Le grunge dans toute son horreur avec ce que Pearl Jam a fait de pire: morceau informe, Eddie Vedder qui geint et une vidéo d'une prétention sans bornes. Allez directement à la fin et posez-vous la question cruciale: Jeremy a-t-il tiré sur un de ses petits camarades ou bien s'est-il contenté de se faire sauter le caisson? Franchement, qu'est-ce qu'on en a à foutre.
Heureusement pour nous, peu après la sortie de ce clip Vedder décida de stopper les frais, qu'il n'en tournerait plus parce qu'ils « faisaient du mal à sa musique » et qu'avoir du succès était indécent.
Peu après, il décréta que sortir des disques corrects l'était également. Déjà écouté « No Code »?
19 février 2008
Jeremy
15 février 2008
Match des Etoiles
- les blessures font partie du jeu quelque soit le sport, mais se faire trancher la gorge en plein match? Par un coéquipier? C'est pourtant ce qui est arrivé dimanche dernier à Buffalo à Richard Zednik, malheureux joueur de hockey qui a eu la carotide sectionnée par la lame d'un patin mal placé. Rassurez-vous, il n'est pas mort. Il doit même sortir de l'hôpital ce week-end. Si vous aviez été dans les tribunes ce soir-là (regardez les traces de sang vers la fin de cette vidéo), vous n'auriez sûrement pas misé lourd sur ses chances.
- à croire que la NBA est tout d'un coup gérée comme une ligue de fantasy. Gasol aux Lakers (l'échange le plus déséquilibré de la décennie), Shaq aux Suns (le plus gros coup de poker depuis... depuis quand, au fait?) et Jason Kidd à Dallas. Oups, non, c'est vrai, l'illustre Devean George a fait jouer sa clause de « no-trade », bloquant l'échange et rendant sans nul doute Kidd fou de rage. Ils vont bien trouver un moyen de s'arranger, nous dit-on (à mes heures perdues, il m'arrive de jouer avec la « Trade Machine » Fascinant, surtout pour les salaires des joueurs). En attendant, les Mavs étaient prêts à lâcher un sacré paquet pour Kidd (Harris, Stackhouse, Diop, George, 2 choix de drafts et 3 millions de dollars). Cela prouve à quel point ils sont désespérés pour tenter de rester au niveau dans une conférence Ouest infernale. De mémoire, je n'ai jamais vu une compétition aussi serrée et relevée: des Hornets (36-15) aux Nuggets (32-20), 9 équipes se tiennent. Pour une fois la fin de saison régulière vaudra la peine d'être jouée.- Kobe Bryant a mal au petit doigt. Il préfère continuer à jouer et à souffrir que de se faire opérer et de manquer les 6 prochaines semaines de compétition. C'est qu'il n'a pas vraiment le choix. Sans lui, dans une conférence aussi acharnée, les Lakers pourraient même chuter hors des playoffs.
- et la franchise de L.A. voudrait bien que la Ligue dispense Kobe de All-Star Game ce week-end. J'approuve à 100%. Qu'on envoie plutôt un jeune comme Deron Williams à sa place. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'on en a à foutre du All-Star Game? Il y bien 10 ans que ce show grotesque a cessé de m'intéresser. Tant que la NBA n'osera pas le duel « America vs The World » que j'attends avec impatience, je resterai couché, merci. Et je me contenterai de ces quelques clips.
- pas de français cette année chez les All-Stars (on a voulu nous faire croire que Tony P, blessé avait « déclaré forfait ». Il aurait peut-être fallu qu'il soit sélectionné d'abord. Je hais ces journalistes), mais Boris Diaw est un « Anti All-Star »! Et dans le 5 majeur, excusez du peu.
- David Stern a dans ses cartons le projet d'une « European Division », soit 5 nouvelles équipes NBA créées de toute pièce dans 5 grandes villes d'Europe à l'horizon 2018. Séduisant sur le papier, mais j'annonce dès aujourd'hui que ça ne marchera jamais. Bon courage pour imposer des franchises à l'américaine sur le vieux continent, pour convaincre les fédérations, ligues et sponsors, pour construire des salles aux standards US et surtout, surtout, pour y attirer 15 à 20 mille personnes 41 soirs dans l'année. Aucune chance que ça arrive. Et puis très honnêtement, tant mieux. 75% de l'attrait de la NBA consiste dans le fait que New York affronte Chicago et Los Angeles, pas Madrid, Paris ou Milan. La seule NBA valable en Europe existe déjà, à l'état d'embryon certes, mais tout de même. Ça s'appelle la Ligue des Champions, et ça reprend la semaine prochaine.
- je ne sais pas si une seule personne en Amérique comprend réellement ce qui se passe dans le scandale du rapport Mitchell, ou si quelqu'un sait ce qui ressortira des auditions de l'autre jour devant le Congrès (!), mais j'en ai personnellement assez de Clemens, McNamee, Pettitte et compagnie. J'ai bien saisi que Clemens était le plus grand pitcher de l'ère moderne et qu'il a sans doute prolongé sa carrière à coups de piqûres de stéroïdes, mais il aurait fallu que je le vois lancer la balle au moins une fois dans ma vie pour me sentir concerné. Désolé.
- cela ne m'empêche pas de me préparer pour la saison de baseball. Enfin, de fantasy, pour être franc. Alors si comme moi vous avez peur de vous ennuyer d'ici le mois d'octobre, rejoignez dès maintenant « Baseball Pour Les Nuls 2008 » et découvrez les joies des RBI, ERA et autres WHIP. Inscrivez-vous, et je vous expliquerai. Peut-être. Cliquez ici, league ID# 66276, password: edd. In Bloom
Impossible de me remémorer ma période grunge sans ressentir une profonde nostalgie. Car pour autant que je m’en souvienne, j’ai été vraiment grunge. Pendant au moins deux ans. Et c'était la belle vie. De toute évidence, aucun mouvement musical ne me correspondrait jamais à ce point : j’étais jeune, stupide, oisif (traduction : étudiant), et déjà fondamentalement désabusé. C’était presque trop facile. Quant aux codes vestimentaires et comportementaux du grunge, ils étaient taillés sur mesure. J’avais toujours rêvé de laisser pousser mes cheveux, d’ « oublier » de prendre des douches et de porter mes jeans jusqu’à ce que l’on puisse voir à travers. Je n’étais pas spécialement fou des chemises de bûcheron, mais après tout, pourquoi pas, du moment que je pouvais les laisser pendre sur mes hanches 15 jours d’affilée. Pour le reste, il s’agissait de demeurer apathique en toute circonstance (hormis pendant les matches de foot, on ne se refait pas) et de se bourrer la gueule au moindre prétexte. Pas bien compliqué. Un soir que l’on buvait une bière chez un pote et que je m’apprêtais à rentrer dignement, sa copine débarqua à l’appartement avec des amies à elles. Soit elles étaient très moches, soit elles avaient apporté des bouteilles, mais la seule chose dont je me souviens après c’est de descendre les escaliers quatre à quatre pour aller dégobiller dans le caniveau. Le lendemain, j’eus droit à ce récit édifiant : « Oh, putain, t’étais défoncé hier soir, t’étais vautré dans le canapé, on te secouait, tu réagissais plus… Y a une des gonzesses qui a sorti que t’étais le Kurt Cobain de la fac !… » Je ne me souvenais de rien, mais j’étais flatté. Il ne me restait plus qu'à claquer le reste de mon fric dans une dose d’héroïne et un fusil de chasse, histoire de coller complètement au personnage. Mon seul regret, c’est que bizarrement aucune de ces filles n’ait ensuite cherché à me revoir. Allez savoir pourquoi.
