b. HOU, NE b. Buf, TEN b. Nyj, Chi b. GB, ARI b. Sf, Dal b. JAX, Ind b. NYG, WAS b. Min, Sd b. OAK.

Je saurai rapidement si je suis au niveau des « experts » US. Au fait, vous avez remarqué ? Pas de matches nuls, c’est quand même plus simple…

06 septembre 2006

Rivincita?

« Alors ? »
C’est ce que vous étiez en train de vous demander, j’en suis sûr.
« Alors, il va en parler, de ce match ? »
Après avoir subi mes chroniques désespérées du mois de juillet, assisté à mes premiers pas vers l’abîme de la dépression la plus profonde pour finalement m’entendre hurler au soir de la finale (peu importe où vous habitez : vous ne pouvez pas ne pas m’avoir entendu) puis chanter l’hymne italien toute la semaine suivante, vous avez effectivement le droit d’exiger que je parle.

Je suis tenu de m’exprimer sur le sujet, c’est une obligation morale.

Oui, la France reçoit l’Italie ce soir au Stade de France.
Oui, c’était l’affiche de la finale de Berlin le 9 juillet dernier.
Et oui, c’est l’occasion pour les Bleurks de prendre leur revanche, même si Saint Raymond répète le contraire à longueur de points-presse. Tout bon supporter français ne croit pas un mot de ce que raconte Domenech et ne rêve que d’un bon vieux 3-0 pour pouvoir gueuler « Mais y sont où, mais y sont où, mais y sont où les I-ta-liens ? ». C’est humain. Je soupçonne même quelques esthètes du chambrage d’avoir préparé quelques apostrophes de circonstance, telles que « Eh les Ritals ! Où qu’elle est votre Coupe du Monde, qu’on puisse vous l’enfoncer dans le c.. à coups de chausson ?! »
Oh oui, on va jubiler ce soir dans les foyers français après la victoire des Bleurks (car ils vont gagner, c’est une certitude : 2-0, minimum), et toute la frustration du mois de juillet va s’évacuer d’un coup dans le ciel de Saint-Denis quand Buffon sera battu pour la première fois.
J’imagine que ce sera très bon pour le pays et pour le fonctionnement intellectuel de Gilardi de pouvoir se dire que finalement, « c’est nous qu’on est les meilleurs ».
Hélas, l’attribution des titres ne fonctionnant pas au football comme à la boxe, l’Italie est championne du monde pour encore quatre ans et, quoiqu’il arrive ce soir, la France restera à jamais le perdant de la finale de la Coupe du Monde 2006.
Le perdant.
Le perdant. C’est un mot qui résonne plutôt suavement dans les oreilles, non ?

(Excusez l’interruption, mais poussé par l’euphorie je viens de me repasser Fratelli d’Italia à fond. Deux fois.)

Mais revenons à ce qui nous occupe. Le match. La « revanche ». Et à cette question encore sans réponse : faut-il le regarder ?
Etant entendu que le problème du son (coupé) a été résolu une fois pour toute, reste l’image. Le jeu en lui-même. Et plus spécifiquement les joueurs.
Puis-je raisonnablement regarder une partie dont a été scandaleusement exclu mon nouveau héros ? Non. Absolument pas.
La décision de suspendre de Marco Materazzi pour ce match n’est pas seulement inique (juste une question, en passant : combien de dents aurait-il fallu qu’il perde afin d’être considéré comme la victime dans cette affaire ?), elle nous prive également de tout l’intérêt qu’il y aurait eu à suivre les retrouvailles entre le grand Marco et les pleureuses françaises. (Thuram, alias j’arrêterai de jouer quand j’aurai eu mon poste de ministre l’a dit : « On était les plus forts »)
Pas de Materazzi ? Pas de match.
Et puis, tout le monde sait que la France va gagner, non ?
Ce qui me fait penser :
Comment dit-on « peu importe » en italien ? Et « qu’est-ce que ça peut me foutre » ? Mais avant tout « Rappelez-moi qui a gagné la Coupe du Monde, déjà ? »
Parce que c’est le genre de choses que l’on doit entendre à tous les coins de rue aujourd’hui à Rome, Milan ou Turin.
Et je ne pourrais pas être plus d’accord.

04 septembre 2006

Le Football Américain pour les Nuls

Motivé par le retour prochain (ce week-end) de la saison de NFL (et sur les écrans de Canal+ ? Rêvons un peu…) j’avais bien l’intention de mettre à profit mes talents de pronostiqueur pour vous proposer une preview de derrière les fagots avec prédictions pour toutes les divisions et annonce de l’affiche du Super Bowl XLI.
Bien entendu, j’étais conscient que certains de mes lecteurs ne sont pas forcément très au fait de ce qui se passe dans le monde merveilleux du football américain professionnel et, à défaut de meilleures références, sont peut-être tentés dans leur ignorance de qualifier ce sport de « rugby avec des casques ».
C’est pourquoi j’avais également prévu débuter cet article par un lien vers la version française de la fameuse encyclopédie en ligne Wikipedia dans le but d’éclairer votre lanterne et de vous familiariser avec des termes comme quaterback, safety ou punt.
Renseignés par ces connaissances toutes fraîches, vous n’auriez eu alors qu’une envie : dévorer la suite de mon post et apprendre enfin qui allaient être les perdants et les gagnants de l’année.
Tel était donc mon plan.
Et puis j’ai lu la fiche Wiki. (si vous la voulez aussi, cliquez ici)
Ce faisant, j’ai pu vérifier une nouvelle fois la force de l’adage « Ne laisse pas aux autres le soin de faire ton travail ». Même quand « les autres » s’appelle Internet Tout-Puissant.
Désespéré à l’idée de devoir vous expliquer moi-même de A à Z les principes et les bases de ce sport, j’ai fini par adopter une solution de compromis. Je me sers de larges citations Wiki (en italique), et je complète, je commente, je discute.
Voici donc votre premier cours de football américain. Lisez-le attentivement. Je vous promets que vous vous sentirez plus intelligents après.

NB : je vous prierais de me pardonner pour ce trop long article, si long que je vous conseille de le lire en plusieurs fois. Si toutefois vous choisissez de l’avaler d’un trait, vous seriez bien inspiré de prévoir les aspirines.

Définition

Le football américain est un sport dans lequel deux équipes ont pour but de porter le ballon jusqu'à une zone adverse au bout du terrain. Lorsqu'un joueur pénètre dans la zone d'en-but en possession du ballon, on dit qu'il fait un touché (canadien) ou qu'il inscrit un touchdown (terme anglais repris tel quel dans le reste de la francophonie).

Une remarque, déjà : cet article a de toute évidence été rédigé par un québécois. Un « touché » ? Oubliez ce mot immédiatement. Au football américain, on marque des touchdowns.
Et pour ceux d’entre vous que l’appellation « football » perturbe, sachez que le football américain se joue à 11 contre 11, comme notre football. Malheureusement pour vous, c’est le seul et unique point commun entre les deux sports.


Objectifs

Le but du jeu est de porter le ballon dans la zone d'en-but (end zone) adverse afin de marquer un touché qui vaut 6 points (+1 point avec le botté de transformation extra point ou +2 avec la « conversion » dont le principe revient à celui d'un touché) ou, lorsqu'elle n'y parvient pas, l'équipe en possession du ballon peut tenter un botté de placement (field goal), qui vaut 3 points

Aaarghhh !!! Vous venez de comprendre pourquoi je ne pouvais pas vous laisser seuls en compagnie de ce canadien : touché, touché, touché… On dirait qu’il veut vous expliquer la bataille navale. Et « botté de placement » ? Franchement, c’est du grand art.
Le touchdown, donc. Pas question d’ « aplatir », nous ne sommes pas au rugby : le ballon dans la zone. C’est gagné.
Ne vous inquiétez pas, vous allez comprendre les transformations et le « botté de placement » (mon Dieu !) un peu plus loin, car Wiki radote un peu.

Le terrain

Il mesure 100 verges (ou yards soit 91,44 m) divisé en portions de 10 verges (yards) pour une meilleure vision du jeu des arbitres. Au centre du terrain des traits hachuré (hashmarks) sont disposés longitudinalement toutes les verges pour la même raison. À chaque extrémité on trouve la zone d'en-but appelée endzone et, au bout de l'endzone, les poteaux entre lesquels le ballon doit passer pour le botté de transformation (après un touché) ou le botté de placement (field goal).

OK. « Verges », « touché », cet article devient de plus en plus embarrassant. Comme si j’avais besoin que mon blog soit inscrit sur les listes noires du contrôle parental.
D’autre part, cela vous intéresse peut-être de savoir que la zone de l’en-but mesure 10 yards (information plus importante que vous ne le pensez) et que la largeur du terrain est de 53 yards et demi, soit 49 mètres.

Le ballon

Rien sur Wiki, il faut que je le fasse moi-même.
Je vais improviser : ballon de forme ovoïde mais plus petit et effilé qu’au rugby et qui donne son nom au sport (football). En prime, je vous ai trouvé cette belle photo en gros plan.

L’équipement

Là encore, c’est à moi de tout faire.
Je clarifierais les choses en disant que le football américain n’est pas un sport violent par nature et que si vous deviez jouer contre des amis vous n’auriez pas besoin d’une armure sur votre torse ni d’un casque avec grille de protection faciale.
Malheureusement, il n’y a jamais d’amis en face.

Le jeu

La partie dure 60 minutes effectives - mais plusieurs heures au total - et comporte 4 quart-temps. Entre les deux premiers (et les deux derniers) quart-temps, on procède juste à un changement de coté et on garde la même position pour le ballon. Par contre entre les 2e et 3e quart-temps, c'est la mi-temps avec repos. Au début du 3e quart-temps l'équipe qui a reçu l'engagement engage à son tour. En cas d'égalité, une prolongation est jouée sur le mode de la « mort subite ».

Je n’ai rien à ajouter.

Un match de football américain se déroule en deux phases de jeu bien distinctes : l'attaque et la défense.

Faites bien attention, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

L'équipe possédant le ballon est en phase d'attaque et dispose de quatre tentatives pour parcourir 10 verges (yards !). Une fois la progression de 10 verges (yards !!) effectuée, l'équipe dispose de quatre nouvelles tentatives pour progresser de nouveau de 10 verges (YARDS !!) supplémentaires. Si, à l'issue des quatre tentatives, l'équipe n'a pas parcouru cette distance, la possession du ballon est donnée à l'adversaire. L'adversaire récupère alors le ballon à l'endroit où l'attaque s'est arrêtée : c'est un turnover on downs. Pour éviter que l'équipe adverse ne récupère le ballon trop près de la zone d'en-but et se trouve donc en situation de marquer trop favorable, il est possible de taper un coup de pied (genéralement effectué lors de la quatrième tentative) afin de dégager le ballon. Ce coup de pied de dégagement est appelé botté de dégagement. (punt).

