08 octobre 2007

Le quart d'heure de la Haine

A mesure que les semaines filent, il m’apparaît de plus en plus évident que je suis en train de développer un don des plus précieux : je peux prédire l’avenir. Ne riez pas, ma méthode est simple, efficace, et elle affiche le taux de réussite insolent de 98,7%. Laissez-moi vous expliquer : prenez n’importe quel événement ou situation sur le point de se dénouer. Si ce dénouement a une chance de me rendre soit désabusé, soit triste, de me mettre en colère ou de me donner envie de me fracasser la tête contre un putain de mur, alors bien sûr, c’est comme ça que les choses vont se passer. Les autres éventualités ont-elles même une chance de se produire ? J’en douterais presque.

Dernier exemple ce week-end avec la victoire des Bleurks du rugby sur la Nouvelle-Zélande. C’est certes facile à dire aujourd’hui, mais croyez-moi quand je vous dis que je SAVAIS qu’ils allaient gagner. Pourquoi ? Uniquement pour me faire chier.
Je n’ai pas poussé le vice jusqu’à regarder le match, en partie parce que j’ai horreur du rugby (une faible dose d’Angleterre-Australie m’aura suffi : des brutes se matchent dessus et s’agglutinent les unes sur les autres, le ballon ne bouge pas et puis l’arbitre décide qu’il a vu une faute. C’est une pénalité et alors un couillon a le droit de prendre 5 minutes pour taper un foutu ballon ovale entre deux poteaux, et voilà ça fait trois points, puis l’action suivante est exactement aussi pénible et immobile, mais l’arbitre ne voit pas de faute alors rien ne se passe en attendant, et ça continue à se piétiner à qui mieux mieux, mais c’est censé être d’une beauté à couper le souffle…) et en partie aussi parce que c’était samedi soir et que j’ai mieux à faire le samedi soir, comme de regarder des vidéos de Poison sur YouTube et d’attendre qu’il soit l’heure d’aller se coucher.
Quand j’ai enfin allumé la télé pour connaître le résultat, la France avait gagné et Gilardi bavait allégrement son troisième litre de salive de la soirée. Quelle surprise.

Ce qui a suivi n’était que trop prévisible, là encore. Des superlatifs et des tas de points d’exclamations (« ENORME ! » « HEROIQUES ! » « MONUMENTAL ! » » pour des titres de journaux pondus par des journalistes lobotomisés, le sourire des grandes occasions sur le visage des présentatrices télé à 2 neurones, les interviews « sur le vif » de supporters avinés et de pouffiasses qui se font offrir le calendrier des « Dieux du Stade » à Noël, des « analyses » enthousiastes d’« experts » alcooliques à l’accent du Sud-Ouest, et enfin des potes surexcités qui vous appellent sur votre portable : « Hé, t’as vu, on est trop forts ! Champions du monde !! » (OK, celle-là je viens de l’inventer)

Désormais, les médias l’ont décrété, le pays tout entier est prié de passer en mode « Coupe du Monde de Football 98 » (ou 2006, ça marche aussi). J’imagine que je n’ai pas d’autre choix que de faire de même. Alors voilà :
Je hais le XV de France, Laporte et tous les crétins en short qui le composent. J’espère qu’ils vont perdre, perdre, et perdre encore, contre les Anglais ou qui que ce soit d’autre. Et qu’ensuite ils iront brûler en Enfer.
Je hais ces pouilleux de « All Blacks ». Ces incapables sont vraiment les Brésiliens du rugby : jamais là quand on a besoin d’eux.
Je hais cet engouement populaire. Je veux voir la tête des journalistes qui l’ont monté de toute pièce se balancer au bout d’une pique.
Je hais tous ceux qui se promènent dans la rue avec un maillot de rugby sur les épaules. J’en ai croisé deux samedi, dont une fille (ou du moins c’est ce qui m’a semblé), et bon sang ce que j’ai pu avoir envie de le leur faire bouffer jusqu’au dernier fil du logo Nike.
Je hais d’être obligé de vivre dans un pays dans lequel je ne peux plus allumer la télé ou la radio sans qu’un connard ne vienne m’expliquer que je dois « avoir le sourire en ce lundi matin » sous prétexte que quinze gros lourds en bleu ont vaincu quinze gros lourds en noir. J’exige d’avoir le droit de faire la gueule 365 jours par an.
Je hais le fait d’être assez stupide pour être affecté par ces conneries.
Je hais le fait d’avoir chopé la crève alors que je n’ai passé en tout et pour tout qu’une heure dehors de toute la semaine.
Oh, et j’allais oublier le plus important : je hais tout le reste aussi.