Quoiqu'il en soit, si j'ai choisi « In Bloom » pour illustrer mon propos, c'est pour deux raisons:
- de tout le répertoire de Nirvana, c'est probablement mon titre favori. Un bon petit morceau à la base, mais la batterie de Dave Grohl le propulse littéralement dans une autre dimension.
- Cobain essaie de sourire dans la vidéo. Il paraît que ça n'arrivait pas tous les jours.
14 février 2008
Easy
Figurant en bonus-track du chef-d’œuvre perturbé « Angel Dust », cette reprise des Commodores (avec Lionel Richie) par Faith No More est presque trop belle pour être vraie. Offrant enfin à Mike Patton, après les excentricités de « Midlife Crisis » ou « B.E A.G.G.R.E.S.S.I.V.E », l’opportunité de jouer les crooners et à l’auditeur (moi) de chanter à l’unisson (« No one said it’s funny but I just can’t stand the pain »…), « Easy » est si géniale qu’il est impossible de s’en lasser malgré plusieurs centaines d’écoutes.
Même un clip rempli de travelos ne saurait gâcher mon plaisir.
12 février 2008
Stacy's Mom
J’aimais bien ce morceau. J’avais l’habitude de reprendre en choeur le refrain, le plus souvent dans ma voiture, en me disant que Fountains Of Wayne était un bon groupe avec un nom bizarre.
C’était avant de voir la vidéo et de découvrir que la maman de Stacy ne ressemble absolument pas à l’idée que je m’en faisais.
Désormais, à chaque fois que j’entends chanter ses louanges, je repense à ce petit branleur en train d'espionner une pouffiasse siliconée sortant d’une piscine. Mon Dieu. Stacy’s Mom is a vieille p...
08 février 2008
Heartbreak Station
Au départ, j’avais l’intention de vous dire à quel point cette ballade était parfaite, que ce clip échappait miraculeusement au ridicule pour rester simplement majestueux et que Cinderella était un groupe fortement sous-estimé, assimilé à tort aux groupes de « hair-metal » des années 80. Probablement uniquement à cause des cheveux.
Mais je me contenterai de vous soumettre ce commentaire trouvé sur YouTube: « In a perverse way I really just want to fall in love, break up, get ultra depressed and then put this song on. Then it'll be all worth it. »
Comme qui dirait, « sounds like a plan. »
07 février 2008
Duality
J’avais bien 10 ans de trop pour les apprécier quand les fous furieux de Slipknot sont apparus à la fin des années 90. Les combinaisons de taulard, les masques « qui font peur », l’anonymat des 9(?!) membres du groupe cachés chacun derrière un numéro de 0 à 8 (le chanteur, Corey Taylor, est officiellement #8)… Tous ce cirque pour ressembler à une version plus énervée de Korn, si possible plus déterminée encore à annihiler tout sens de la mélodie: j’avais clairement passé l’âge.
Mais quand en 2004 j’ai eu l’occasion d’entendre leur troisième et dernier album en date, « Vol 3: The Subliminal Verses », à ma grande surprise, j’ai aimé ça. Disons les choses clairement: le dernier Slipknot est le seul album de metal sorti ces 5 dernières années sur lequel j’ai eu plaisir à secouer frénétiquement la tête de haut en bas.
J’ignore totalement si Slipknot sortira un jour un autre album, mais ça n’est pas bien grave, ils ne feront jamais mieux que « Duality ». J’aime à fredonner « I push my fingers into my eyes… » et regarder la horde de fans déferler sur la baraque avant de passer à travers murs et plafonds. Et ce break, putain… Il donnerait presque envie d’attaquer le plancher à coups de masse.
05 février 2008
Paradise City
Je hais les clips. Je ne les regarde jamais. Sauf peut-être ceux de Fatal Bazooka.
Je ne regarde pas les clips parce que j’ai de très bonnes raisons:
a) ils tuent l’imagination.
b) ils sont soit idiots, soit prétentieux.
c) 99% d’entre eux sont ratés.
d) ils ruinent la chanson. Sauf ceux de Fatal Bazooka.
Combien de fois ai-je fait la connerie suivante: j’aime un morceau, je le connais par cœur, je l’ai écouté des dizaines de fois et j’ai créé ma propre interprétation, associé mes propres images à ce titre bien précis. Tout va bien.
Et puis un jour, je glande devant Internet (quelle surprise), je suis sur YouTube et une mauvaise idée me vient: « Hé, voyons s’il a une vidéo pour XXX… » Généralement, je suis alors obligé d’arrêter la connexion au bout de 30 secondes si je ne veux pas ruiner une chanson pour toujours.
Mais j’aurais comme qui dirait une tendance à l’auto-destruction ces temps-ci. Et je prends donc cet engagement: un clip par jour pour vous sur ce blog. Uniquement mes titres favoris. Et Dieu sait combien de clips catastrophiques.
Néanmoins, pour ne pas vous dégoûter dès le départ, je préfère commencer par un contre-exemple.
1988, les Guns N’Roses remplissent le Giants Stadium, Axl porte une veste en cuir blanche, Duff et Steven Adler jouent les touristes à Manhattan, Slash signe le blouson d’un type en sortant des chiottes et puis tout ce beau monde embarque dans le Concorde pour jouer devant un trillion de personnes (un peu plus de 100 000, en réalité, moins les 2 fans qui mourront piétinés) au Monsters Of Rock de Donington, UK. 1988. C’était le bon temps.
Et ne vous gênez surtout pas pour reprendre en chœur le refrain immortel: « Take me down to the Paradise City where the grass is green and the girls are pretty… »
04 février 2008
La Défaite
Eighteen and One.
Les Patriots ont perdu.

C’est un abominable cliché, mais les Giants « en voulaient » plus. Ils étaient morts de faim. Ils avaient mis au point la défense idéale. Leur quarterback était en pleine confiance. L’Amérique toute entière était derrière eux. Et les dieux du football aussi.