Vous avez compris ? Ne me mentez pas…
Bon, je vais essayer de vous ré-expliquer tout ça clairement car cette règle des 4 tentatives(ou downs) pour franchir 10 yards est absolument fondamentale, et détermine à elle seule le déroulement du jeu.
Etant donné que le football américain est un jeu de gagne-terrain, il est essentiel pour l’équipe qui attaque d’avancer avec le ballon. Et, pour garder la possession de ce ballon, elle doit remplir une sorte de « contrat » consistant à avancer de 10 yards grâce à un maximum de quatre tentatives. Si elle échoue, le ballon est rendu automatiquement à l’adversaire.
Prenons un exemple. Une équipe débute la phase d’attaque. Le commentateur va donc annoncer : « Première tentative et 10 yards à gagner ». Ce qui se traduit en américain par « First and ten », et par l’indication que l’on trouve sur tous les écrans de télé, juste à côté du score : « 1st & 10 ».
Si l’équipe avance de 4 yards sur cette première tentative, la phase suivante sera désignée comme « 2nd & 6 ». 5 yards de plus à la deuxième tentative. Nous voilà arrivés à un crucial « 3rd & 1 ».
Ce que vous devez bien comprendre, c’est que les troisièmes tentatives sont des phases critiques. Car soit elles permettent de franchir les yards nécessaires à l’obtention de 4 nouvelles tentatives, soit elles sont contrées. Dans ce cas, l’équipe qui attaque se retrouve en situation de fourth down.
Très souvent, cette quatrième tentative va servir à taper un coup de pied de dégagement (punt) qui va repousser l’adversaire loin dans le terrain. Si l’on se trouve suffisamment près des poteaux (i.e à 35 yards ou moins), c’est alors l’occasion de marquer 3 points grâce à un field goal. Et, dans les cas les plus désespérés, s’il faut absolument que l’équipe continue à avancer (parce qu’on est à 1 yard de la zone de l’en-but adverse, parce que le chrono défile et qu’on est en retard), alors l’attaque va utiliser cette quatrième tentative pour essayer de gagner les yards qui manquent. Tout en sachant que si elle échoue, l’adversaire récupérera la possession du ballon à l’endroit où elle a été stoppée.
Inutile de préciser que c’est un pari que les coaches n’aiment pas beaucoup tenter.
« Et quand une équipe gagne plus de 10 yards d’un coup ? », se demandent déjà les petits malins. Et bien, dans ce cas tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’attaque dispose de 4 nouvelles tentatives à partir de l’endroit qu’elle vient d’atteindre.

Attaquer

Il y a deux façons d’avancer.

La course : Dans ce mode de jeu le ballon est passé directement de la main à la main par le quarterback à un autre joueur appelé running back. Celui-ci doit alors courir avec le ballon en évitant les défenseurs adverses. Il existe de nombreuses variantes de ce type d'attaque, le quarterback peut par exemple courir avec le ballon sans faire de passe ou encore peut le transmettre au running back par le biais d'une courte passe. (Il est important de mentionner que le quart-arrière (quarterback) n'a plus le droit de lancer le ballon vers la zone d'en-but adverse, (passe en avant) aussitôt qu'il franchit la ligne de mêlée (line of scrimmage).)

Je suis surpris de constater que « running back » n’a pas d’équivalent québécois. Ils auraient pu oser « coureur arrière », franchement, ils n’étaient plus à ça près.

La passe en avant : Le quart-arrière lance une passe à un de ses receveurs qui se sera, au préalable, déplacé sur le terrain en suivant une trajectoire bien déterminée. Cette trajectoire, connue à l'avance des deux joueurs, permet, outre la synchronisation entre passeur et receveur, de déstabiliser la défense en utilisant des trajectoires atypiques. Une fois le ballon attrapé par le receveur, celui-ci peut continuer à courir ballon en main. Pour qu'une passe soit valide le ballon doit être attrapé sans qu'il touche le sol par un joueur ayant ses deux pieds à l'intérieur des limites du terrain. Si ce n'est pas le cas la passe est dite incomplète.

Croyez-moi sur parole : vous n’avez aucun idée du nombre ou de la complexité des systèmes d’attaque au football américain. Seuls ceux qui ont déjà joué à Madden savent de quoi je parle.

Défendre

Le plaquage : Le but du plaquage est de mettre au sol le porteur du ballon. Le jeu s'arrête dès que le porteur du ballon est au sol, la prochaine tentative d'attaque débutera à l'endroit où le joueur a été plaqué. Seul un joueur porteur du ballon peut être plaqué. Un plaquage effectué sur le quarter-arrière est appelé sack (Si le plaquage a lieu dans la zone d'en-but, cela rapporte 2 points à l'équipe défensive, le safety). Si le joueur plaqué perd le ballon, le ballon peut être récupéré par l'une des deux équipes. Cet évènement particulier, pouvant donner lieu à un turnover si la défense récupère le ballon, est appelé fumble. (Si un joueur est plaqué à l'intérieur du terrain, le chronomètre continue. S'il sort ou est poussé en touche, le chronomètre s'arrête. Celà à un impact très important sur la stratégie du jeu, en offense.)

« Quarter-arrière » ? Les québécois céderaient-ils à l’immonde franglais ? Et je précise que je ne suis pas responsable des fautes et de la confusion qui règne dans la dernière phase de ce paragraphe.
Quant à la philosophie défensive de ce sport, elle est simple : foutre l’adversaire par terre. Et récupérer la balle. Ce qui peut être également réalisé par :

L'interception : Elle a lieu lorsqu'un défenseur intercepte une passe destinée à un receveur. Le défenseur ayant réalisé l'interception peut progresser ballon en main jusqu'à ce qu'il soit plaqué. Son équipe débutera alors sa phase d'attaque à l'endroit où le plaquage a eu lieu.

Personnellement, j’adore les interceptions. Une belle interception retournée pour un touchdown, et c’est le délire dans le stade. Ou la désolation, bien entendu.

Marquer des points

L'essai, le touché ou touchdown vaut 6 points. Il a lieu lorsqu'un joueur est en possession du ballon à l'intérieur de la zone d'en-but de l'équipe adverse. Il suffit que la balle passe la ligne de la zone d'en-but pour que le touchdown soit valide sur un jeu de course ou qu'un joueur reçoive la balle dans la zone avec 1 ou 2 pieds au sol selon le championnat.

1 pied au sol : football universitaire (NCAA)
2 pieds au sol : NFL

Un touchdown donne lieu à une tentative de transformation, ou une conversion. Cette tentative, jouée à 2 ou 3 yards de la ligne d'en-but peut être effectuée de deux manières :

- En frappant un coup de pied sur le même modèle que le
field goal. Ce type de transformation, appelée extra point, vaut 1 point.
- En marquant l'équivalent d'un touchdown. Ce type de transformation, appelée
two-point conversion, vaut 2 points. Ce type de transformation est bien plus difficile à marquer qu'un coup de pied et n'est donc généralement utilisée que dans des cas particuliers où l'équipe doit rapidement marquer des points.

L’extra point est une formalité. A vu de nez, le taux de réussite chez les pros doit être compris entre 98 et 99%.
On ne peut pas en dire autant de la 2-point conversion. Il faut vraiment avoir besoin de ces deux points pour la tenter.

Le botté de placement ou field goal vaut 3 points. Un coup de pied pour être validé doit passer entre les deux barres verticales du but. Si le coup de pied est raté, la possession de la balle est donnée à l'équipe adverse à l'endroit où le coup de pied a été frappé.

Je suis sûr que vous aviez déjà saisi.

Le touché de sureté vaut 2 points. Un touché de sureté se produit dans la zone d'en-but de l'équipe se trouvant en possession du ballon. Il est accordé si le porteur du ballon est plaqué dans sa propre zone d'en-but ou sort des limites de celle-ci ou encore si une faute d'attaque est commise dans cette zone.

« Touché de sûreté » ? Je croyais qu’on en avait fini avec les insanités… Tout bon amateur de football américain sait que cette phase de jeu s’appelle un safety. Et il sait également qu’elle est extrêmement rare. Sur toute une saison NFL, vous pourrez généralement les compter sur les doigts d’une main.

Composition d’une équipe

Bien qu'il n'y ait que 11 joueurs de chaque camp sur le terrain pendant chaque phase de jeu, une équipe comporte un grand nombre de joueurs. Le roster (effectif) comporte 53 joueurs. Les remplacements ne sont pas limités comme dans la plupart des autres sports mais peuvent être effectués entre chaque phase de jeu. Une équipe de football américain compte donc plusieurs formations spécialisées adaptées aux différentes phases de jeu. Ces formations sont composées de joueurs différents bien que certains puissent faire partie de plusieurs unités.

11 contre 11, là au moins vous êtes en terrain familier. Mais 53 joueurs dans l’effectif, par contre… L’explication aux paragraphes suivants.

La défense

Avant tout, une chose à garder à l’esprit : ces gars-là sont très méchants.

Premier rideau : Ce rideau composée de defensive end ou ailiers défensifs et de defensive tackle ou plaqueurs défensifs a pour double objectif de stopper les courses et d'empêcher le quart-arrière (quaterback, b… de m… !) de passer le ballon.

Ces joueurs sont alignés (defensive line), avec un defensive end (DE) à chaque bout et les defensive tackle (DT) au milieu. Ils sont 3 (DE-DT-DE) ou 4 (DE-DT-DT-DE).
En bonus, pour chaque position, découvrez le nom de quelques vedettes de la NFL : Michael Strahan (New York), Richard Seymour (New England), Julius Peppers (Carolina), Simeon Rice (Tampa Bay), Dwight Freeney (Indianapolis).

Deuxième rideau : Le rôle de ce rideau de défense, évoluant entre les lignes de défense longue et courte, est mixte. Les joueurs de cette ligne appelés linebacker ou secondeurs doivent en effet suppléer la première ligne en stoppant les courses et la troisième ligne en intervenant sur les passes.

Probablement les joueurs les plus athlétiques sur le terrain, les linebackers sont les stars de la défense. Ils sont divisés en deux catégories, les inside linebackers (ILB), ou middle linebackers (MLB) à l’intérieur, et les outsisde linebackers (OLB) à l’aile, eux-mêmes divisés en right (ROLB) et left (LOLB).
Les linebackers forment avec la defensive line ce qu’il est convenu d’appeler le front seven, disposé selon les équipes en 3-4 (3 defensive linemen et 4 linbackers) ou en 4-3 (l’inverse, cela nous vous aura pas échappé).
Stars : Brian Urlacher (Chicago), Ray Lewis (Baltimore), Zach Thomas (Miami), Derrick Brooks (Tampa Bay), Joey Porter (Pittsburgh).

Troisième rideau : Les arrières défensifs (defensive backs). Leur rôle est de contrecarrer le jeu de passe de l'adversaire. Les joueurs faisant partie de ce rideau sont des cornerbacks ou demis de coin et des safeties ou maraudeurs, ces derniers faisant office d'ultimes défenseurs.

Le cornerback (CB) a le rôle le plus simple, tactiquement. Si vous me permettez cette analogie, il est « au marquage » du receveur adverse.
Le rôle du safety est plus compliqué car il doit adapter son jeu à chaque action.
A noter, là encore, qu’il existe un strong safety (SS) plus prêt du front seven, et un free safety (FS) qui doit normalement couvrir l’arrière de la défense.
Stars : Champ Bailey (Denver), Troy Polamalu (Pittsburgh), Roy Williams (Dallas), Ed Reed (Baltimore), Ronde Barber (Tampa Bay)

L’attaque

Elle est composée :

Bonne introduction, non ?

- d'un quarterback (QB, appelé aussi quart-arrière au Canada) qui est celui qui dirige l'offensive et appelle les jeux. C'est le premier joueur à toucher au ballon, après le centre. Il s'apparente à un demi d'ouverture au rugby, il doit avoir une bonne vision du jeu, un excellent leadership, ainsi qu'un calme et un sang-froid à toute épreuve. (Contrairement à la croyance populaire, le quart-arrière N'EST PAS le seul joueur autorisé à faire une passe en avant. Tout les joueurs peuvent le faire, sauf le centre, tant qu'ils ne franchissent pas la ligne de mêlée.)