Ahhh, ça fait du bien… Toute cette rage accumulée avait besoin de s’évacuer, et maintenant je dois bien avoir deux ou trois heures devant moi avant d’être de nouveau assailli par des pulsions meurtrières. J’en profite pour parler d’autre chose :

- le meilleur week-end de la saison pour mes équipes de fantasy ? C’est bien possible. La clé pour moi en ce dimanche aura été d’apprendre à la dernière minute que Joseph Addai n’allait pas jouer contre les Bucs. Je me suis donc précipité pour récupérer son remplaçant Kenton Keith sur le waiver-wire partout où c’était possible et faire de lui un titulaire. Bien m’en a pris, Keith a scoré 27 points et m’a fait gagné dans 2 ligues ! Wow, voilà de loin la meilleure décision personnelle que j’ai prise depuis des mois. Comme quoi il ne faut jamais désespérer.

- que s’est-il passé dans les rencontres réelles ? Bah, certaines équipes ont gagné, d’autres ont perdu, vous n’en avez rien à foutre de toute manière…

- cessons de voir toujours tout en noir: Marseille a été battu à la dernière seconde des arrêts de jeu sur une frappe magistrale ! On relève la tête et on sourit.

- c’est la première fois que je suis avec un minimum d’attention les playoffs de baseball. Ça prouve peut-être que je n’ai vraiment rien d’autre à faire, mais ça n’est pas totalement inintéressant. Saviez-vous que les Chicago Cubs n’ont pas gagné les World Series depuis 99 ans ? Et qu’ils sont déjà éliminés ? L’Amérique est soulagée, car voir les Cubs s’effondrer chaque automne est une des traditions les mieux ancrées du sport US. Les Cubs sont maudits, paraît-il. Jamais entendu parler de Steve Bartman ou du Billy Goat ? Avant ce week-end, c’était aussi mon cas, mais vous pouvez toujours vous renseigner.

- j’avais aussi une histoire intéressante à propos de LeBron James se pointant au stade à Cleveland avec une casquette des Yankees sur la tête. Autant je trouve ça gonflé, autant je n’ai pas le courage de vous expliquer pourquoi (sans compter qu’il faudrait aussi que je vous dise qui est LeBron, qui sont les Indians, les Cavs, etc). Désolé. Il faut que je me mouche un bon coup.