10 minutes de possession de balle pour démarrer le match. Un record dans un Superbowl. Le ton est donné. Tom Brady et l’attaque toute-puissante des Patriots doivent patienter sur la touche.
Lorsque leur tour vient enfin, Maroney marque de près pour donner l’avantage 7-3 à New England en tout début de deuxième quart-temps. Ensuite, plus rien.
L’attaque des Pats n’est plus que l’ombre de celle qui terrorisait la ligue au mois d’octobre. Tom Brady n’est pas en rythme. Sacké 5 fois. Sans arrêt mis au sol. Il est vraiment blessé à la cheville, tout compte fait. Mais c’est sa ligne offensive qui le trahit. Vantée comme étant la meilleure de toute la NFL, elle est baladée par les athlètes de la defensive line new-yorkaise. Michael Strahan. Osi Umenyiora. Justin Tuck. C’est le chaos derrière la ligne. Brady n’a plus le temps n’ajuster ses passes. Et le score ne bouge pas.
Jusqu’au quatrième quart-temps. Eli Manning trouve David Tyree (qui ça?) pour un touchdown de 5 yards. 10-7 Giants. L’Histoire se met à bégayer.
Mais Brady n’est pas le meilleur quarterback de la planète pour rien. Le dos au mur, il trouve les ressources pour un drive de 80 yards, conclu par une passe de TD pour Randy Moss. 14-10 Patriots, 2:42 à jouer. 19-0, la perfection et l’immortalité sont à portée de main.
Sauf que.
L’impensable est sur le point de se produire.
90 secondes à jouer sur les 44 yards des Giants, troisième tentative et 5 yards à gagner. Le Superbowl se joue maintenant. Eli Manning est sous pression, les défenseurs des Pats sont sur lui, il va être sacké, mais il parvient à s’en sortir on ne sait comment, et réussit à lancer une balle qui reste une éternité en l’air, et David Tyree (encore lui ? mais qui est ce type ? ?) réussit la réception la plus improbable de l’histoire du football, la réception dont les new-yorkais parleront encore dans 50 ans, et la perfection vacille sur son socle.
4 actions plus tard, Manning trouve Plaxico Burress tout seul dans la zone de l’en-but. Touchdown. 17-14 Giants.
Moins de 30 secondes à jouer, la dernière passe désespérée de Brady vers Moss est incomplète. Game Over.
The New York Giants are the new Superbowl champions. Unbelievable.
Et pourtant, j’aurais dû le voir venir. C’était tellement évident.
D’ailleurs, quand je me suis connecté sur espn.com au réveil à 7h00 (non, je n’ai pas regardé le match. J’ai un métier. Et je n’ai pas encore vu la moindre image. Tout ce que j’ai écrit plus haut est issu de ma lecture compulsive de différents sites web ce matin. Pourtant en me lisant vous aviez l’impression que j’étais au stade pour vivre l’évènement en direct, je parie…) pour découvrir la photo d’un Michael Strahan triomphant, je ne suis pas tombé de ma chaise. Mes yeux ne se sont même pas écarquillés. Mes tripes ne se sont pas révoltées, et je n’ai pas eu envie de vomir non plus. (d’accord, j’étais à moitié endormi, mais quand même)
J’ai juste pensé: « OK, ça ne pouvait pas finir autrement. »
Dieu venait de trouver une nouvelle façon de me dire que j’étais un loser.
Mais cette année, tout était différent. Depuis septembre, la NFL était ma bouée de survie. Chaque dimanche, entre la fantasy et les Pats, je pouvais m’investir à fond. Etre un supporter, vibrer et célébrer les victoires. Et tant pis si ça voulait dire serrer le poing en silence devant l’écran de mon portable. Une soirée dans la semaine, ma vie valait le coup d’être vécue.
Car au fond, c’est à ça que sert le sport, peu importe qu’il se joue de l’autre côté de l’océan ou sur le petit stade communal: à donner l’illusion que tout ce merdier a un sens.
Et c’est le cas, apparemment, il y a vraiment un sens: dans la vie, quoique l’on fasse, on ne gagne jamais.
If the Patriots win, they will just become this thing that scorched the earth for five months before capturing a trophy that was never in doubt. Future historians will describe this New England team as if it were a machine. Everyone will concede the Pats' superlative greatness, but the 19 wins will be just a collection of numbers. But if they lose -- especially if they lose late -- the New England Patriots will be the most memorable collection of individuals in the history of pro football. They will prove that nothing in this world is guaranteed, that past returns do not guarantee future results, that failure is what ultimately defines us and that Gisele will probably date a bunch of other dudes in her life, because man is eternally fallible.
Losing isn't everything. It's the only thing.
Alors si les Pats avaient gagné, me serais-je senti un peu moins misérable?
Probablement. Tout au plus pendant 24 heures. Toujours bon a prendre, mais n’en parlons plus.
Les Patriots ont perdu.
Je suis un loser.
Il serait peut-être temps que je fasse quelque chose de ma vie.
01 février 2008
Superbowl Week: vendredi
31 janvier 2008
Superbowl Week: jeudi
- pour rentabiliser vraiment le voyage, n’oubliez pas de parier avant de partir. La ligne pour le résultat final fixée par les casinos de Las Vegas est Patriots par 12 points, et j’imagine que c’est exactement ce qu’il faut pour que des millions de dollars soient misés sur les Giants. Mais il ne faut pas se contenter d’un petit billet sur le vainqueur. Qui va marquer
le premier touchdown? Combien de points au total? Qui le futur MVP du match remerciera-t-il en premier? Dieu, son coach ou ses coéquipiers? Il y a du pognon à se faire.- Plaxico Burress n’a pas seulement le prénom le plus démentiel de la NFL, il a aussi un pronostic: 23-17 Giants. Ce à quoi Tom Brady a répondu: « Seulement 17 points? » Les Pats ayant scoré une moyenne record de 36,8 points par match cette saison, Plaxico doit sans doute savoir quelque chose que tout le monde ignore. Ou alors il aurait mieux fait de se taire.
30 janvier 2008
Superbowl Week: mercredi
L'incontestable meilleur moment du "Media Day", hier: une journaliste en robe de mariée demande à Tom Brady de l'épouser. Et Brady de réagir comme il le ferait face au blitz de la défense adverse, avec le sourire et la réponse appropriée.
Ce mec n'a aucune faiblesse, ou quoi?
29 janvier 2008
Superbowl Week: mardi
Un mec qui n'en pouvait plus d'attendre jusqu'à dimanche et qui avait beaucoup de temps à perdre vient de poster cette merveille sur YouTube: le Superbowl XLII version Tecmo Bowl (jeu vidéo culte du début des années 90).