Le quaterback (QB), la star du football américain… Celui qui va déterminer tout le jeu d’attaque de son équipe. Celui que les défenseurs vont vouloir à tout prix mettre par terre. Celui qui a un écouteur dans son casque pour entendre les consignes de ses entraîneurs. Toutes les équipes ne rêvent que d’une chose : dénicher la perle rare à ce poste.
Quant aux comparaisons avec le rugby, vous n’avez pas fini d’en lire, même si elles sont largement ineptes, tant physiquement que tactiquement. Dans le cas du quaterback, par exemple, vous avez besoin de la taille, d’être suffisamment grand pour dominer le terrain et voir vos partenaires par-dessus les défenseurs. Aucune chance qu’un demi d’ouverture culminant à 1,72m puisse le faire.
Stars : Tom Brady (New England), Peyton Manning (Indianapolis), Carson Palmer (Cincinatti), Michael Vick (Atlanta), Donovan McNabb (Philadelphie).

de porteurs de ballon (runningbacks) : rapides et puissants, leur but est de franchir le rideau défensif adverse. Il y le demi-arrière (HB) très rapide, il s'apparente à un trois-quart centre au rugby, et le fullback (FB) plus puissant mais moins rapide en règle général que le halfback, il est également utilisé comme nettoyeur de la défense devant le halfback.

Laissez tomber les dénominations farfelues, le running-back (RB) dont je veux vous parler est le « half back » décrit dans l’article. Le fullback n’a pas la moitié du quart de la même importance. Pour tout dire, certaines équipes s’en passent. Mais d’un bon running back, alors là, tout le monde en veut un.
Très important à souligner, ces joueurs sont à la fois des héros et des martyrs. Héros dans le sens où un excellent RB va littéralement porter son équipe sur ses épaules, martyr au sens où personne d’autre ne prend autant de coups sur un terrain. Ce qui se traduit généralement par des blessures nombreuses et des carrières courtes.
Stars : Shaun Alexander (Seattle), Larry Johnson (Kansas City), LaDainian Tomlinson (San Diego), Tiki Barber (New York), Edgerrin James (Arizona).

des ailiers éloignés (wide receivers) (WR) (receveur) très rapides, agiles et adroits (comme un trois-quart aile de rugby). Des jambes de sprinteur et des mains de basketteur, il doit recevoir les longues passes du quart-arrière et parcourir un maximum de distance ballon en main (yards after receiving).

Les divas du football, parce que les plus susceptibles d’aller critiquer leur entraîneur parce que l’on ne leur passe pas la balle assez souvent à leur goût. Mais quand tout va bien, comptez sur eux pour faire le spectacle.
Stars : Steve Smith (Carolina), Chad Johnson (Cincinnati), Terrell Owens (Dallas), Torry Holt (Saint Louis), Randy Moss (Oakland).


des ailiers rapprochés (tight ends) (TE), joueurs grands, puissants et rapides (3e ligne de rugby), ils sont très polyvalents et peuvent se muer en receveur comme en bloqueur.


Quand j’ai qualifié les linebackers de « joueurs les plus athlétiques»,j’aipeutêtreparléunpeu vite. Mais ce dont je suis sûr, c’est que le choc entre un tight-end lancé à pleine vitesse et un linebacker peut faire très mal.
Stars : Antonio Gates (San Diego), Tony Gonzalez (Kansas City), Jeremy Shockey (New York), Alge Crumpler (Atlanta), Todd Heap (Baltimore).

de cinq hommes de ligne offensive (Offensive Linemen) (OL), travailleurs de l'ombre imposants qui protègent le Quart-arrière des défenseurs qui pourraient le menacer, et qui ouvrent des
brèches dans la défense pour les porteurs de balle. L'un d'entre eux, le centre, a pour fonction supplémentaire de transmettre le ballon au quart arrière au début chaque phase de jeu (c'est le
snap). La ligne offensive est assujettie à des règles particulières qui restreignent leur placement, leur numérotation, ainsi que la possibilité pour eux de réceptionner une passe avant. Il est rarissime de voir l'un d'entre-eux porter la balle. Ce sont des joueurs capitaux pour le bon fonctionnement d'une attaque, mais ils sont généralement méconnus du public.


Les obscurs. On ne les voit pas, même si ce sont les plus gros. Les 150 kilos sont monnaie courante dans une ligne offensive, partant du principe que plus ils sont difficiles à bouger, plus ces joueurs sont utiles à l’équipe. Précisons que la ligne offensive se compose de deux tackle (RT et LT, des positions capitales, notamment pour la protection du QB) à chaque extrémité, d’un center (C) au milieu et de deux guards (G) pour boucher les trous.
Stars : euh, disons que les joueurs suivants sont connus pour être parmi les meilleurs à
leur poste : Walter Jones (Seattle), Olin Kreutz (Chicago), Jonathan Ogden (Baltimore), Will Shields (Kansas City), Orlando Pace (Saint Louis).

Les équipes spéciales

Ces unités entrent en jeu à l'occasion de situations bien spécifiques. Il existe des formations différentes pour effectuer les bottés d'engagement, de dégagement ainsi que les placements(bottés de trois points ou field goals). Certains joueurs ultra spécialisés n'entrent sur le terrain que pour ces phases de jeu. Il s'agit notamment du punter qui effectue les bottés de dégagement, du kicker, spécialisé dans les coups de pieds placés (transformations et field goals) et du long snapper qui remplace le centre dans certaines de ces phases de jeu. Une special team défensive est aussi mise en place à l'occasion de chacune de ces situations. Elles agissent pour empêcher l'équipe adverse de marquer ou pour remonter le ballon le plus efficacement possible dans le cas d'un botté d'engagement ou de dégagement.


Vous avez bien lu : le punter punte, le kicker kicke, et c’est tout. Mais si tous les punters se valent plus ou moins (leur boulot : dégager le ballon très haut et très loin), les kickers, eux, sont régulièrement en position de faire gagner ou perdre leur équipe. D’où l’importance d’avoir des nerfs d’acier en plus de jambes solides. Gardez à l’esprit que toutes les semaines des matches se jouent sur un field goal de dernière seconde ou pendant les prolongations. Qu’Adam Vinatieri est un héros du football américain parce que deux de ses coups de pieds ont permis aux Patriots de remporter le Super Bowl en 2002 et 2004. Mais que le nom de Scott Norwood restera à jamais marqué du sceau de l’infamie depuis le 27 janvier 1991 et ce field goal manqué qui aurait donné le Super Bowl à Buffalo contre New York.

Le coach

A peine mentionné par notre ami de chez Wiki, ce qui est tout bonnement impardonnable. Car le football américain est sans aucun doute le sport où le rôle du coach est le plus important, le plus déterminant. Entre la direction des entraînements, la gestion de l’effectif (rappelez-vous, 53 joueurs…), la préparation des matches et les matches proprement dits avec les tactiques à annoncer pour CHAQUE action, un head-coach de NFL est un homme occupé. Vous ne risquez pas de le voir assis sur son banc à méditer sur le sens de la vie tout en regardant d’un œil son équipe jouer.
Pour mener à bien toutes ses tâches, le coaching staff est composé d’une multitude de préparateurs physiques, d’entraîneurs spécifiques pour chacune des positions énumérées plus haut et de nombreux tacticiens chargés d’étudier le jeu des adversaires, etc.
Ce staff pléthorique est finalement dirigé par un triumvirat formé des 2 coordinateurs, offensif et défensif, dont le boulot consiste à élaborer les tactiques et à les proposer au cours de la partie, et bien évidemment du head-coach, dont le boulot est d’être le patron. Et donc de décider.
J’aurais aimé pouvoir comparer ce métier de coach avec celui que font les entraîneurs de notre football. Mais ça n’aurait pas été juste. Fabio Capello, Jose Mourinho, Arsène Wenger, Alex Ferguson ou Raymond Domenech (on ne rit pas) sont payés pour décider s’il faut jouer avec 1 ou 2 attaquants et pour crier « Allez ! » à leurs joueurs sur le bord du terrain. Ils ne font de toute évidence pas le même métier que les stars du coaching au football américain.
Stars, justement (il y en a beaucoup, en voici quelques uns à avoir gagné au moins une fois le Super Bowl) : Bill Parcells (Dallas), Bill Belichik (New England), Joe Gibbs (Washington), Mike Shanahan (Denver), Bill Cowher (Pittsburgh).

Stratégies et tactiques

Le caractère extrèmement hâché du jeu, le principe du gagne-terrain et les remplacements illimités ont conduit, au fil des années, les entraineurs à développer des schémas tactiques d'une grande sophistication. Le développement de l'analyse vidéo et de l'informatique ont encore accentué ce phénomène. Le football américain est souvent comparé à une forme de jeu d'échecs dont les pièces seraient vivantes, et bien des subtilités échappent au spectateur même averti.
Je parie que vous n’imaginiez pas trouver le mot « subtilité » dans un article consacré au football américain.
Mais sans doute en avez-vous assez. La suite de l’article Wiki vaut le coup d’être lue pour ceux qui en veulent encore, mais je préfère vous épargner pour cette fois les merveilles démoniaques du blitz, des deep routes, du play-action, des screen-pass ou du nickel package.

Et d’ailleurs, tout ceci n’est pas réellement compréhensible tant que vous n’avez pas joué à Madden plusieurs mois d’affilée.

PS : pour vous récompenser d’avoir été jusqu’au bout, voici le lien vers les videos de nfl.com. Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point les musiques qui accompagnent ces highlights sont géniales. Et je ne vous parle pas du ton du commentateur…

28 août 2006

Coupe du Monde de la FIBA 2006

Vous l’ignorez sans doute, mais le championnat du monde de basket-ball se déroule actuellement au Japon. Et oui. Si vous n’étiez pas un fidèle lecteur de ce blog, vous n’auriez jamais su que ce tournoi avait eu lieu. Et pourtant.
Voilà une compétition bien plus crédible que le championnat du monde de volley-ball (qui peut regarder ça ?), de handball (encore pire) ou de rugby. (moins de 10 pays au monde savent ce que c’est) J’irais jusqu’à dire qu’au vu de l’identité d’un des finalistes de la Coupe du Monde cette année, le basket n’a même pas de leçons de crédibilité à recevoir de la part du football. Mais passons.
Je constate simplement qu’à moins d’être abonné à Canal+ et d’avoir ses matinées de libre, le basket reste invisible. Pourtant il y a une Equipe de France, elle se débrouille plutôt pas mal et elle est tout aussi « métissée » (75% de joueurs noirs) que les Bleurks. Suffisant pour attirer les télés et le public, non ?
Bah, le basket restera éternellement en France un sport de patronage, et tous les Tony Parker du monde n’y changeront rien. Et puis, quand on voit le spectacle proposé hier matin lors de la victoire des Français sur l’Angola en huitièmes de finale, on se dit qu’aucun téléspectateur occasionnel ne s’est certainement exclamé « Wow, c’est vraiment génial le basket ! A partir de maintenant je vais regarder tous les matches que je peux ! Je vais même conseiller à mes amis de faire pareil ! » Non, il n’y a aucune chance que ce soit arrivé. Vous pouvez me croire sur parole : ce match était horrible.
Par ailleurs, vous voulez certainement mon avis sur la France, si je veux qu’elle gagne ou si les basketteurs souffrent eux aussi du syndrome Bleurks. En vérité, je suis partagé sur cette question :

Pourquoi je les supporte

Avant tout les joueurs français sont des anonymes, si l’on excepte le cas Tony P., qui lui se trimballe un melon bientôt moitié aussi gros que celui de Thierry Henry (et ça veut déjà dire vraiment très gros), mais Tony est rentré à la maison avec un doigt cassé (je tenais à vous l’apprendre), ce qui est très embêtant pour jouer au basket. Pour ce qui est des autres, allez, je vous mets au défi de m’en citer deux ou trois… Non, finalement n’essayez pas, vous allez vous fatiguer pour rien.
Conséquence directe de cet anonymat, les chances de voir Jean-Pierre Pernaut s’envoler pour Tokyo en cas de qualification pour les demi-finales pour présenter l’intégralité de son journal de 13h en direct d’un restaurant de sushis avec en arrière-plan des supporters français imbibés au saké sont relativement peu élevées. Voire nulles.
Et puis, détail très important, les matches de l'Equipe de France ne sont pas commentés par Thierry Gilardi, mais par le dieu du commentaire sportif himself, George Eddy. C’est bien connu, Gilardi salit tout ce qu’il touche. Avec sa bave.