07 octobre 2007

Hair Metal Extravaganza

Ne me dérangez pas, je lis un livre. Ou plutôt, j'essaye. Et j'ai du mal à me concentrer.
C'est peut-être parce que j'ai sous les yeux ma pile de bouquins (dans une poussée autistique, je me suis récemment amusé à les compter. Résultat: 638. A part ça, je me sens tout à fait normal) et que je me dis: « Regarde tout ce que tu as lu, et vois où ça t'a mené... » Pas une grande technique de motivation. Encore une fois, je ne suis pas expert en la matière.
Quoiqu'il en soit, c'est vraiment dommage parce que le livre que je tiens en ce moment dans les mains est excellent. Disons-le tout net, on dirait qu'il a été écrit pour moi.
Car dans « Fargo Rock City » (en anglais, à commander sur amazon), Chuck Klosterman se pose cette question essentielle: quel est l'héritage culturel des groupes de « hair-metal » des années 80? Un début de réponse: malgré le mépris des critiques, il est colossal.
Pourquoi est-ce que ça m'intéresse? Parce qu'il est très facile pour moi de m'identifier à Klosterman (en dehors du fait qu'il vienne du Dakota-du-Nord et moi du Finistère-du-Nord). Nous avons grandi en écoutant la même musique et en collant les mêmes posters sur les murs de nos chambres. Nos âmes d'adolescents timides ont été marquées à jamais par « Shout at the Devil » de Mötley Crüe. Nous pensons tous les deux qu' « Appetite for Destruction » de Guns N' Roses est le meilleur album des années 80, haut la main. Nous accordons beaucoup trop d'importance à la musique, au sport et à la « pop culture » en général. Nous vouons une haine farouche à l'équipe de Marseille et nous nous sentons inadaptés socialement.
OK, oubliez cette dernière phrase : Chuck a l'air complètement épanoui et à aucun moment il ne mentionne le soccer dans son ouvrage. Dommage, mais la similitude aurait alors été presque effrayante.
Toujours est-il que la lecture (non achevée) de « Fargo Rock City » m'aura fait faire deux choses: d'abord ressortir de vieux cartons pour en extirper des cassettes poussiéreuses estampillées « Février 89 ». Mais je doute que vous soyez intéressés par ce qui traîne dans mes placards. Quoique.
Ensuite, et c'est là que ça devient drôle, me précipiter sur Internet (encore...) et enfin voir de mes propres yeux les vidéo clips historiques décrits par Klosterman chapitre après chapitre. Il y a 18 ans j'aurais fait n'importe quoi pour regarder ces chefs d'oeuvre en boucle. Aujourd'hui, ils sont tous à portée de click, et je peux vous dire que ça valait le coup d'attendre.

Saint YouTube, priez pour nous.

- démarrons avec les vétérans masqués de KISS. De leur période dorée dans les années 70 avec le line-up originel et le maquillage, on ne retiendra ici que « Detroit Rock City » (1976), l'hymne qui a inspiré de titre du livre de Klosterman. Mais ça n'est pas vraiment un clip, ni du « hair metal » au sens propre. Il est encore trop tôt. En 83, par contre, c'est une tout autre histoire. KISS a décidé de laisser tomber le maquillage pour donner un second souffle à sa carrière, et nous offre le clip essentiel de « Lick it up »: dans un paysage post-apocalyptique, des amazones scrutent intensément l'arrivée de mystérieux personnages. Tandis qu'ils s'approchent, on ne discerne que leurs jambes (et leurs bottes...), mais après quelques mesures de suspense insoutenable et un bon coup de gratte, les voilà : enfin on sait à quoi ressemblent « au naturel » Paul Stanley et Gene Simmons! Ça peut faire peur. Simmons (le grand qui fait la gueule) est absolument hilarant, si vous voulez mon avis, et l'orgie de bouffe avec les amazones est vraiment cool, mais malheureusement, à la moitié du clip, elles disparaissent. Dommage. Au moins « Lick it up » se fredonne-t-elle toujours agréablement, ce qui est loin d'être le cas de « Heaven's on fire » (84), d'après Chuck le meilleur titre des années sans maquillage. Il faut dire que la vue des quatre KISS partouzant gaiement dans une chambre d'hôtel peut être traumatisante. Regardez quand même et méditez cet extrait du bouquin (je n'ose pas traduire): In real life, Simmons has slept with literally thousands of women and consumed vaginas like they were Pop-Tarts. Gloups.