Voici la 2ème mi-temps: le suspense est à couper le souffle, la musique des NFL films est juste ce qu'il faut dramatique, et les pixels s'agitent dans tous les sens. Vous avez bien 10 minutes pour admirer le spectacle.
28 janvier 2008
Superbowl Week: lundi
Il me reste néanmoins une ambition pour la semaine: un post par jour pour faire monter la pression avant le Superbowl XLII (pour les neuneus, ça veut dire 42). Et aussi pour tenter d’oublier que c’est le dernier match de football américain avant septembre. Misère… Les soirées du dimanche seront désormais insupportablement vides. Hier soir j’ai cru que j’allais mourir d’ennui.
- Tom Brady va jouer. Evidemment. Il faudrait l’amputer des 2 jambes pour le tenir éloigné du terrain dimanche et le priver de son 4ème Superbowl. Mais quand même, son entorse à la cheville l’a empêché de s’entraîner toute la semaine dernière. Au moins ça lui a donné le temps de s’acheter un beau costume (je résiste à l’envie de rajouter une photo).
- Les Giants veulent gagner « pour New York ». Je n’ai pas la moindre idée de ce que ça peut bien vouloir dire.- « University Of Phoenix Stadium ». Le nom est très laid. Le stade est incroyable.

- Mon vieil ami Chuck Klosterman a encore frappé. Je vous jure que ça n’était pas prémédité, mais ça tombe plutôt bien après ma dissertation de la semaine dernière à propos de son œuvre et des ses théories à la mord-moi-le-nœud. La dernière en date: les Patriots sont juste un peu trop parfaits. S’ils gagnent et réalisent ce qui était impensable il y a encore 6 mois (19-0: la saison parfaite), on ne se souviendra d’eux que comme d’une machine à gagner. S’ils sont battus, par contre, ils entreront dans l’histoire du sport en tant qu’individus, en tant qu’êtres humains symboles de notre faillibilité et comme ultime exemple que rien dans ce monde n’est jamais acquis. Mouais. Je ne suis toujours pas sûr de savoir si tu es vraiment un crétin, Chuck.
22 janvier 2008
Chuck Klosterman est un imbécile
Ou peut-être pas. En fait, je ne suis pas sûr d’avoir une opinion tranchée à ce propos. Le fait est que, tandis que ces derniers mois j’ai vraiment eu du mal à me concentrer sur la lecture, j’ai dévoré ses bouquins. J’avais même adoré « Fargo Rock City » au point d’en faire la promo ici. J’espère que ça a marché. Quant à « Sex, Drugs, and Cocoa Puffs », c’est une autre histoire... Klosterman est le genre de mec qui a un avis sur tout, et forcément, comme c’est également mon cas (dans une certaine mesure), nous ne sommes pas d’accord. Presque jamais. Enfin si, ça arrive quand même de temps en temps. (Alright, I gotta tell you something : I have a real big problem here. It was due to happen, and I can’t deny it any longer : I’m starting to think in English all the time. Blame it on those books and websites, blame it on those stupid fantasy football podcasts – thank God, the season is over – blame it on the « Seinfeld » DVDs, but it appears that the English language has finally seized control of my brain. And that it won’t go away. Seriously, I now find myself having trouble simply putting together some words in French in order to write a coherent sentence for this blog ! I swear this is not a pose. This is happening to me right now. To use an old cliché, I will probably feel like a stranger in my own land in the very near future. Great. Like my mind needed to be more fucked up. Anyway, back to French now. Let’s see if I can make it through this paragraph.) Prenons donc quelques exemples de théories exposées dans cet ouvrage. Klosterman est-il vraiment un abruti ? A vous de décider.
- Klosterman n’est pas seulement un nerd qui espère conclure avec des femmes en leur envoyant des cassettes comprenant des chansons de Billy Joel. Il peut aussi vous ennuyer à mourir avec des chapitres longuets et faussement élaborés comparant Marilyn Monroe à Pamela Anderson. Mais peu importe. Car si l’on veut bien passer sur les développements inutilement sophistiqués de ce chapitre précis, Chuck a raison : Pam est (était ?) la Marilyn des temps modernes. Dites ce que vous voulez, mais elles sont interchangeables : deux salopes arrivistes crées de toutes pièces par la chirurgie et les cosmétiques qui ont fait fantasmer la planète. La première est devenue un mythe parce qu’elle a eu la bonne idée de crever jeune, l’autre restera à jamais comme celle qui fait des cochonneries avec Tommy Lee sur Internet (je le jure, je n’ai jamais regardé la vidéo, probablement par respect pour Tommy. Je veux dire, c’est le batteur de Mötley Crüe, quand même, ça fait mal de voir ses idoles de jeunesse traînées dans la boue de la sorte). Mais ne croyez pas que Marilyn n’aurait pas fini elle aussi en fâcheuse posture sur le web si elle en avait eu l’occasion (genre, si elle était née 40 ans plus tard). Elle et Pamela sont en gros la même fille. Et vous savez quoi ? Je ne me suis jamais senti attiré ni par l’une, ni par l’autre. (d’accord, j’ai regardé plusieurs épisodes d’«Alerte à Malibu », mais ça ne compte pas, non ?) Elles seraient à ma disposition que je ne les toucherais même pas. Est-ce que ça fait de moi un anormal ? Peut-être. Mais je m’en fous.- Je n’ai pas spécialement d’avis sur les conventions de rock-critics, les serial-killers, la puissance évocatrice des paroles dans la musique country, sur la série débile « Sauvés Par Le Gong » ni sur le show « Real World » jamais diffusé en France, ou encore sur ce qui se cache dans et sur les paquets de céréales du petit déjeuner. Chuck en a un. Non, franchement, il FAUT que vous lisiez ce bouquin.
- Simple constat (c’est Chuck qui parle): 99,9% des sites pornos sur Internet sont destinés aux mâles hétérosexuels. Question (encore Chuck) : pourquoi les femmes n’ont-elles pas besoin de ces saloperies ? Réponse (à mon tour de m’exprimer) : parce qu’elles ne sont pas comme nous, mec.
- Les journalistes sportifs détestent le sport plus que tout au monde. Ne criez pas au paradoxe, c’est argumenté de façon très convaincante dans le livre, et j’adhère totalement à la théorie. Au contact des sportifs, l’amour du sport qui a poussé les journalistes à faire ce métier se transforme rapidement en aigreur et, le temps d’une interview de trop, en pure haine. Mais là où Klosterman a vraiment tout compris, c’est quand il prend en exemple le génial Jim Rome et affirme ceci : « The single-best part about loving sports is hating sports. » Ce n’est sûrement pas moi qui vais discuter. Parcourez-donc un moment les archives de ce blog.