Pourquoi il est temps qu’ils perdent

Parce que les quarts de finale, c’est bien assez.
Parce qu’une victoire de plus et Jean-Pierre Pernaut est capable de s’en mêler.
Parce qu’une demi-finale contre les USA serait une trop belle occasion de dire (encore !) du mal des Américains.

Parce que j’ai une réputation à honorer, oui ou non ?

Sinon, nous sommes lundi. Et c’est reparti pour une quatrième édition des :

10 pensées pour la journée

1. Je pense que ça va être la fête à l’hospice de Michel Hidalgo. 35 buts marqués grâce à son Challenge de l’offensive ! Euh, attendez une minute…

2. Je pense que le Challenge de l’offensive n’est qu’une sinistre plaisanterie. 35 buts marqués, et pas un seul contre Marseille ? Allez, s’il vous plaît, soyez sympas…

3. Je pense que se cacher derrière son mur et laisser un trou béant pour le tireur de coup-franc n’est pas précisément la marque d’un grand gardien. Quoi ? Non je ne parle pas que du gardien rennais Simon Pouplin.

4. Je pense que le Stade Rennais a décidé depuis deux saisons déjà d’adopter ma proposition de ne pas commencer le championnat avant la fin du mois d’août.

5. Je pense que la victoire de Toulouse à Troyes dans cette tenue est une immense défaite pour le football. Non, je ne vais pas lâcher l’affaire.

6. Je pense que les consignes de Canal + à la Ligue pour humilier le PSG tout au long de la saison sont appliquées à la lettre par le corps arbitral. Et deux pénaltys pour tirage de maillot dans la surface, deux !

7. Je pense que les épreuves d’admission pour un poste de commentateur à Canal+ sont parmi les plus sélectives de tout le monde du travail. J’ai pu me procurer ce document confidentiel auprès de la DRH de la chaîne cryptée :

  • déclamer l’intégralité de « Guerre et Paix » (Tome 1) de Tolstoï dans un délai de 45 minutes (+ 2 minutes de Temps additionnel) : avec un bon entraînement et quelques cassettes de Stéphane Guy version Jour de Foot 2003-2004, on peut y arriver.
  • Commenter dans les conditions du direct la retransmission du Lens-Rennes saison 2005-2006 et faire vibrer un auditoire de 50 cobayes : performance d’acteur digne de Robert De Niro.
  • Rire à une blague de Laurent Paganelli : l’épreuve la plus redoutée. Seule la lobotomie a pu permettre à la plupart des candidats de réussir cet ultime test.

Ceux qui ne succombent à aucune des ces épreuves sont vraiment la crème de la crème. La preuve tous les week-ends à l’antenne.

8. Je pense que cette trêve de 15 jours après moins d’un mois de compétition vient à point nommé. Ils sont tellement fatigués, tous nos héros du championnat…

9. Je pense que mon « Echelle de la haine » est décidément bien pratique. Avant, j’étais bien embêté les soirs de Lorient-Nantes, par exemple. Mais ce nouveau système, plus de question à se poser : c’est écharpe des Merlus autour du cou et autocollant « Festival Interceltique » sur le front que j’ai fêté le triomphe de mes favoris sur les Nantais. Enfin, c’est peut-être ce que j’aurais fait si j’avais eu assez de bière à la maison.

10. Je pense que la prochaine saison de D1, avec le Stade Brestois, va être passionnante. Je n’en peux plus d’attendre. Quoi, vous ne croyez pas qu’une équipe capable de ramener un point de Dijon (après avoir été menée au score) ne mérite pas une place parmi l’élite ? De toute évidence, vous ne connaissez rien au football.

25 août 2006

L'échelle de la haine

Pour la plupart des gens, le vendredi soir est le meilleur moment de la semaine. C’est le début du week-end, le moment où l’on peut se dire : « Cool, je vais faire plein de trucs, ça va être génial ! », tandis que le dimanche on ne pense déjà plus qu’au lundi. Le vendredi soir, par contre, les gens sont heureux. Ils retrouvent leur famille, prennent le chemin de la maison secondaire, sortent avec des amis, se bourrent la gueule et écument les boîtes de nuit pour « choper » (est-ce toujours le bon terme ? Je suis si vieux, j’ai bien peur de ne plus être à la page), tout ça au choix, à la suite ou dans le désordre. Bref, le vendredi soir est le climax tant attendu de chaque semaine.
Pour la plupart des gens.
Parce que pour moi, en ce moment, ça n’est plus que le soir d’une nouvelle défaite pour le Stade Brestois.
Rassurez-vous, je vais m’y faire. Plus que deux défaites et on pourra perdre le derby à Guingamp. A partir de là, avec 1 point en 8 journées, les carottes seront cuites, je pourrai tirer un trait sur cette saison et penser à autre chose.
A la D1, peut-être ? Il le faudra bien, comme tous les ans, au fond.
Depuis la disparition brutale du Brest Armorique en 91, et passés les premiers mois de deuil (et ses phases classiques : choc, déni, larmes, révolte, acceptation, souvenir…), il a bien fallu que je me remette au Championnat de France. Toutefois, en l’absence d’une équipe à supporter, j’ai dû trouver d’autres motivations pour suivre les matches, construire une nouvelle hiérarchie dans mes priorités d’accro au foot.
C’est ainsi que j’ai élaboré, au fil des saisons, une échelle des différents clubs français, établie selon un critère simple : mon désir de voir une équipe perdre.
Cette échelle me permet de trancher des dilemmes tels que « Nancy-Sochaux ce soir, faut-il que j’encourage une équipe ? Si oui, laquelle ? » ou encore « Nantes-St Etienne : qui doit perdre ce match ? »
Voici donc l’échelle de la haine, l’élite du football français classée de la détestation pure et simple (2 équipes) à l’amour contrarié (une seule).
J’attends vos lettres d’insultes.

NB : ce classement est sujet à fluctuation. Il a déjà bougé par le passé. Le ventre mou (une douzaine d’équipes) est relativement instable.


Haine absolue, totale, incoercible : Marseille.
Chacune de leurs victoires me vrille les tripes, chacune de leurs défaites est un enchantement.

Haine régionale, héréditaire : Guingamp.
Avant, ils avaient le droit de gagner contre Marseille. Mais maintenant qu’ils sont en D2…

Haine extra-régionale : Nantes.
Dans quel département se trouve la bonne ville de Nantes, déjà ? Ah ouais, la « Loire Atlantique »…

J’ai 32 ans, pas 52 : Saint-Etienne.
Continuez à vous plaindre des impayables « poteaux carrés » de 76, supporters des « Verts »… Visiblement « dignité » et « aujourd’hui » ne font pas partie de votre vocabulaire.

Si seulement Brest n’était pas si mauvais : Lorient.
Il leur manque un Noël Le Graët pour être au niveau de Guingamp.

Tant qu’ils ne gagnent pas la Ligue des Champions : Lyon.
Ils peuvent gagner encore 10 titres d’affilée s’ils veulent. Ce n’st pas mon problème. Mais merci au Milan AC, au PSV Eindhoven, au FC Porto et à tous les autres.

Qui a besoin d’un club pareil ? Toulouse.
Il n’y a que les rugbymen frustrés pour oser jouer en maillot rose.

Comme ils sont bien en D2 : Metz, Strasbourg.
Et surtout, restez-y, par pitié.

Est-ce bien sérieux d’avoir deux équipes ? Lille, Lens.
Selon Canal+, la réponse est oui, puisque cela nous permet d’assister deux fois par an à un derby « mythique ».

Pas vraiment à l’aise : Bordeaux.
Cependant une chose est sûre : ils détestent Marseille autant que moi.

Pire que la haine, l’indifférence : Sochaux, Troyes.
Un jour il faudra qu’ils tentent l’expérience d’intervertir leurs effectifs et de mesurer le temps qui s’écoulerait avant que quelqu’un remarque la différence. Pronostic : au moins 2 matches.

Non au Petit Poucet : Valenciennes.
Je ne suis qu’un ingrat. Mais depuis que Jacques Glassmann est parti, ce club a perdu l’intégralité de son charme.

Au moins, j’aime bien leur coach : Nice.
Les entraîneurs corses savent motiver leurs troupes. Et Antonetti est né pour porter la cagoule.

Euh… : Sedan.
Non, vraiment, je ne sais pas quoi en penser.

Rendez-leur Guy Roux pour que je puisse faire semblant de m’intéresser : Auxerre.
Question : quel est le seul entraîneur de Ligue 1 qui soit moins charismatique que Jean Fernandez ? (réponse : Serge Le Dizet)

Si ça leur fait plaisir d’avoir une équipe de foot : Nancy, Le Mans.
Le Mans est mon favori numéro 1 pour succéder à Nancy au palmarès de la prestigieuse Coupe de la Ligue.

Il paraît qu’ils ont des supporters : Monaco.
J’admets sans aucune honte avoir applaudi à leur défaite en finale de la Ligue des Champions.

Amour un jour, haine le suivant : Paris.
Amis Parisiens, ce n’est pas compliqué : battez Marseille et soyez devant eux au classement. Et tâchez au moins de me faire rire.

Bienveillance polie : Rennes.
Il aurait été facile pour moi de devenir un supporter : vraie équipe, vrai stade ET j’ai habité là-bas durant ma folle jeunesse. Mais quoi ? Vous vouliez que j’abandonne le Stade Brestois parce qu’ils étaient en CFA et que le stade tombait en ruine ? Pas question. Je suis quelqu’un de fidèle. De stupide, aussi ? Probablement.

Jean-Guy Talamoni vient de me passer un coup de fil : Bastia, Ajaccio.
Et je me prépare à rédiger un chèque au titre de l’impôt révol… euh, au titre du Comité Pour l’Amitié entre le Peuple Corse et le Peuple Breton (COPAPCPB).

Amour fou, trahi, bafoué : Brest.
Au point où nous en sommes, j’en viens à regretter les années de National et le slogan « La D2 en 2002 ! ». Au moins il y avait un objectif, et on pouvait y croire (même si la montée n’eut lieu qu’en 2004). Aujourd’hui, « La D1 en 2021 ! », ça ferait rire tout le monde.


Pronostics pour la journée :
Nice-Lyon 0-1, Lille-Bordeaux 1-0, Sochaux-PSG 1-2, Lorient-Nantes 1-1, Troyes-Toulouse 1-1, Marseille-Le Mans 2-0, Nancy-Auxerre 3-1, Valenciennes-Rennes 2-0, Monaco-Sedan 1-0, St Etienne-Lens 1-1.

Dernière journée : 6/10 Saison : 13/30

21 août 2006

La malédiction du maillot rose

Bon. Cette fois c’est clair. Tous ceux qui fantasmaient sur une victoire bordelaise face à Lyon (« ça mettrait les Lyonnais à 5 points ! ») en sont pour leurs frais. Tous ceux qui voulaient voir du grand football aussi. La lutte pour le titre vient de prendre un sacré coup.
Et de toute façon, si Marseille doit être l’adversaire numéro 1 de Lyon pour le titre, alors je vote pour qu’on donne le trophée à Coupet dès maintenant.