- Van Halen est un autre groupe décisif. Pour simplifier, ils ont révélé avec leurs deux premiers albums (sortis en 78 et 79) ce fait capital: le « hard-rock » peut être fun. Ce qui a ouvert les portes a approximativement 2364 autres groupes. Les deux atouts principaux de VH étaient l'exubérance de David Lee Roth et bien entendu le jeu de guitare révolutionnaire d'Eddie Van Halen (à propos, comment ces imbéciles de RollingStone peuvent-ils classer Eddie seulement 70ème parmi les 100 greatest guitarists of All Time? C'est n'importe quoi. Rien que pour le nombre de gamins qu'il a influencé et les riffs de « Dance The Night Away » et d' « Ain't Talkin' 'Bout Love », il a sa place dans le top 5. Mais je sors du sujet). Moins connu par contre était leur bassiste Michael Anthony. Et c'est sans doute injuste. Regardez le clip incroyablement cheap du mega-hit de 84 « Jump » (n'essayez pas de me faire croire que vous ne connaissez pas) : Eddie est défoncé, Roth fait le grand écart, mais c'est Anthony qui assure le spectacle dans sa salopette rouge. Sur l'échelle « Je suis trop content d'être là, j'arrive pas à y croire! » (également connue sous le nom de « Hé, regardez, je suis pote avec ces mecs! » qui va de 1 à 10, le bassiste jovial en est probablement à un bon 22,5. Je l'imagine bien, de nos jours, ramenant chez lui une nana qu'il veut emballer et finir par lui montrer ce clip: « T'as vu, je t'avais bien dit que j'étais dans Van Halen... »

- dans ce nouveau millénaire, il existe d'après Chuck encore un endroit dans lequel on peut être sûr d'entendre du « hair metal »: les clubs de strip-tease. Je jure sur la tête de ma future épouse que je ne fréquente pas ce genre d'établissements, mais je suis prêt à croire cette affirmation sur parole. Car voilà bien une situation dans laquelle la musique colle parfaitement au propos. Prenez « Girls, Girls, Girls » (87) de Mötley Crüe, par exemple. Ce n'est pas seulement une chanson pour les boîtes de strip-tease, c'est une chanson sur les boîtes de strip-tease! Il n'ont pas dû se demander trop longtemps où ils allaient tourner la vidéo. Personnellement, j'aurais tendance à tout pardonner au Crüe de l'époque, et c'est toujours avec plaisir que j'écoute les bruits de Harley et le riff si particulier qui propulsent ce titre. Ce qui n'est pas le cas quand je repense à « Pour Some Sugar On Me » (87) de Def Leppard, l'autre classique absolu des effeuilleuses. Honnêtement, ce truc est devenu inécoutable avec le temps: le riff idiot, la production abominable, et des paroles (You got the peaches / I got the cream)... Et ça ne s'est pas arrangé en découvrant le clip, 20 ans après. Joe Elliott ressemble à l'idiot du village, un des guitaristes a les cheveux courts (sacrilège!) et on ne montre pas assez le batteur manchot à mon goût. Le coup de grâce est venu de cet extrait de Chuck (encore une fois, je refuse de traduire): beneath the mammoth stage used in this video was a harem of totally naked women waiting to get fucked. Enfoirés de Def Leppard.

- la meilleure preuve de l'immense popularité du genre dans les années 80 est que même les groupes les plus mauvais vendaient des tas de disques. Coïncidence ou pas, ce sont aussi ces groupes qui sortaient aussi les pires vidéos. Regardez les Warrant faire leur petite chorégraphie au début de « Down Boys » (89). Comme ils sont mignons. Et si vous n'avez pas peur de vous ruiner les yeux et les oreilles, je vous propose en prime le clip de « Cherry Pie » (90), dans lequel Warrant associe avec finesse les tartes à la cerise et les blondes à forte poitrine. Je n'y aurais jamais pensé tout seul.

- oui, tous ces groupes chantaient des textes terriblement sexistes, bien que depuis largement surpassés par 2 ou 3 trillions de rappeurs. Parfois, ils allaient même plus loin en clamant leur amour pour les très (trop) jeunes filles. Appréciez cet extrait d' « All in the name of... » de Mötley Crüe (hélas, pas de vidéo): She's only fifteen/She's the reason – the reason that I can't sleep/You say illegal?/I say, legal's never been my scene!/Oh yeah! Limite, non? Mais au moins on peut toujours considérer, comme c'est mon cas, que Nikki Sixx était suffisamment malin pour que ses textes soient juste de bonnes grosses blagues... Là où ça peut devenir franchement discutable, c'est dans le cas d'un groupe comme Winger et de leur tube « Seventeen » (88). J'ai plus de mal à déceler l'ironie dans cette vidéo aux tons mauves, où une jeune fille à la robe légère se prélasse dans l'ombre sur un canapé. Et pourtant Winger savait faire montre d'ironie (inconsciente?): quand ils essaient de se la jouer romantique dans « Headed for a Heartbreak » (88), le résultat ferait plutôt penser à tout autre chose. Je cite de nouveau Klosterman: if they hadn't included a few extraneous shots of some unknown woman's cleavage, [it] would resemble the opening sequence for a gay porn flick. Ouais, j'imagine très bien le tableau.