- Peu importe le sujet, choisir son camp revient avant tout à essayer de définir sa propre identité. C’est ce qui compte réellement quand vous répondez à la question « Stones ou Beatles », par exemple : quel genre de personne croyez-vous être? Bien sûr, on peut chercher éternellement la solution à l’énigme « Qui suis-je » et perdre son temps à se décider à propos de choses insignifiantes, mais il existe selon Klosterman un moyen radical de s’épargner bien des névroses et de répondre à toutes les questions en une. Années 80. Magic Johnson. Larry Bird. Lakers contre Celtics. Qui supportez-vous ? D’accord, ça peut paraître dingue, et j’admets que j’avais mes doutes au départ sur la validité d’une telle théorie. Cependant Chuck sait choisir ses arguments et ses exemples, et à la fin du chapitre j’étais convaincu : oui, on peut savoir qui l’on est et comment agir dans sa vie selon le côté dans lequel on se trouve dans ce qui fut pendant 10 ans la plus grande rivalité du sport professionnel américain. Seul petit problème : à l’époque, j’ignorais tout de l’existence des Lakers et des Celtics et je n’aurais su dire qui de Magic ou de Bird était le blond à frisettes. Ce qui veut dire que cette méthode est inutilisable, et que je suis condamné à errer dans le brouillard pendant encore un moment. Flûte.
- Une petite minute, et si j’utilisais l’analogie suivante : au lieu de « êtes-vous un Laker ou un Celtic ? », pourquoi ne pas demander « êtes-vous pro ou anti-marseillais ? » Toute personne prétendant s’intéresser un minimum au football se doit d’avoir un avis bien tranché sur la question, et ce depuis les années Tapie. Selon leur réponse, il ne doit pas être bien difficile de qualifier avec précision chacun de ces individus, non ? Voyez plutôt. Les pro-marseillais sont des raclures cupides aux mœurs douteuses, les anti-marseillais sont des types bien aux goûts très sûrs, dotés d’un grand sens moral. Tout comme moi. On progresse.
- quelle merveilleuse transition vers cette autre lubie de Klosterman : il déteste le foot. (mais permettez-moi d’utiliser le terme « soccer » ici, rapport au contexte US. Merci.) L’article qu’il consacre au sport numéro 1 dans le monde peut en effet se résumer en deux mots : pure haine. Au point que dans sa conclusion Chuck prétend même qu’il aimerait autant avoir un gosse dealer de dope que jouant au soccer. En tant qu’ancien gamin ayant passé 75% de mon temps libre (comprenez : en dehors de l’école) à taper dans un ballon avec mes pieds, je m’insurge. Je proteste. Le foot a été la seule et unique passion de ma jeunesse (maintenant que je suis vieux, seuls comptent l’amertume et le sarcasme) et je devrais laisser ce trouduc venu du fin fond du Midwest m’expliquer que j’aurais mieux fait de vendre du « crystal meth » à mes petits camarades pour occuper mes tendres années ? Quel connard. Si au moins il avait la moindre idée de ce dont il parle. De toute évidence, Klosterman n’a jamais joué au soccer de sa vie et peut-être accumulé dans le même temps une petite demi-heure en tant que spectateur. Et c’est son principal argument anti-soccer qui va nous révéler sa complète ignorance du sujet. Suivons pas à pas son raisonnement : 1) Le soccer est le sport le plus pratiqué aux Etats-Unis chez les enfants d’âge scolaire. Mais 2) ça n’est pas parce que les enfants aiment le soccer, c’est parce que 3) ils ont horreur des autres sports qui dévoilent au grand jour leurs inaptitudes (incapacité à frapper la balle de baseball, à shooter des lancers-francs ou à survivre sur un terrain de football) tandis que 4) le soccer est le sport idéal pour passer inaperçu et cacher ses déficiences physiques, ce qui fait que 5) le soccer est en réalité le sport des parias, des exclus, des inadaptés sociaux (« outcast » dans le texte) et qu’il cesse immédiatement d’être pratiqué passé 15 ans et l’obligation de faire du sport. Sur le papier, c’est si brillamment pensé que c’en serait presque convaincant. Et bien que je n’aie jamais assisté à une lutte pour la possession du ballon dans le rond central entre Américains pré-pubères, je suis tout prêt à admettre qu’il y a une part de vérité là-dedans. Ce que je conteste absolument, par contre, c’est que l’on puisse écrire des énormités telles que : « N’importe quel gamin de 11 ans peut jouer une saison complète sans jamais toucher la balle et personne ne le remarquera » ? ? ? Qu’est-ce que tu en sais, Chuck, bordel ? Qu’est-ce que tu en sais ? Et celle-là, la plus grosse de toute : « Soccer is the only sport where you can’t fuck up. » Vraiment ? Déjà raté un contrôle, passé la balle à l’adversaire et causé la défaite de ton équipe, Chuck ? Déjà tiré un pénalty au-dessus de la transversale ? Impossible de ressentir de la honte ou de subir une humiliation sur un terrain de soccer, hein, vu que « nothingness is expected » ? Je me souviens d’un match, quand j’avais 10 ans, et qu’avec mon équipe de « poussins » nous avions affronté 7 autres gamins en short qui semblaient complètement perdus sur le terrain. J’avais marqué 5 buts et, le score ayant rapidement atteint 20 à zéro (!), l’arbitre, dans un geste de pitié un peu tardif, avait décrété la fin du match. Tu crois vraiment que ces gosses sont rentrés tout fiers chez eux après ça pour annoncer à papa et maman qu’ils avaient perdu 20 à 0 ? Franchement ? Si j’avais été du mauvais côté de ce massacre, je sais ce que j’aurais fait, moi : j’aurais quitté le terrain en pleurant toutes les larmes de mon corps, et aujourd’hui encore je ressentirai cette humiliation au fond de mes tripes. « Soccer is the only sport where you can’t fuck up »… Tu es un imbécile, Klosterman.- Cela dit, je dois l’admettre, tu peux aussi te montrer clairvoyant. « This is Emo », le chapitre qui ouvre le bouquin, est probablement ce que j’ai lu de plus fascinant depuis que j’en ai terminé avec les intégrales de Dostoïevski, Nietzsche et Bret Easton Ellis. Loin de moi l’idée que l’acuité psychologique de Klosterman puisse se comparer à celle des auteurs précités (des deux premiers, c’est limite blasphématoire, j’ai rajouté Ellis juste pour faire le malin. Mais si vous n’avez pas lu « American Psycho », faites-le.) Simplement, il a compris quelque chose d’essentiel dont je craignais d’être le seul à avoir conscience, et c’est donc avec soulagement que j’ai lu et relu ces dix premières pages : enfin quelqu’un ose dire la vérité. Enfin quelqu’un ose exprimer ce que je sais, ce dont je suis intimement persuadé depuis toujours. En fait, si je n’étais pas si occupé et tellement pris par les obligations de ma vie sociale envahissante, j’aurais pu l’écrire moi-même, ce chapitre. OK, fin du suspense, je vais vous dire ce dont il s’agit. Mais je vous préviens, après ça, vous n’envisagerez plus jamais votre vie de la même façon. Alors voilà. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous n’êtes jamais entièrement satisfait par une relation sentimentale, aussi intense soit-elle ? C’est parce que cet « amour » auquel vous aspirez tant n’existe pas dans la réalité. C’est une invention. Une escroquerie, pour employer un terme plus approprié. C’est du toc. L’ « amour » dont nous rêvons tous est une fiction crée par les romans, le cinéma et les paroles débiles de chansons plus débiles encore. Du vent. Voilà ce qu’est l’amour en toc. Vous pouvez toujours courir après, vous ne l’attraperez jamais. Oh, il n’est pas bien difficile de comprendre pour quoi l’Occident tout entier s’épuise à sa poursuite. L’amour n’est pas un sentiment clairement défini, ça n’est pas comme la faim ou le sommeil, on ne sait pas vraiment ce qu’on est censé faire ou ressentir. Voilà pourquoi les gens cherchent des modèles, des exemples. Et c’est là où les problèmes commencent pour de bon : « Oh, est-ce que je l’aime vraiment ? Mais pourquoi alors est-ce que je ne suis pas comme – Actrice X – avec – Acteur Y – dans – Film W ? » Voyez où ça peut mener : on entend Lara Fabian hurler « Je t’aaaaime ! » ou ce crétin lobotomisé de Sting chanter « Every breath you take » et on s’imagine qui si l’on ne se met pas dans un état pareil, c’est qu’on n’aime pas réellement l’autre. La leçon de Chuck (et la mienne) est donc la suivante : vu qu’on ne sait pas ce qu’est l’amour, on pense que c’est comme à la télé, donc on veut de toutes ses forces cet amour en toc, mais comme par définition on ne peut pas l’avoir puisqu’il n’existe qu’à la télé, on restera éternellement insatisfait. Pigé ? Désolé d’avoir ruiné votre vie de couple.
- Pardon de revenir sur le sujet, mais est-ce que vous réalisez à quel point cette culture de l’amour en toc peut briser la vie de millions de malheureux à travers le monde ? Pensez à tous ces gens qui sont plus ou moins secrètement amoureux d’une personne hors de portée, mais qui continueront à y croire contre toute évidence parce qu’ils ont vu tant d’histoires comme la leur se terminer en happy end sur un putain d’écran à 2 dimensions. Chuck pense que l’amour en toc du cinéma et de la télé que l’on nous inflige à longueur d’antenne est bien plus dangereux et destructeur que la violence, la pornographie ou la Star Academy. Et je suis d’accord. J'affirme que c’est quasi-criminel.
- A propos, ça me fait penser : j’ai posté récemment un extrait de la série US « The Office » en vous disant que c’était peut-être la meilleure série de l’histoire et que j’avais passé un merveilleux réveillon du 31 à boire une bière en regardant les DVD. Je suis finalement arrivé au bout de la saison 2 l’autre jour, et je confirme tout le bien que j’en pensais depuis le début. « The Office » est hilarant, parfois touchant, c’est toujours bien vu, les dialogues sont parfaits et les acteurs sont géniaux, MAIS : il y a un gros problème. « The Office » est un redoutable vecteur de l’amour en toc. Le pire, c’est que c’est tellement bien fait que cette série a le potentiel pour ruiner l’existence de centaines de milliers d’innocents. Pour résumer, la série décrit les relations entre patron et employés chez Dunder Mifflin (c’est le nom de la boîte). Jim et Pam, la réceptionniste, sont de bons copains, ils s’entendent très bien, et il est évident dès le départ que Jim en pince grave pour Pam. Qui a un fiancé. Mais qui aime quand même beaucoup Jim comme ami. Bref, c’est une situation banale au possible, et bien que ça ne soit pas l’intérêt principal de la série (ça serait plutôt : qu’est-ce que Michael (le patron) va encore pouvoir inventer comme connerie ?), c’est une intrigue gentillette dont on suit l’évolution épisode par épisode. Le fait que les auteurs soient excellents et l’interprétation parfaite ne gâche rien, au contraire : tout sonne parfaitement juste, et des millions de gens peuvent s’identifier aux personnages. On se dit : « Ouais, c’est exactement comme ça que ça se passe dans la vie. » Et c’est sans doute le cas. Sauf que…Vous me voyez venir avec mes gros sabots ? Non ? OK : dernier épisode de la saison, il faut qu’il se passe un truc, rien qu’un petit truc entre Jim et Pam pour tenir le téléspectateur en haleine jusqu’à la reprise de la série. La grande question étant : « Est-ce que Pam va enfin se marier avec son fiancé ? » L’épisode se déroule normalement, on sent bien que les deux personnages vont avoir une conversation importante, et c’est effectivement le cas, tout à la fin. La scène, quoique qu’un peu lacrymale à mon goût, reste parfaitement juste et plausible, et quand Jim et Pam se séparent, on se dit « vivement la prochaine saison ». Enfin c’est ce que je me disais, abruti que je suis. Parce que l’épisode n’était pas réellement terminé. Il y avait une ultime scène. Une dernière image. Qui ruine la série. Je veux dire, quand j’ai vu ça, j’ai immédiatement lancé un tas d’obscénités à mon écran. Je ne sais pas à qui je parlais, aux acteurs, aux producteurs, plus probablement aux scénaristes : « Oh non, putain, mais pourquoi vous avez fait ça ? Pourquoi ? C’est vraiment n’importe quoi ! Où on est là, chez « Grey’s Anatomy » ? Oh putain, c’était tellement parfait jusque là, pourquoi terminer là-dessus ? C’est quoi ces conneries ? etc, etc. » Je l’avoue, ça m’a vraiment énervé. Ça ne pouvait pas se finir comme ça, ça ne faisait plus « vrai », on avait fait du tort à ma nouvelle série préférée. Mais surtout, j’ai aussitôt pensé à Klosterman et à sa théorie : combien de « Jim » et de « Pam » (surtout de « Jim », soyons honnêtes) de la vraie vie cette dernière scène a-t-elle intoxiqué ? Combien de putains de faux espoirs entretenus à cause de putains de personnages de la télé ? Des trucs pareils n’arrivent jamais dans la vraie vie. Mais en permanence à la télé. Putain d’amour en toc.