10 pensées pour la journée :

1. Je pense que je vais devoir abréger ce post. C’est que je suis tellement fatigué d’avoir dû veiller si tard hier soir pour assister à la fin du match. 23h05. Canal se moque de nous. Je paye l’abonnement, je veux des coups d’envoi à 20h30 !

2. Je pense qu’il faut être un grand professionnel du commentaire sportif pour oser faire passer une incroyable succession de fautes (plus de 50) et de coups-francs pour un « grand match ». Désolé Grégoire, mais ça ne marche pas avec moi.

3. Je pense que mes espoirs d’assister de mon vivant à la remontée du Stade Brestois en D1 sont en train de s’évanouir. (J’espère que ça ne va pas devenir une rubrique récurrente, mais voici le bilan des quatre clubs pros bretons depuis le début de la saison : 8 points sur 48 possibles. Et même pas de canicule pour servir d’excuse.)

4. Je pense que c’est embêtant de jouer au foot quand on n’a pas de gardien. Demandez aux joueurs de Valenciennes.

5. Je pense que les 20 000 habitants de Sedan et les 5 000 habitants de Sochaux ont dû vibrer très fort lors du choc(1-1) entre les équipes locales. Ils sont bien les seuls. C’est pourquoi j’ai décidé de miser un gros paquet de pognon sur le match retour, le 24 janvier prochain. Moi aussi j’ai envie de ressentir des émotions.

6. Je pense qu’il est rafraîchissant de voir deux entraîneurs qui ne cèdent pas au diktat de la poignée de main obligatoire imposé par la Ligue. Elie Baup et Frédéric Antonetti ne peuvent pas se sentir (quelqu’un sait-il pourquoi ? Baup a-t-il manqué de respect à la sœur de son homologue corse ? A sa cousine ? Cela vaut peut-être le coup de mener l’enquête), et ils ne font pas semblant de se « respecter » avant le match. Plutôt sain, non ?
Quoiqu’il en soit, cette interminable séance de poignées de main avant chaque match (entre joueurs, arbitres, entraîneurs, officiels…) est forcée, hypocrite, sans intérêt. Et puis, soyons sérieux : serrer la main de l’arbitre ? Quelle drôle d’idée. Si j’étais joueur pro, cela se classerait en troisième position des choses les plus dures à supporter, après les causeries du coach (« De l’engagement, de la solidarité, les gars ! ») et les déplacements au Stade Vélodrome (« Ho hisse, enc… ! »). Pourtant il semble bien que ces simagrées vont durer. J’ai même cru comprendre que la Ligue réfléchissait à une poignée de main après les matches. Et pourquoi pas des petits bisous partout ?

7. Je pense que je ne suis pas un grand tacticien ni rien du tout et que je n’ai pas non plus lamentablement échoué à qualifier l’Equipe de France pour la World Cup 94, mais je n’hésite pas à dire que je ne suis pas d’accord avec Monsieur Gérard Houillier. Au lieu de trancher pour le poste d’arrière droit entre Réveillère et Clerc, on garde le premier à son poste et on met le second ailier droit ? Et les deux sont inexistants et ne se font pas une passe du match ? Peu importe, me direz-vous, Lyon a gagné. Et je n’y connais rien du tout.
Mais ce dont je suis sûr, par contre, c’est que soit Clerc, soit Réveillère, ou peut-être même les deux, ont dans leur contrat la clause suivante : « Si je ne suis pas titulaire à tous les matches, je me casse à Marseille. »
Mais laissez-les partir, bon sang !

8. Je pense que si Marseille persiste à occuper la première place du classement, mon état de santé va rapidement se dégrader.

9. Je pense qu’il n’y a pas de hasard dans le foot. Nancy était en tête après deux victoires convaincantes, et leur saison se présentait sous les meilleures auspices. Mais lors de leur déplacement à Saint-Etienne, voilà qu’ils se présentent sur la pelouse vêtus d'une abomination rose (pas de trace de photos nulle part sur le web, c'est sans doute mieux comme ça). Et devinez quoi ? Ils ont perdu. Le karma est passé par là.
S’ils osent porter cette tenue à nouveau, la sanction sera immédiate, comme pour Toulouse : ils mériteront la D2.

10. Je pense que Romain del Bello et David Astorga sont deux crétins analphabètes qui pensent que le public de Téléfoot a le même QI qu’eux et/ou une moyenne d’âge de 10 ans (là, ils ont sans doute raison). Mais je pense aussi qu’ils sont incomparablement moins crispants que Gilardi. « Notre capitaine est forfait », ont dit les deux remplaçants. Si seulement il pouvait être suspendu à vie.

18 août 2006

Pronostic, mode d'emploi

Mon seul et unique souci depuis que j’ai démarré ce blog (c’était à une autre époque, avant Le Coup De Boule), est de gagner des lecteurs. A n’importe quel prix.
J’ai commencé par me dire que je devais tout miser sur la qualité, qu’il fallait que j’écrive de meilleurs articles. Mais quand je relis ma production de ces dernières semaines, sérieusement, pourquoi essaierais-je de faire MIEUX que ça ? Je suis au top, il faut simplement que j’y reste.
Ecrire plus souvent serait une option intéressante. Malheureusement, j’ai besoin de travailler afin de gagner misérablement ma vie, et cela freine considérablement mes élans ainsi que mon inspiration. Tant qu’il en sera ainsi, la fréquence actuelle de 2 posts par semaine sera difficile à dépasser, hors événement exceptionnel bien entendu. (Je vous renvoie à ma chronique Weltmeisterschaft)
L’idée de jouer la carte de la concupiscence et d’illustrer ce blog avec des images de filles dénudées, voire engagées dans des activités à caractère, disons, intime, a été vite abandonnée. Ce n’est pas moi qui vais vous apprendre où vous pouvez vous procurer ces saletés sur Internet, bande de pervers !
Il me reste donc une ultime option : faire gagner du pognon à mes lecteurs.
Et pour cela je n’ai qu’une solution : vous enseigner l’art du pronostic.
(NB : je n’évoquerai ici que notre bien-aimée Ligue 1. Si vous voulez parier sur le tennis féminin, allez directement sur bwin.com)

Ne suivez aucun conseil
Les « experts » du Lotofoot ne savent pas de quoi ils parlent. Je ne sais pas de quoi je parle. Vous pronostiquez, vous décidez. Nous ne sommes pas au PMU, où les chevaux sont des numéros et où il vous faut absolument un Paris-Turf pour parier. Vous savez tous que Lyon est la meilleure équipe, que Troyes est mauvais, que Rennes est imprévisible et que le PSG va se trouer. Vous êtes assez grand pour faire votre choix.

Suivez toujours votre instinct
Vous sentez que Sedan peut gagner à Lyon ? Que Paris peut battre Toulouse à domicile ? Aussi folle que paraisse votre première idée, suivez-la. Il n’y a rien de pire que d’avoir vu venir la surprise mais d’avoir choisi la sécurité, pour qu’il s’avère finalement que l’on avait eu raison dès le départ. Il y a de quoi se détester pour le restant de la semaine. Vous ne voulez pas que ça vous arrive, non ?

Soyez au courant de ce qui se passe
8 défaites d’affilée pour Valenciennes ? 6 victoires de rang pour Marseille ? Hum, ça sent la fin de série… Pauleta suspendu ? Oubliez la victoire du PSG contre Le Mans. (de toute manière, hein…) Je ne vous demande pas d’acheter L’Equipe tous les jours, ni même de regarder Téléfoot avec le son, mais tâchez au moins de connaître la tendance. Et d’avoir une idée du classement. On ne sait jamais, ça pourrait aider.

Que faire avec votre équipe préférée ? Et avec votre ennemi héréditaire ?
Libre à vous de les traiter comme des équipes ordinaires, mais malgré ce parti pris vous ne pourrez pas toujours être objectifs. Essayez plutôt ceci : parier systématiquement sur la défaite de vos héros. C’est un compromis gagnant-gagnant. Vous serez quoiqu’il arrive heureux de les voir gagner. Et en cas de malheur, ça vous fera toujours un lot de consolation. Il vous suffit d’inverser la formule avec l’équipe honnie. C’est ce que je fais avec Marseille.

Non au hasard
Imaginez une boîte. Carrée, de bonne taille, avec une ouverture pour la main sur le dessus. A l’intérieur, 3 boules. Une rouge, une bleue et une verte. De même taille, de même masse, parfaitement indiscernables au toucher. Plongez la main dans cette boîte. Remuez les boules tant que vous voulez. Seule la boule rouge vous fait gagner. Vous vous décidez à en prendre une. Vous sortez votre main de la boîte. Quelle est la probabilité que vous ayez sorti la rouge ? OK, je vous prends pour des débiles : 1/3. 33,3333333333333333% de chances de gagner. En termes de probabilités pures, voilà donc vos chances de parier correctement sur un match de foot. Plutôt intéressant.
Pourquoi ne pas parier au hasard sur l’ensemble des 10 rencontres de la journée ? A priori, c’est tentant. Ces matches pourris sont de toute façon impossibles à prévoir, il se passe toujours un truc imprévu, les joueurs ne sont pas fiables, pourquoi leur confier votre argent ? Et je ne parle même pas des arbitres… Cochez donc ces foutues cases au hasard, vous avez autant de chances de gagner !
Et bien, pas tout à fait. Avec 10 rencontres, c’est comme si vous deviez sortir 10 fois d’affilée la boule rouge de la boîte. Vos chances viennent de chuter subitement à 1/3puissance10. Vous avez désormais 0,0017% de chances de gagner.
Le hasard n’est plus votre ami.
Pour tout vous dire, en ne comptant que sur le hasard pour parier, votre score le plus probable est de 3 bons résultats sur 10. Ce qui ne sera pas suffisant pour vous acheter une nouvelle voiture. Et ce qui signifie également que désormais, à chaque fois que ferez mieux que 3/10, vous saurez que vous avez battu le hasard. Sacrée consolation, non ? Vous pouvez me remercier de vous l’avoir appris.
Voici, en détail, ce que le hasard vous réserve. Si vous n’êtes pas d’accord avec ces chiffres ou que vous voulez des explications, n’hésitez pas à poster un commentaire.

  • 10 bons pronostics sur 10: 0.0017% de chances.
  • 9/10: 0.034%
  • 8/10: 0.3%
  • 7/10: 1.63%
  • 6/10: 5.69%
  • 5/10: 13.65%
  • 4/10: 22.76%
  • 3/10: 26%
  • 2/10: 19.5%
  • 1/10: 8.67%
  • 0/10: 1.73%

En gros, ça vous fait un peu moins de 2% de chances d'avoir 7 bons pronostics ou plus, 68% d'être entre 3 et 6, et enfin presque 30% de chances d'être un loser à moins de 3/10. Vous tentez votre chance?


Pour ceux qui voudraient jouer aux petits malins
J’entends d’ici les plus intelligents d’entre vous protester devant leurs écrans : « Cette théorie ne tient pas la route ! Le foot n’est pas un jeu de hasard ! Tous les résultats ne sont pas équiprobables (ça, c’est pour les cerveaux qui me lisent) ! » D’accord. Les résultats des matches ne sont pas exactement des boules dans une boîte. Les statistiques de la saison passée sont les suivantes : Victoire à domicile : 44% Match nul : 32% Victoire à l’extérieur : 24%
Grâce à ces précieuses données, vous allez à présent pouvoir remplir vos pronostics pour chaque journée avec 3 nuls, entre 4 et 5 victoires à domicile et entre 2 et 3 victoires à l’extérieur.
Je serai ravi de connaître votre taux de réussite.