- Je déclare solennellement n'avoir jamais écouté Stryper de ma vie. Mais dans l'unique but de vous divertir je souhaitais vous offrir la vidéo d ' « Always there for you » (88). Elle se passe de commentaires.

- Impossible de se lancer dans une pseudo-rétrospective du « hair-metal » sans évoquer Poison. Indiscutablement, si l'on me demande de décrire à quoi ressemblait le « glam-metal », il sont les premiers qui me viennent à l'esprit. Du fun, de la pyrotechnie, des guitares multicolores, et de la laque, beaucoup de laque. Le message de « Nothin' but a good time » (88) est basique: vous avez une vie de merde? Ecoutez donc Poison, et tout ira mieux! (NdA: il faut absolument que je remette la main sur ces cassettes) Mais le synopsis de « Fallen Angel » (88) me touche déjà moins. Une jolie blonde décide de quitter sa campagne et de tenter sa chance à L.A. (quand elle descend du bus, on croit vraiment revoir Axl dans l'intro de « Welcome to the jungle »...) Mais le rêve tourne au cauchemar, et c'est finalement Bret Michaels qui vient sauver la pauvrette en l'embarquant sur sa moto. Je ne sais pas pourquoi, mais je doute que ce soit la solution à mes problèmes.

- Whitesnake n'était pas glam. David Coverdale se prenait trop au sérieux pour ça. Non, son truc c'était plutôt de hurler comme un goret, de prendre un air concerné en fixant la caméra, et de demander à sa copine de l'époque, Tawny Kitaen, de déployer ses jambes interminables dans les clips. En dehors d'assurer le succès du groupe, ce plan-média innovant nous aura légué quelques vidéos mémorables. S'il est presque impossible de ne pas éclater de rire pendant le long break de « Still of the Night », « Here I Go Again » (87) est encore meilleur. Coverdale et les autres sont absolument parfaits dans le ridicule, le plan fugitif diffusé à 0:29 redéfinit à lui seul le terme d' « hair metal », mais ne nous voilons pas la face: c'est le spectacle hypnotisant de Tawny dansant lascivement sur des capots de Jaguar qui rend ce clip inoubliable.

- Passage obligé pour les groupes de l'époque: la ballade, plus communément appelée « power-ballad » pour ne pas sonner trop chochotte. Les maîtres absolus du genre étaient les sous-estimés Cinderella. Leurs titres « rock » tiennent toujours la distance (osez me dire que « Gipsy Road » n'est pas une bonne chanson), mais ce sont leurs ballades qui sont restées, pour la bonne et simple raison qu'elles sont parfaites. Seul problème, les vidéos. « Coming home » (88) suit les pérégrinations d'un beau gosse qui rentre chez lui retrouver sa dulcinée et franchement, même si on est content pour lui, on s'en fout un peu. Et « Don't know what you got (til it's gone) », tournée près d'un lac, ressemble à une pub pour un tour-opérateur. Reste donc le clip d' « Heartbreak Station » (90), la plus parfaite du lot, pour nous confirmer ce dont on se doutait déjà: Tom Keifer était vraiment une très belle femme.

- En vrac et pour terminer, ces liens vers quelques-unes des vidéos qui consistaient à inclure des images du groupe tournées sur scène et en coulisse pendant de vrais concerts. Ce principe se révéla si efficace et populaire que tous les groupes finirent par l'adopter:
- appréciez tout d'abord la stupidité intégrale du clip de « Panama » (84) par Van Halen.
- puis les belles images au ralenti de Mötley Crüe dans « Home Sweet Home » (85)
- compatissez aux problèmes d'alcoolisme des membres de Poison exposés sans fausse pudeur dans « Every Rose Has Its Thorn » (88)
- ainsi que devant les beaux yeux fatigués de Jon Bon Jovi dans « Wanted Dead Or Alive » (86, de loin leur meilleur titre)
- et enfin prosternez-vous devant la puissance des Guns N' Roses dans « Paradise City » (88). Comme le dit si bien Klosterman, « Appetite for Destruction » is the singular answer to the question, « Why did hair metal need to exist? » Amen.