- C’est bien beau d’être exceptionnellement lucide au début de son livre, mais le souci avec Klosterman, c’est qu’il ne tient pas la distance et devient au bout du compte très difficile à prendre au sérieux. Par exemple quand il s’amuse à faire le compte de ses amis et prétend avoir 43 « amis proches », 196 « bons amis » et 2200 « connaissances amicales ». Ridicule. Soyons clairs, ces chiffres sont totalement délirants. Mais ce qui est intéressant, c’est la méthode employée par Chuck pour dénombrer ses amis et les classer en 3 catégories bien distinctes. Les « amis proches » sont les gens qu’il appellerait immédiatement si on lui diagnostiquait un cancer du poumon. Les « bons amis » sont ceux dont la mort par cancer du poumon le rendrait profondément triste. Et les « connaissances amicales » sont enfin ceux dont il souhaiterait qu’ils puissent guérir d’un cancer du poumon. N’en ayant pas vraiment d’autres à ma disposition, j’ai utilisé les critères morbides de Chuck pour faire mes propres comptes. Un papier, un crayon, quelques minutes de réflexion, et voilà le résultat (attention, on a dit qu’on ne comptait pas la famille) : Zéro/17/Autant que vous voudrez, je suis quelqu’un de bienveillant.
- Un copier-coller pour terminer, et uniquement parce que c’est à mon avis le passage le plus drôle du livre, et que je veux terminer sur un bonne note. Klosterman a élaboré un test de personnalité de son cru avec 23 questions à poser à toutes les personnes qu’il rencontre afin de décider s’il les aime ou non. Parmi elles, ce dilemme (désolé, c’est intraduisible) : Genetics engineers at Johns Hopkins University announce that they have developed a so-called « super-gorilla ». Though the animal cannot speak, it has a sign language lexicon of over a thousand words, an I.Q. of almost 85, and – most notably – a vague sense of self-awareness. Oddly, the creature (who weighs seven hundred pounds) becomes fascinated by football. The gorilla aspires to play the game at its highest level and quickly develops the rudimentary skills of a defensive end. ESPN analyst Tom Jackson speculates that this gorilla would be “borderline unblockable” and would likely average six sacks a game (although Jackson concedes the beast might be susceptible to counters and misdirection plays). Meanwhile, the gorilla has made it clear he would never intentionally injure any opponent. You are the commissioner of the NFL: Would you allow this gorilla to sign with the Oakland Raiders? Réponse facile : Yes. Les Raiders ont salement besoin d’un coup de main en defense.
PS: le bouquin est apparemment sorti en français. Mais si le reste de la traduction du texte est aussi foirée que celle du titre ("Sexe, drogues et pop-corn"???), mieux vaut sans doute passer son chemin.
Tom Brady a mal au pied
Nous sommes tout juste au commencement des 15 jours de hype les plus insupportables de l’année (bon d’accord, ce sont les Américains qui le disent, nous ne sommes pas concernés ici) et c’est déjà une bombe qui explose : Tom Brady boite. Il porte même une protection autour de son pied droit pour marcher jusqu’à l’appartement de Gisèle avec des fleurs à la main (comme c’est romantique).Je pourrais en perdre le sommeil.
11 janvier 2008
5 jours après
- retour sur l’élimination (1-3, après prolongations) de Brest par Monaco en Coupe de France. Bien sûr, ça fait mal d’avoir dominé toute la rencontre pour finalement se faire rejoindre dans la dernière minute du temps réglementaire et, dans d’autres circonstances, j’admets que c’est le genre de dénouement qui aurait pu entraîner des dépenses imprévues pour moi, comme l’achat d’une nouvelle porte, voire d’une nouvelle télé (une nouvelle bonne raison de ne pas s’abonner à Eurosport). Cela étant dit, voyons les choses en face : je suis soulagé que Brest ait perdu ce match. Je sais, cela sonne comme une trahison, au minimum comme un reniement de tout ce que j’ai jamais professé en tant que « supporter » (je hais ce mot), mais que voulez-vous que je vous dise : la télé et les têtes de nœud qui dirigent le football français m’avaient ruiné le match avant même qu’il ne commence, en organisant le tirage au sort du prochain tour le dimanche soir à 20h30 (Brest jouait à 20h45). Je savais donc que si nous venions à passer face à Monaco, tout ce que nous pouvions y gagner était un voyage à Marseille pour un match dans le trou puant connu sous le nom de « Stade Vélodrome ». Dieu merci, c’est Monaco qui ira là-bas. Je ne crois pas que j’aurais pu supporter un Marseille-Brest. Je veux dire, j’ai frôlé la dépression nerveuse pendant la dernière Coupe du Monde. Sans un coup de boule bien placé suivi d’un tir-au-but sur la transversale, qui sait où j’en serais aujourd’hui ? (probablement très loin, exilé dans une école coranique au Pakistan ou bien garde-chiourme de la Betancourt chez les FARC, quoique ce sigle puisse bien vouloir dire.) La pression d’une telle affiche aurait tout simplement pu me broyer, sans compter les effets dévastateurs du résultat final, eut-il été un humiliant 0-4, une défaite écoeurante sur une « erreur » d’arbitrage ou, cruauté des cruautés, une élimination aux tirs-au-but. Vous noterez qu’à aucun moment je n’aurais pu envisager une victoire brestoise. Toujours s’attendre au pire, telle est ma devise. Merci encore, Djamel Bakar. Tu m’as épargné bien des tourments. - Puisqu’on parle de Marseille, la Ligue 1 Orange® reprend ce samedi, et je dois dire, espérer une défaite marseillaise à chaque journée est réellement tout ce qui me reste d’intérêt pour ce championnat. Tout le monde sait que Lyon va être champion pour la énième fois d’affilée, qu’on leur donne le trophée maintenant et qu’on en finisse, par pitié. Est-ce que je suis vraiment censé m’asseoir devant ma télé demain à 17h10 pour suivre en direct Valenciennes-St Etienne ? D’accord, je le ferai peut-être… Mais ça sera uniquement parce que je suis un raté. Je n’y prendrai pas le moindre plaisir, c’est promis.
- Restons dans les saisons interminables remplies de rencontres sans intérêt avec la NBA et posons-nous la question : « Pourquoi les ligues de fantasy sont-elles aussi géniales et indispensables ? » Parce qu’elles font grandir l’intérêt pour le sport ! Attention, ça n’est pas comme si je ne suivais pas du tout la ligue professionnelle nord-américaine de basketball : je regarde les résultats, quelques highlights et occasionnellement un bout de match. Mais c’est plus par réflexe qu’autre chose, j’attends le mois d’avril et l’arrivée des playoffs pour me concentrer un peu plus sur le sujet. Ce qui je suis avec un œil avisé, par contre, ce sont les stats des joueurs et leur valeur pour mes équipes de fantasy. Une rencontre comme Charlotte/Cleveland, ce soir, n’a pas plus de valeur en soi qu’un Le Mans/Sochaux. L’important, c’est que les performances individuelles de Raymond Felton et de Daniel Gibson, elles, vont déterminer le sort de mon équipe de fantasy… Que croyez-vous que je vais regarder en premier demain matin en me connectant sur espn.com ? Le score du match ?- Il ne reste que 9 jours pour voter pour les 5 majeurs du All-Star Game. Je viens de remplir mon bulletin sur nba.com. Voilà à quoi il ressemble, pour ce que j’en sais. Est : Billups, Wade, James, Garnett, Howard. Ouest : Paul, Bryant, Marion, Boozer, Camby. Si je devais élire des Fantasy All-Stars (d’après le retour sur investissement), ça serait forcément plus intéressant, et ça donnerait ça : Est : Mo Williams, Calderon, Butler, Turkoglu, Rasheed Wallace. Ouest : Paul, Davis, Gay, Hill, Kaman.