Pour les situations désespérées
Je crois l’avoir déjà mentionné mais je garde en réserve une méthode extrêmement dangereuse, à n’utiliser qu’en cas d’insuccès chronique. Deux défaites d’affilée contre le hasard, par exemple, pourraient me pousser à m’en servir. Ne comptez toutefois pas sur moi pour vous la dévoiler ici. Certains d’entre vous seraient forcément tenté de l’utiliser, et je ne veux être responsable d’aucune faillite personnelle. Sachez simplement que, lorsque que l’on n’y arrive plus, lorsque Sedan vient de gagner encore une fois à l’extérieur ou que l’on a fait confiance une fois de trop au PSG, sachez qu’un ultime recours existe. Mais qu’il peut tout aussi bien vous achever. Définitivement.


PS : Oh, comme c’est drôle, j’étais justement en train d’en parler ! Voici mes pronostics pour la journée…
Auxerre-Marseille 1-2, Le Mans-Valenciennes 1-0, Lens-Lorient 3-0, Nantes-Troyes 2-0, PSG-Lille 1-1, Rennes-Monaco 1-1, StEtienne-Nancy 2-1, Sedan-Sochaux 0-0, Toulouse-Nice 1-1, Bordeaux-Lyon 0-2.

Semaine dernière : 5/10 Saison : 7/20

14 août 2006

A tous les vacanciers

Le pont du 15 août ? Quel pont du 15 août ? Si vous croyez avoir affaire à un de ces obsédés qui ne jure que par les RTT ou qui célèbre les 70 ans des congés payés (je n’ai jamais compris ce concept inique : « Congés payés » ? Deux notions plutôt antithétiques, non ? Et pourquoi pas « Paix au Proche-Orient » tant qu’on y est ?), vous vous trompez de personne. Je ne vais pas vous lâcher pour partir en « vacances ».

NB : non, je ne suis pas rémunéré pour ce blog. La vie n’est pas toujours juste. Tant pis, revoilà mes :

10 pensées pour la journée :

1. Je pense que le mois d’août est le pire des mois pour le football. Les spectateurs sont à la plage, la télé n’est pas prête (Canal + nous promet un nouveau Jour de Foot, mais seulement « début septembre ». C’est à hurler), les transferts ne seront pas clos avant la fin du mois, ce qui veut dire qu’Olivier Kapo peut changer de club deux ou trois fois d’ici là, et surtout les équipes elles-mêmes sont encore en rodage. On se demande si elles ne se sont pas passées le mot : « OK, c’est commencé, mais c’est pas vraiment pour de vrai, hein ? C’est pour du beurre… » Quand même, la Ligue devrait leur dire que les points perdus en août ne se rattrapent pas.

2. Je pense que la Bretagne est une formidable « terre de football », mais qu’il faudrait peut-être que nos équipes arrêtent de jouer comme les touristes qui nous envahissent à cette période de l’année. Des quatre clubs pros, seul Lorient a pour l’instant réussi à gagner un match (et encore, c’était contre le PSG), mais a vite montré ses limites samedi contre une vraie équipe. Guingamp se traîne en D2 avec 2 points en quatre matches (ce qui me va parfaitement : puissent-ils ne pas bouger de là et récolter finalement 2 points en 38 matches) et Rennes fait une belle lanterne rouge en D1. Quant au Stade Brestois… J’aimerais pouvoir affirmer que tous les espoirs de maintien sont encore permis mais… Et moi qui croyais que la saison dernière avait été cauchemardesque ! Comme on dit chez nous : Ma Doue benniget !

3. Je pense qu’il est temps que quelqu’un se décide à raser le Stade Vélodrome. J’ai appris que l’aviation israélienne était libre depuis ce matin. Peut-être que si on leur demandait gentiment…

4. Je pense que Aulas devrait expédier un courrier à la Ligue afin de porter réclamation contre les maillots des joueurs toulousains qui sous-entendaient clairement que ceux-ci étaient venus participer à la Gay-Pride locale, et en aucun cas à un match de foot. Les Lyonnais ne pouvaient se douter que ces travestis allaient les crucifier en marquant un but égalisateur à la dernière minute. J’espère sincèrement que les Toulousains ne s’en tireront pas aussi facilement.

5. Je pense que si Barthez atterrit finalement à Toulouse, on peut compter sur lui pour exiger que soient brûlés tous les exemplaires de ces maillots roses.

6. Je pense que Grégory Coupet se prépare à entamer une grève de la faim depuis qu’il a entendu Barthez déclarer qu’il souhaitait poursuivre sa carrière internationale pendant encore deux ans.

7. Je pense que les bouchons de Champagne n’ont pas fini de sauter le samedi soir chez Canal +. Le week-end dernier : « PSG 2, Lorient 3. Ouais !!! » Ce samedi : « Valenciennes 0, PSG 0. Re-Ouais !!! » Et de reprendre tous en chœur : « On les a vendus, on les a vendus, on les, on les, on les a venduuus ! »

8. Je pense que la lutte entre le jardinier de Furiani et Robert Louis-Dreyfus pour le titre de « plus grand incompétent du football français » est à présent obsolète. Le nouveau vainqueur ? Le kiné du Stade Rennais. Alors que ses collègues du championnat sont payés pour garder en forme leur effectif pendant toute la saison, cet incapable a réussi l’exploit d’avoir 8 joueurs blessés avant le début de la saison. Et de préférence des titulaires. Bon travail, mec.

9. Je pense qu’il fallait être soit Nancéen, soit Sedanais, pour s’intéresser au terrible Nancy-Sedan de samedi. Et vous voulez savoir combien de supporters potentiels il existait pour cette affiche ? 125 000. Beaucoup moins que pour Troyes-Le Mans (200 000), mais une marée humaine comparé à Sochaux-Auxerre (45 000).

10. Je pense que regarder Shevchenko marquer un but pendant le Community Shield dimanche après-midi entre Liverpool et Chelsea (2-1) m’a donné la nostalgie de la Coupe du Monde. Bizarre que je ne ressente pas la même chose devant Jour de Foot.

11 août 2006

D1: Ce qui nous attend

Une journée de championnat seulement a eu lieu, et déjà j’y vois clair.
Pas vous ? Remerciez-moi, car la Vérité est dès maintenant sous vos yeux :

Champion : Lyon, qui d’autre ? Et au printemps Aulas demandera à la Ligue une dispense de championnat pour se concentrer uniquement sur la Ligue des Champions. Une place en demi-finales est à ce prix.

Qualifiés pour la Ligue des Champions : Lille et Bordeaux, dans cet ordre. J’ai un très fort pressentiment que ce championnat sera dans la droite ligne du précédent, avec très peu d’équipes en progression, déjà toutes résignées à la suprématie lyonnaise. Bordeaux a gardé tous ses joueurs et récupéré (au prix fort) Micoud, ils vont être durs à battre, surtout s’ils sortent assez vite de la coupe d’Europe. Quant à Lille, il serait temps que les autres équipes finissent par les prendre au sérieux. Elles savent qu’ils sont impossibles à jouer, mais on dirait que quand les joueurs découvrent la composition lilloise dans les vestiaires, ils se disent : « Stéphane Dumont ? Mathieu Chalmé ? Nicolas Fauvergue ? Mais c’est qui ces mecs ? On va les bouffer ! » Et encore une victoire pour le LOSC.

UEFA : Je vais essayer de ne pas m’énerver, mais je suis tenté de dire Marseille. L’UEFA est visiblement leur compétition favorite depuis quelque temps, et je peux tolérer leur présence à ce niveau jusqu’à un certain point. Disons, les huitièmes de finale. Plus loin, et je risquerais de me croire revenu en 91... Ah, au fait, vous avez appris la nouvelle ? Ribéry va rester ! Il est « Marseillais et content de l’être. » Nous avons donc en suspens une nouvelle question qui va nous passionner jusqu’à la trêve (ça n’ira pas au-delà) : quand Franky va-t-il déclarer une nouvelle fois qu’il mérite de jouer dans un « grand club » ? Mon opinion : le soir d’Halloween.

Trop courts : Lens, Paris, Monaco. Imaginez le PSG finissant sixième ! Est-ce que ça ne vaudrait pas une petite descente des Champs Elysées ?

Saison sans intérêt : Rennes, Auxerre, Nantes, Le Mans, Nancy, St Etienne. Il leur reste la Coupe de la Ligue. Je sais que ces équipes en rêvent déjà.

« On vise le maintien » : Et pas autre chose : Nice, Sochaux, Sedan, Lorient. Encore merci à la Ligue 1 Orange® à 20 clubs.

Toujours ça de moins dans Jour de Foot l’année prochaine : Toulouse, Valenciennes, Troyes. Rien de personnel dans ce choix. Seule la logique sportive me l’a dicté. Et les maillots roses.

Meilleur buteur : Pauleta. Manque d’imagination ? Non, la stabilité, je vous l’ai déjà dit.

Meilleur passeur : Ne comptez pas sur moi pour participer à ce mouvement de plus en plus marqué qui tend à faire du football un sport de statistiques. La FIFA s’y est mise pendant la Coupe du Monde (vérifiez vous-même : j’ai choisi un match totalement au hasard), mais ça ne fonctionne tout simplement pas. Les stats individuelles sont parfaitement adaptées au basket, un sport avec peu de joueurs, beaucoup de points, de grosses responsabilités pour chacun et des performances facilement mesurables. Et ce que le basket possède peut-être plus que tout, c’est une culture qui permet de définir n’importe quel joueur en fonction de ses stats : 20 points, 10 rebonds pas match ? C’est un très bon joueur. Au foot, si on vous dit qu’untel a réussi 8 passes décisives dans la saison, qu’est-ce que vous allez penser ? Ouais, et alors ? Si vous voulez que les statistiques soient significatives de la valeur d’un joueur, il faut y aller à fond, et imaginer de vraies feuilles de stats :
- Minutes jouées
- Temps de possession de la balle : a-dans son camp b-dans le camp adverse c-dans sa surface de réparation d-dans la surface de réparation adverse
- Ballons touchés : a-du pied droit b-du pied gauche c-de la tête
- Ballons perdus : a-du pied droit b-du pied gauche c-de la tête
- Ballons récupérés : a-du pied droit b-du pied gauche c-de la tête
- Passes : A-en avant Aa-du pied droit Ab-du pied gauche Ac-de la tête B-en arrière Ba-du pied droit Bb-du pied gauche Bc-de la tête C-sur les côtés Ca-du pied droit Cb-du pied gauche Cc-de la tête
- Tirs : A-cadrés A1-dans la surface de réparation A1a-du pied droit A1b-du pied gauche A1c-de la tête A2-en dehors de la surface de réparation A2a-du pied droit A2b-du pied gauche A2c-de la tête B-non cadrés B1-dans la surface de réparation B1a-du pied droit B1b-du pied gauche B1c-de la tête B2- en dehors de la surface de réparation B2a-du pied droit B2b-du pied gauche B2c-de la tête
- Buts : A-sans passe décisive A1-dans la surface de réparation A1a-du pied droit A1b-du pied gauche A1c-de la tête A2-en dehors de la surface de réparation A2a-du pied droit A2b-du pied gauche A2c-de la tête B-avec passe décisive B1-dans la surface de réparation B1a-du pied droit B1b-du pied gauche B1c-de la tête B2-en dehors de la surface de réparation B2a-du pied droit B2b-du pied gauche B2c-de la tête
- Coups-francs : A-frappés au but Aa-victorieux Ab-arrêté par le gardien Ac-hors cadre Ad-détournés B-vers un partenaire Ba-jusqu’au partenaire Bb-sur un adversaire
- Corners : A-côté droit Aa-sur un partenaire Ab-sur un adversaire Ac-sur le gardien Ad-en dehors des limites du terrain B-coté gauche Ba-sur un partenaire Bb-sur un adversaire Bc-sur le gardien Bd-en dehors des limites du terrain
- Touches : A-côté droit Aa-sur un partenaire Ab-sur un adversaire Ac-en dehors des limites du terrain B-coté gauche Ba-sur un partenaire Bb-sur un adversaire Bc-en dehors des limites du terrain
- Contrôles : a-pied droit b-pied gauche c-cuisse droite d-cuisse gauche e-poitrine f-tête g-toute autre partie du corps, dans les limites des lois du jeu.
- Dribbles : a-réussis b-ratés.
- Fautes : A-commises Aa-tacle Ab-poussette Ac-pied haut Ad-main Ae-tirage de maillot Af-coup de pied Ag-obstruction Ah-appui sur l’adversaire Ai-crachat Aj-coup de boule B-subies Ba-tacle Bb-poussette Bc-pied haut Bd-main Be-tirage de maillot Bf-coup de pied Bg-obstruction Bh-appui sur l’adversaire Bi-crachat Bj-coup de boule
- Cartons : a-jaunes b-rouges
- Cris : a-Hé b-A nous c-Oh d-Faute e-Monsieur l’arbitre f-Enc…

NB : Toutes ces stats sont évidemment convertibles en pourcentages et peuvent être suivies mi-temps par mi-temps, voire quart d’heure par quart d’heure. Et chaque catégorie fait l’objet d’un classement mis à jour après chaque journée.