N'oubliez pas, ces clips ne représentent que la partie visible de l'iceberg. Faites-vous plaisir et usez-vous les yeux sur YouTube.

05 octobre 2007

Retour aux sources

Pour être franc, je ne regrette pas du tout l’époque où ce blog s’appuyait sur le concept suivant : moi essayant de faire de l’humour en me moquant de la Ligue 1 Orange®.
Je suis tellement plus inspiré dès qu’il s’agit de m’apitoyer sur mon sort.
Néanmoins, il existe peut-être parmi vous des fans puristes désappointés par la tournure prise par ce site et qui songent sérieusement à le rayer de la liste de leurs Favoris. S’il vous plaît, ne le faites pas.
Faisons plutôt comme si nous étions de retour en 2006 : pas de liens, pas de photos ni de vidéos, mais, histoire de vous rappeler à quel point c’était mauvais, juste une bonne vieille tentative d’avoir l’air spirituel grâce aux mythiques Power Rankings !
Vous avez bien mérité leur grand retour.

1. Lyon : comme c’est pratique. Juste quand je décide de faire renaître les PR, Lyon est de nouveau le leader incontesté du classement. Placer une autre équipe à ce rang aurait été trop perturbant. Car même s’ils viennent de subir 2 humiliations d’affilée en LDC et que je ne ferais pas confiance à Perrin pour coacher l’équipe de poussins de mon petit cousin, ils peuvent jouer tranquille. Regardez simplement qui vient derrière.

2. Bordeaux : les journalistes nous l’ont dit et répété : Laurent Blanc est un génie. J’étais sur le point d’objecter, mais comment expliquer autrement que cet effectif minable se retrouve dans le trio de tête ?

3. Nancy, Valenciennes, Le Mans : 3 équipes pour un triple cauchemar. Celui de la Ligue, celui de Canal+ et celui des téléspectateurs. Et une stat étourdissante : 6 défaites combinées. J’ai une théorie : les autres équipes n’essayent pas de gagner.

4. Rennes : lorsque j’étais étudiant, je me rendais le plus souvent possible au vieux stade de la Route de Lorient pour assister aux matches debout dans une tribune type Heysel. Un soir (le 9 avril 96, j’ai vérifié), Rennes recevait St Etienne, et rendez-vous était pris pour prendre l’apéro chez un pote qui non seulement habitait près du stade, mais était aussi le plus gros fumeur d’herbe que j’ai jamais rencontré. Pour une raison indéterminée, je débarquai chez lui en retard (qu’est-ce que j’avais bien pu faire de ma journée ? Vu qu’aller en cours était inenvisageable, je dirais, rien du tout.) et constatai les dégâts : 3 mecs sérieusement entamés par la drogue et l’alcool. Naturellement invité à me joindre à eux, je me contentai de quelques Ricard bien tassés parce que je voulais conserver ma lucidité et apprécier le match. C’était important, quoi, ne serait-ce que pour distinguer le ballon et les joueurs… Après la victoire de Rennes 3-0, l’inévitable ne manqua pas de se produire sur le chemin du retour. Un de mes potes qui avait passé la rencontre à fixer la pelouse en silence posa la question suivante : « Euh, qui c’est qu’a gagné, au fait ? » Ha. Ha. Ha. Il n’en avait pas la moindre idée, mais il avait passé une excellente soirée. La morale de l’histoire : la prochaine fois que je vais au stade Rennais, je fume un gros pétard.

5. Nice, Monaco : que se passe-t-il sur la Côte d’Azur ? Les Aiglons mieux classés que l’équipe du Prince ? Ah oui, c’est vrai, ça fait bien trois saisons de suite… Il est vraiment temps que je me remette à la page.