- Mon étonnante capacité à pronostiquer correctement les matches de NFL ne s’est pas démentie le week-end dernier, avec un parfait 4/4 dans le tour de Wild-Card. Je devrais vraiment me mettre à parier de l’argent sur le foot américain. Et de grosses sommes. En attendant, que me dit ma boule de cristal pour le Divisional Round ? Voyons voir :- Jacksonville à New England : les Patriots sont toujours invaincus, non ? Pats 31, Jags 10.
- San Diego à Indianapolis : qui peut empêcher les Colts et les Pats de se retrouver pour l’AFC Championship Game ? Pas Philip Rivers. Colts 34, Chargers 21.
- Seattle à Green Bay : dans le doute, toujours choisir l’équipe qui reçoit. Packers 20, Seahawks 17.
- New York à Dallas : TO est de retour, Eli s’autodétruit, et grand chelem pour les têtes de séries. Cowboys 28, Giants 20.
04 janvier 2008
Rallye-raid
- l'édition 2008 du « Dakar » a donc été annulée, pour cause de « menaces terroristes » pesant sur l'épreuve lors de son passage en Mauritanie. C'est la première vraie bonne nouvelle de l'année. Je hais le « Dakar » depuis toujours. Franchement, à part Gérard Holtz et les femmes des « pilotes » qui pensaient être débarrassées de leurs gros lourds de maris pendant 15 jours, qui va pleurer l'absence de l'insupportable rallye? Tous les ans, c'est le même refrain, on envoie un troupeau de mongoliens en combinaison bariolée faire de la moto à fond dans le désert, et je suis supposé être admiratif ? Attention, je pourrais le prendre comme un affront fait à mon intelligence. Mais le meilleur dans tout ça, c'est comme toujours les réactions des intéressés, témoin cet individu bas du front vu ce soir dans ma télé: « Ouais, il va falloir qu'on trouve un nouveau terrain de jeu... » Quelle brillante analyse. Dommage qu'ils aient coupé la suite de l'interview au montage: « Ouais, et pis y font ch... ces p... de N..., si on peut même plus aller faire vroum-vroum dans leur pays pourri, on se demande à quoi y servent ces sous-développés! » On se le demande, en effet. « Pilote de rallye-raid »... Un bien beau métier.
- Chris Bosh vient du Texas, il mesure 2,08m pour 104 kilos, il joue ailier-fort pour les Toronto Raptors, et il veut aller au All-Star Game de la Nouvelle-Orléans le mois prochain. J'ai immédiatement voté pour lui après avoir vu ce clip. Vous devriez en faire autant.03 janvier 2008
The Office
Exemple n°438 illustrant à quel point ma vie est pathétique: j'ai passé mon "réveillon" du 31 décembre à regarder les DVD de "The Office".
Mais pas de pitié mal placée SVP. Cette St Sylvestre se classera sans problème dans mon Top 5 personnel, peut-être même dans le Top 3. Car "The Office" est peut-être bien la meilleure série de tous les temps. Sans rire.
J'ai tellement hâte au 31 décembre 2008.
Fini de jouer
Histoire de se donner du courage en attendant le mois d'août, deux ou trois observations sur ce qu'il faut retenir de cette campagne 2007 de fantasy football:
- j'ai gagné 3 des 6 « Espn Standard Leagues » dans lesquelles j'étais inscrit. Croyez-moi, je n'en retire aucune fierté. Considérant le temps et l'énergie investis, c'était vraiment le minimum syndical.
- quelle est la recette pour gagner une ligue de fantasy football? 5% de « stratégie », 5% de « connaissances du football », 10% de réactivité pendant la saison, et 80% de chance. Voire 90% cette année.
- quelques chiffres pour ennuyer tout le monde et passer pour un nerd. Mais surtout pour prouver à quel point les « experts » et les accros comme moi ne maîtrisent absolument rien de leur sujet.
Voici les 10 meilleurs joueurs de fantasy dans les ligues standard espn:
1. Tom Brady (Average Draft Position: 19)2. LaDainian Tomlinson (1)
3. Tony Romo (75)
4. Peyton Manning (5)
5. Brian Westbrook (9)
6. Randy Moss (41)
7. Ben Roethlisberger (106)
8. Derek Anderson (undrafted)
9. Drew Brees (22)
10. Brett Favre (126)
OK, les chiffres sont un peu faussés à cause de la quantité de quarterbacks figurant aux premières places. Notez juste que personne n'avait drafté Anderson, de loin la plus grosse surprise de la saison, et pas seulement en fantasy. Voyons ce que ça donne sans les QB, pour découvrir que seuls 3 joueurs auront tenu leur rang de premier tour de draft:
1. LaDainian Tomlinson (1)2. Brian Westbrook (9)
3. Randy Moss (41)
4. Joseph Addai (7)
5. Adrian Peterson (57)
6. Terrell Owens (30)
7. Braylon Edwards (87)
8. Jamal Lewis (42)
9. Reggie Wayne (27)
10. Clinton Portis (28)
Sans surprise, les ligues que j'ai fini par remporter sont celles où j'avais drafté Tomlinson ou Addai au premier tour. Dans les autres cas, j'avais presque perdu toute chance avant même de commencer. Pour tous les malheureux qui avaient misé sur Gore ou LJ, ce dernier tableau, ou à quoi ressemblait le premier tour de draft de centaines de milliers de ligue Espn début septembre:
1. LaDainian Tomlinson (Classement final: 2)2. Steven Jackson (45)
3. Larry Johnson (145)
4. Frank Gore (37)
5. Peyton Manning (4)
6. Shaun Alexander (154)
7. Joseph Addai (12)
8. Willie Parker (55)
9. Brian Westbrook (5)
10. Rudi Johnson (191)
Une seule conclusion: on ne sait rien sur rien. Mais on joue quand même.
- une dernière chose, soit dit en passant: 179 bons pronostics sur l'année. Je suis le meilleur.