Je crois qu’il est temps de prévenir L’Equipe qu’ils vont avoir besoin d’embaucher des statisticiens. Et aussi de plus de papier.

Premier entraîneur viré : Albert Emon. Celle-là était presque trop facile.


Je n’oublie pas pour autant mes pronostics pour la 2ème journée. Je vous préviens tout de suite : si, après mon désastre inaugural, je ne redresse pas la tête avec au moins 5 bons pronostics, je me verrais contraint d’appliquer une stratégie de secours extrêmement risquée dès la semaine prochaine. Priez pour que ça n’arrive pas.
Lorient-Bordeaux 0-1, Lyon-Toulouse 2-0, Sochaux-Auxerre 1-1, Nancy-Sedan 2-1, Troyes-Le Mans 1-1, Valenciennes-PSG 0-1, Monaco-St Etienne 2-0, Nice-Nantes 1-0, Lille-Lens 2-2, Marseille-Rennes 2-0

Semaine dernière : 2/10 Saison : 2/10

PS : Ma proposition de D1 restreinte à 10 clubs semble avoir provoqué l’indignation de supporters auxerrois outrés de voir leur équipe favorite écartée de ma liste finale. Je ne suis pas insensible à ces critiques, car au moment du choix, seule l’éviction d’Auxerre m’a posé un problème. Je réitère donc mes excuses à tous ceux que j’ai choqué (quoique pas forcément aux supporters toulousains), mais sachez également que je m’en tiendrai à cette liste. Avant de crier, laissez-moi vous exposer les critères de sélection et, si vous n’êtes toujours pas d’accord après les avoir lus, de deux choses l’une : soit vous êtes stupides, et donc vous n’avez rien à dire. Soit vous êtes très intelligents mais aussi secrètement amoureux de Guy Roux, et là je ne sais pas quoi vous dire. Ou peut-être que vous n’avez qu’à continuer à m’injurier.
Ces critères, on y arrive, sont au nombre de trois (j’en avais prévu quatre, mais je n’ai finalement pas tenu compte de mes vieilles haines) :
- Grande ville
- Grand stade
- Bons résultats

Permettez-moi à présent de reprendre les équipes une par une, et vous verrez que tout se tient parfaitement.
- Lyon : OK/OK/OK
- Marseille : OK/OK/comment dire… j’ADORE les voir perdre, mais pour ça il faut qu’ils restent dans l’élite et donc qu’ils gagnent quand même des matches… Mais pas trop bien sûr.
- Paris : OK/OK/ça dépend si on considère ou pas que la première moitié de tableau est un bon résultat. Si oui, alors 2 places de neuvième d’affilée suffisent à faire de vous un grand club.
- Bordeaux : OK/OK/2ème l’année dernière. Je ne ferai pas le difficile.
- Lille : OK/quelqu’un a-t-il le numéro de Martine Aubry ?/ étant né dans les années 70, jamais je n’aurais imaginé écrire ça un jour, mais la réalité des chiffres est irréfutable : OK
- Lens : Non, mais il reste le 2ème critère/OK/Jamais en dessous de la 8ème place depuis 5 ans. Et ils ont gagné un titre en 98 avec Tony Vairelles comme star de l’équipe. Encore dur à croire après toutes ces années.
- St Etienne : Non/OK/Non. On en reparle tout de suite.
- Monaco : Non/Non/OK. Oui, c’est vrai, l’année dernière c’était pitoyable. Mais quoi, vous voulez faire de la peine au Prince ?
- Rennes : OK/OK/3 saisons consécutives dans le Top 10. L’ « âge d’or » rennais peut-il durer ? De toute façon, je suis obligé de les garder, c’est la ville de D1 la plus proche de chez moi et aussi celle où je connais le plus de gens susceptibles de m’héberger un soir de match. Ah non, c’est vrai, cette année il y a Lorient… Lorient. Mais qui a envie d’aller passer un week-end là-bas ?
- Nantes : OK/OK/Derniers champions, en 2001, de l’ère pré-lyonnaise. Grâce à cela ils ont droit à un pass gratuit pour entrer dans ma ligue. Valable une saison.

Et Auxerre, là-dedans, me direz-vous ? Pas une grande ville, pas un grand stade, mais des résultats solides et réguliers (6/8/4/6/3 ces 5 dernières saisons). Et je n’oublie pas le doublé de 96. Tellement mieux que St Etienne, c’est évident. Et pourtant il m’a fallu opter pour les « Verts ». A cause de leur rivalité avec Lyon et Marseille, mais aussi à cause de leurs supporters à travers la France. Je n’ai pas la moindre idée de ce qui peut donner envie d’être supporter des « Verts », mais je suis pragmatique : je veux une ligue viable et populaire qui fasse un maximum d’argent. Si je veux écouler des maillots, je sais que celui de Piquionne se vendra beaucoup mieux que celui de Benoît Cheyrou, par exemple. Auxerre est vraiment trop handicapé par sa petite taille et son manque de base populaire. Comme disent les Américains, c’est une small market team, avec une fan-base trop limitée. C’est peut-être cruel, mais je fais dans le business, pas dans la charité.
Et je le répète : une équipe sera reléguée à la fin de chaque saison, et je serais ravi d’accueillir les Auxerrois à la place de Nantes ou des « Verts ». Ne soyez donc pas fâchés.

07 août 2006

Premières pensées

J’aurais dû me méfier.
En dépit d’une tendance naturelle à la critique permanente, j’espérais pourtant démarrer la saison 2006/2007 en fanfare.
Je me suis donc rendu ce vendredi soir au stade le plus proche, plein d’entrain et de confiance, impatient d’assister à un beau spectacle, et au minimum à la victoire de mon équipe favorite. Gonflé par un enthousiasme juvénile, j’avais même prévu de vous narrer dans les détails le déroulement de cette belle soirée d’été dans un compte-rendu plein de bonne humeur et de passion footballistique.
Là-dessus, j’ai vu le Stade Brestois éviter par miracle l’humiliation d’une défaite à domicile face à l’énorme équipe de Libourne-Saint-Seurin.
Vous comprendrez que les règles élémentaires de la décence ne m’autorisent pas à vous en dire plus.
Je m’en excuse auprès de vous, mais le récit d’un match à Francis-Le-Blé est repoussé à une date ultérieure. Encore indéfinie.

Et la D1, alors ? Comme tout le monde, je l’ai regardée à la télé. Laissez-moi donc vous asséner mes

10 pensées pour la journée :

1. Je pense que la Ligue doit intervenir d’urgence pour limiter la pub sur les maillots. Le sponsor unique doit être la règle si l’on veut éviter les horreurs comme à Nancy. Incroyable qu’ils aient encore des supporters. Et encore heureux que le beau-frère de Monsef Zerka ne soit pas patron d’une boîte de nuit, sinon je suis sûr qu’ils auraient trouvé le moyen de rajouter quelque part un autocollant « Discothèque Le Palladium » en échange de bouteilles gratos après les matches.

2. Je pense que je suis de plus en plus obsédé par les tenues des joueurs. Car chaque saison un nouveau cap est franchi vers la laideur absolue. Les fabricants semblent pleins d’idées géniales dès qu’il s’agit de faire mal aux yeux des spectateurs. Mais ceux-ci en ont assez de faire la queue chez l’ophtalmo ! Non aux maillots dorés (cf Monaco) ou gris (Nice) ! C’est à Canal + de réagir et de prévenir les clubs que s’ils veulent passer à la télé, c’est « Tenue Correcte Exigée ». Voilà qui devrait nous épargner la vue de Toulouse et de son maillot rose bonbon. Oui, c’est vraiment ce qu’ils portent, et oui, ils osent aussi le vendre 55 euros. Je pense être en droit de demander leur rétrogradation en CFA.
De plus, avec ça sur le dos ils faussent complètement mon nouveau concours « Trouvez les gays ». C’est une honte.

3. Je pense que j’en ai assez du feuilleton Ribéry. Il veut partir, Marseille ne veut pas, ça peut durer des semaines. Mettons l’ONU sur l’affaire. Ils ne peuvent pas faire pire qu’au Liban.

4. Je pense qu’il faut radicalement modifier le championnat : une seule journée et je n’en peux déjà plus d’entendre parler de Valenciennes, de Troyes ou du Mans. Pourquoi ne pas garder 10 équipes et les faire se rencontrer 4 fois par saison ? Et qui garder ? Facile : Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux, Lille, Lens, St Etienne, Monaco, Rennes, Nantes. Désolé pour les autres. Il faudra se battre pour remonter dans l’élite et obtenir la seule et unique place de promu.

5. Je pense que Grégory Coupet doit être très, mais très fatigué de sa Coupe du Monde. Entre les voyages en bus, porter les sacs de ballons, écouter les causeries de Domenech, respirer la fumée des clopes de Barthez et attraper des escarres sur les bancs allemands, on peut comprendre qu’il ne soit pas encore en mesure de tenir sa place dans les buts lyonnais. Allez, Greg, accroche-toi ! On attend tous de te revoir au top !

6. Je pense que l’arrivée de Fabrice Fiorèse à Lorient est une réussite totale. Mais je pense aussi que marquer deux buts au Parc des Princes constitue d’ores et déjà le plus grand moment de sa saison. Et probablement le seul.
Renvoyons-le au Qatar.

7. Je pense qu’on va encore beaucoup rire avec le PSG cette année. Et dire que Dhorasoo n’a pas encore repris.

8. Je pense que le concept de « promotion compassionnelle » devrait être banni de toutes les entreprises. Je m’explique. Quand un malheur (deuil, accident…) arrive à un de ses employés, un patron sensible et soucieux du bien-être de son personnel aura souvent tendance à favoriser la victime de la catastrophe, le plus souvent en lui accordant une promotion, justifiée ou non. Cela pourra apparaître comme une conduite humaine et noble, alors que cela n’est que de la sensiblerie mal placée, conduisant de plus à de graves erreurs de management. C’est pourquoi je suis opposé à cette pratique.
Dernier exemple en date : l’arrivée d’Alexandre Ruiz à la présentation de Jour De Foot sur Canal. Ruiz n’était qu’un baveux parmi tant d’autres sur la chaîne cryptée, envoyé spécial dans des stades reculés et chargé de l’Espagne à l’Equipe du Dimanche. Mais l’hiver dernier, en revenant de Metz (je vous disais bien qu’ils l’envoyaient n’importe où), il se crashe en voiture (ce qui nous donne droit à de belles démonstrations de solidarité de la part de ses « potes » de Canal et à d’innombrables « On pense à toi, Alex ! » à l’antenne) et passe plusieurs semaines à l’hôpital. Finalement, le héros s’en sort et, ô surprise, gagne la bataille pour le poste de présentateur de Jour De Foot. Pour notre plus grand malheur. J’ai été obligé de couper le son au bout de dix minutes. Je peux vous dire que l’accident n’a pas affecté son débit verbal, digne d’un Stéphane Guy sous cocaïne, ni sa capacité à aligner les « du côté » à une cadence Philippe Bruet-esque.
Je ne me sens pas d’humeur à compatir de sitôt.