6. Strasbourg, Lorient, St Etienne, Toulouse : 3 victoires, 2 ou 3 nuls, 3 ou 4 défaites, à peu près autant de buts marqués qu’encaissés. Je suis à la recherche du terme qui décrirait parfaitement ces équipes, qui définirait leur nature profonde. Une première proposition : médiocrité.

7. Paris : la blague se poursuit, encore et toujours. C'est quoi l'expression, déjà ? « Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures », c’est bien ça ? D’ordinaire je ne suis pas d’accord, mais dans le cas du PSG…

8. Lille, Auxerre : ou comment tous les chemins mènent à la nullité. 7 nuls et 1 défaite pour Lille, aucun nul et 6 défaites pour Auxerre. Nous avons un championnat très créatif.

9. Marseille : par contre, je suis à court d’imagination, mais peu importe, j’ai un refrain tout prêt. Je les hais, je les hais, je les hais, je les hais, je les hais, je les hais, je les hais, je les hais…

10. Caen, Sochaux, Lens, Metz : le plus triste quand on regarde cette liste des derniers ? Savoir qu’une de ces équipes va se maintenir à la fin de la saison.

03 octobre 2007

Un jour de plus

« Donnez à un homme seul et amer une connexion ADSL, et attendez-vous au pire »
Telle pourrait bien être la maxime de ce blog, la description sommaire à placer juste en dessous du titre. Oh, mais en voilà une bonne idée : un slogan qui résume tout ce blog en sommet de page… Il va falloir que j'y travaille.
Dans l’intervalle, retour dans mon cerveau malade (vous connaissez un meilleur endroit où se vautrer ?)

- je me demande ce que je ferais de mon temps si espn.com n’existait pas. Euh… Le simple fait de me poser la question me transporte directement au bord d’un gouffre vertigineux. Allez, on respire un grand coup, on agrippe sa souris et on fait un pas en arrière… Tout va bien se passer.

- suite à l’effondrement historique des Mets de New York, le grand Bill Simmons a dû se décider à remettre à jour son fameux article « Levels of Losing » (quelque chose comme les « Niveaux dans la Défaite »), dans lequel il décrit graduellement l’intensité de la douleur ressentie par les fans quand leur équipe perd, du pincement au cœur à la dévastation totale, selon les circonstances. Sur bien des plans, voilà un excellent article, avec Simmons au top de sa forme, dégainant les références culturelles et remuant le souvenir de défaites mémorables. Mais ce qui le rend si captivant, c’est que, comme toujours avec ce qui arrive dans le sport, il est très facile de transposer le tout dans la vie réelle. Une traduction plus juste devient alors les « Degrés de la lose », et voici les quatre qui me concernent au premier chef :
- Level XIII: The Rabbit's Foot : tout va de travers, et après chaque désastre on se dit « OK, c’est reparti, ça recommence… »
- Level XI: Dead Man Walking : c’est cuit, vous avez abandonné, mais une minuscule part de votre être s’accroche à un espoir encore plus minuscule. Donc, vous savez que vous êtes foutu, mais ça fait encore mal. Wow.
- Level IX: The Full-Fledged Butt-Kicking : vous vous faites massacrer, vous voulez que ça s’arrête, sauf que ça ne s’arrête pas, et il n’y a plus qu’à attendre le prochain coup.
- Level II: The Goose/Maverick Tailspin : le monde s’écroule autour de vous par petits bouts pendant une période de temps indéfinie, et quand ça se termine enfin, il ne vous reste plus rien et vous passez le reste de vos jours à vous demander comment cela a bien pu arriver. Aïe.

- les deux plus proches amis que j'aurai jamais: Matthew Berry et Nate Ravitz. Regardez-les faire des blagues pourries tout en discutant de la « fantasy value » de Sammy Morris et de Donte Stallworth: comme ils ont l'air heureux, comme ils s'amusent. J'imagine que c'est ce qui se passe quand on a le meilleur job sur la planète. Dans l'espoir de capter un peu de ce bonheur, j'écoute donc religieusement leur podcast tous les soirs de la semaine, en attendant que se produise un miracle via les écouteurs. Un jour peut-être je leur enverrai un mail pour les remercier de m'aider à gagner quelques ligues. Et accessoirement de me sauver la vie.