9. Je pense que les élus lillois qui misent depuis des années sur l’effondrement de leur équipe de foot pour ne pas être obligés de lui construire un stade vont encore en être pour leurs frais.
Et quant aux abonnés de Canal + qui misent depuis des années sur l’effondrement du LOSC pour les voir moins souvent à la télé : m…, encore raté.

10. Je pense que tout le monde connaît déjà le nom du futur Champion de France. Le FC Lorient. (c’était juste pour voir si vous suiviez)

04 août 2006

C'est la Reprise. Youpi.

Je ne sais pas si vous le savez, mais la D1 reprend ce soir.
Ce n’est pas une blague.
Ce soir, vendredi 4 août, à 20h45, en direct sur Canal+, Nantes-Lyon.
Je parie que vous serez tous devant vos écrans.
Vous pouvez me remercier, car je sais que vous ne saviez pas. Mais ne vous en faites pas, je vous pardonne. Et ce d’autant plus aisément que j’ai moi-même beaucoup de mal à me persuader que la D1 (désolé, mais je ne me suis toujours pas mis à la « Ligue 1 », et encore moins à la « L1 ». Je ne crois pas que personne ait encore réussi à prononcer ça sans avoir l’air d’être sur le point de vomir. N’essayez de le faire chez vous.) redémarre si tôt.
Je veux dire, où est l’urgence ? Nous sommes à peine 4 semaines après Le Coup De Boule ! Qui a envie de se coltiner un Le Mans-Nice ou un Auxerre-Valenciennes ? Qui est mentalement prêt à subir un match pareil ?
Je suis au courant que c’est une tradition française de faire commencer son championnat ridiculement tôt dans la saison, parfois même en juillet. Comme toutes les traditions, personne ne sait d’où cela vient, ni encore moins pourquoi on la suit, mais tout le monde continue bêtement à trouver normal de la perpétuer sans oser y toucher.
Disons tout de suite que je ne vois aucune raison de continuer à jouer au foot dès le début du mois d’août. J’ai vérifié ce qui se passe dans les autres pays européens, les Italiens reprennent en septembre, les Espagnols dans 3 semaines, les Anglais dans 2 et les Allemands la semaine prochaine, mais là-bas au moins la trêve hivernale dure DEUX mois !
Sans vouloir jouer les petits génies ou les monsieur-je-sais-tout, je me suis amusé à élaborer une solution simple et efficace à ce problème de dates :
  • premièrement, supprimer la Coupe de la Ligue, dont tout le monde se contrefout, et réduire à 16 le nombre d’équipes en D1 (ne me dites pas que des clubs comme, au hasard, Troyes, Lorient, Valenciennes et Le Mans, vous manqueraient)
  • ensuite, décréter que le championnat doit reprendre le dernier week-end d’août, et jouer tous les week-end jusqu’à Noël. En admettant que la FIFA récupère deux samedis, vous arrivez pile à la trêve en ayant joué les 15 matches aller.
  • enfin, en reprenant mi-janvier, tout en continuant à jouer tous les week-end, sans oublier d’en donner 3 à la FIFA et 3 à la Coupe de France, vous pouvez boucler l’affaire début juin, avec la finale de la Coupe le week-end suivant. Un bon mois de vacances plus tard, les joueurs peuvent reprendre l’entraînement mi-juillet, et l’affaire est dans le sac.
  • et les années de Coupe du Monde ou d’Euro ? OK, là, vous avez le droit de commencer le 15 août, de jouer quelques matches le mercredi, et vous terminez mi-mai.

Je vous le dis, n’essayer pas de me piéger, j’ai pensé à tout. Ce programme est parfait. Mais encore une fois, je n’ai que peu de mérite. Pour mettre au point ces innovations j’ai bénéficié d’une aide extérieure, dont ne disposent visiblement pas les gens de la Ligue et de la Fédération. Je me suis servi en effet d’un dispositif cartonné, rempli de nombres classés sous forme de tableaux disposés en colonnes : un calendrier.

La Ligue a d’autres chats à fouetter, comme débaptiser la D1 pour lui trouver le nom le plus naze que l’on puisse imaginer (je sais, je sais, il faut que j’arrête avec ça…) et créer un trophée à remettre au Champion de France. (là non plus, je ne peux pas m’y faire : est-ce que vous croyez que Lyon expose vraiment ça dans sa salle des trophées ? Pour rien au monde je ne poserais cette horreur sur ma cheminée) On pourrait néanmoins s’attendre à ce que ses dirigeants fassent le maximum pour promouvoir leur « produit ». Affichage, campagne de presse ailleurs que dans « L’Equipe », matraquage télé, etc. Façon de rappeler au public qu’il n’y a pas que « Zizou » dans la vie et que, oui, Ribéry joue dans le Championnat de France ! (qu’est-ce qu’ils attendent pour coller des affiches ? Est-ce que tu pourrais tourner la tête dans l’autre sens, Franky ? Merci.)
Mais rien de tout ça. Je me suis tourné vers Canal+. J’espérais voir des émissions spéciales, avec présentations d’équipe, pronostics et infos sur les joueurs à suivre. La totale, quoi.
N’est-ce pas Canal+ qui a versé récemment 600 millions d’euros !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (excusez-moi, ça me le fait à chaque fois que j’essaye de me représenter la somme : je commence à avoir le vertige et je perds conscience un bref instant tout en gardant le doigt appuyé sur la touche) pour retransmettre la D1 ?
Leur seule et unique politique de pré-saison ne devrait-elle pas être de saturer leurs programmes de foot afin d’appâter le client?
De faire comprendre aux gens à quel point ils vont rater quelque chose d’énorme s’ils ne s’abonnent pas ?
« Bien au contraire », vous répondront les grands pontes du marketing de la chaîne cryptée, « ce qu’il nous faut pour vendre la Ligue 1, ce sont des petits reportages de 90 secondes consacrés à une équipe différente chaque jour, avec à chaque fois une interview du coach. Dans le cas de Lille, par exemple, montrer Claude Puel en train de suer dans son survêtement avant de lui donner la parole et sélectionner le passage où il dit que la saison va être longue. Il ne reste plus qu’à diffuser ces présentations au milieu des flashes d’infos de la chaîne, tout en veillant à ce que la présentatrice ne mette pas plus d’enthousiasme à les lancer qu’à annoncer un nouveau tir de roquettes du Hezbollah sur Israël, et le tour est joué. Si après ça vous ne crevez pas d’envie de dépenser 30 euros tous les mois pour avoir le privilège de suivre la Ligue 1 sur Canal+, c’est que je ne connais pas mon métier (rires). »
Qui suis-je pour en douter ?

J’en étais là, à méditer sur les mystères et les obscurités de la promotion télé, zapette à la main, quand je suis tombé sur ce que je n’attendais plus : un spot de pub de la Ligue pour la reprise du championnat. Tourné façon soap opera, avec romance idyllique, puis contrariée, entre deux joueurs dans les vestiaires.
Vraiment réussi, je dois dire. J’ai même souri. Et puis j’étais à la fois content qu’ils aient osé faire de la pub, et surpris que ce ne soit pas avec un slogan ringard, du genre « Avec la Ligue 1, vivez la passion du foot ! »
C’est alors que j’ai commencé à réfléchir. Ce n’est généralement pas un bon signe.
Ce spot parodie « Les Feux de l’Amour » et montre deux joueurs batifolant sous la douche, ce qui amène toute personne dotée d’un cerveau en état de marche (je sais, je sais : ce n’est pas forcément le cas de tous les supporters de foot) à tirer la conclusion suivante : « mais, mais, mais ces deux-là sont gays ! »
Je soulèverai donc deux problèmes. D’abord, je suis sûr qu’il est très important aux yeux de la Ligue d’augmenter la popularité du football dans le Marais parisien, mais est-ce une bonne idée de dire au supporter de base (oui, oui, on sait : il n’est pas forcément très malin), qui reste malgré tout l’essentiel du public, que les types de son équipe qu’il va supporter au stade s’amusent à laisser tomber le savon sous la douche ? Bon sujet de dissertation, non ?
Ensuite, qu’en est-il des joueurs eux-mêmes ? Vont-ils apprécier ce genre d’insinuations ? Peu importe, me direz-vous, ces idoles surpayées méritent bien qu’on se foute un peu de leur gueule. Bien, ce n’est pas moi qui vais vous contredire.
Posons donc le problème différemment : y a-t-il des footballeurs gays ? Si non, pourquoi, et si oui, alors pourquoi cela semble-t-il poser problème ? Car aujourd’hui la seule catégorie socio-professionnelle où l’homosexualité semble encore représenter le tabou ultime reste bel et bien le sport en général (mettons le patinage artistique de côté) et le football en particulier. C’est vrai, les masques sont tombés partout, que ce soit dans le showbiz, dans les affaires, dans la mode, dans la sidérurgie, chez les coiffeurs ou les représentants de commerce. La seule forteresse inexpugnable de l’hétérosexualité triomphante qui soit encore debout : le sport. (en admettant que vous n’ayez pas encore vu le clip de Carl Lewis sur YouTube)
Oh, il y a bien eu ce reportage dans Stade 2 l’année dernière où l’on apprenait que Vikash Dhorasoo était le parrain d’un club amateur répondant au doux nom de PSGay. L’allusion était suffisamment claire pour faire le lien avec l’orientation sexuelle de l’international français (c’est plutôt ça qui me choque chez Dhorasoo : qu’il joue en Equipe de France), mais à aucun moment on assistait à un véritable coming-out.
J’en conclus donc que s’afficher en tant que gay dans un vestiaire de foot est absolument exclu. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Vais-je pour autant militer pour une « ouverture » des mentalités, le déploiement de banderoles « Non à l’homophobie » avant les matches et des interviews-vérité de joueurs qui devaient jusque-là vivre leur amour à l'abri du regard de leurs coéquipiers ? Vous plaisantez.
Pas juste au moment où, après « Devinez quand Djibril Cissé va se casser une troisième jambe », je viens de me rendre compte que «Trouvez qui sont les gays de notre championnat» est à présent LA question majeure de cette saison 2006/2007.
Premiers noms sur la liste ? José Anigo et Fabrice Fiorèse.

Vous constaterez que je suis dans l’incapacité totale de vous offrir un panorama complet de la saison à venir, avec passage en revue des équipes et prédictions des futurs vainqueurs et losers.
C’est la faute de la Ligue. Je ne pouvais absolument pas être prêt à temps. Donnez-moi 15 jours, que je puisse au moins voir ce que valent les nouveaux effectifs de Sedan, Monaco ou Lorient.
En attendant, voici mes pronostics pour la 1ère journée : Nantes-Lyon 1-1, PSG-Lorient 2-0, Rennes-Lille 1-1, Sedan-Marseille 1-2, Lens-Troyes 2-0, Nancy-Monaco 0-0, Le Mans-Nice 1-1, Bordeaux-Toulouse 1-0, Auxerre-Valenciennes 1-0, StEtienne-Sochaux 2-1.