- À quel point toutes choses sont liées dans la « pop culture » ne cessera jamais de m'étonner. Après vous avoir chaudement recommandé Pavement lundi, je suis tombé sur quelque chose d'intéressant dans leur article Wiki. De si fascinant même que je me suis tout de suite dit: « il faut que tu vérifies ça et qu'après tu en parles dans ton blog. » C'est dire si j'étais excité. Alors voilà. Une des meilleures chansons de Pavement s'appelle « Cut your hair », elle date de 94, elle est très entraînante et très pop (et juste histoire de me faire mousser, j'avais raison de dire qu'il n'en avait rien à foutre car c'est là qu'ils chantent « I really don't care! »). Bref, ce titre qui parle d'aller se faire couper les cheveux est entre autres célèbre pour ses « Ouh ouh ». Et qu'est-ce qu'on entend dans le générique d'introduction de « Pardon The Interruption », le show d'Espn, dont j'écoute également le podcast tous les jours? Des « Ouh ouh ». Très similaires à ceux de Pavement. OR, quelle est la principale caractéristique physique des deux animateurs de l'émission, Tony Kornheiser et Mike Wilbon? Ils sont chauves. Voyez-vous où je veux en venir? « Cut your hair », le générique, « Ouh ouh », deux animateurs chauves, le fait que j'écoute A LA FOIS Pavement et le podcast de PTI? Tout est lié. Absolument tout, mes amis. Comme dans un cercle vicieux. (admettez-le, vous êtes stupéfaits par ce que vous venez de lire. Vous n’en croyez pas vos yeux. « Bon sang, mais de quoi est-ce qu’il parle ? QU’EST-CE QUI SE PASSE dans la tête de ce mec ? » Un indice : pensez à un hamster qui fait de l’exercice dans sa cage.)

- Dans la série « le sport est une formidable allégorie de la vie », jetez un œil à ce qui est arrivé dans le match Padres/Rockies. Ces deux équipes ont joué 162 matches depuis avril pour finalement se retrouver à égalité et devoir jouer un match de plus afin de déterminer qui irait en playoffs. Comme si ça ne suffisait pas, le match est allé en prolongations (« extra-innings », comme ils disent) jusqu’à ce que les Rockies l’emportent sur une action très discutable. Ai-je vraiment besoin d’expliquer en quoi ce match est une allégorie ?

- La beauté de la TNT, c’est que les chaînes sont si pauvres qu’elles diffusent en boucle les seuls programmes valables de leurs grilles. Comme W9 avec les Simpsons. C’est donc avec délices que j’ai revu pour la troisième fois en une semaine le fameux épisode « Pour l’amour de Moe ». Non seulement Homer y est fabuleux, mais c’est aussi une mine d’or pour les citations. Comme quand Moe se retrouve en boîte pour draguer : « Ah, ça ne sert à rien, qu’est-ce que je fais ici, Homer ? Les femmes sentent la peur, et je dois schlinguer un max ! » Je ressortirai ça un jour, soyez-en certains.

- Pour rester dans le dessin animé, je me suis mis depuis peu à regarder « Futurama » (en boucle sur NRJ 12), l’autre cartoon de Matt Groening, le créateur des Simpsons. C’est plutôt très bien, mais aussi quelque peu troublant. Je veux dire, est-il normal que j’éprouve des sentiments pour Leela, la cyclope aux cheveux violets qui pilote le vaisseau ? Evidemment que non. Mais les faits sont là. Qu’est-ce que ça dit sur mon état psychologique actuel, alors ? A vous de me le dire. En dehors de « pitoyable », je reste pour une fois sans réponse.

01 octobre 2007

En attendant de dormir

Alors que je fixe cet écran, me demandant par quel miracle mes yeux ne se sont pas encore mis à saigner (au sens propre. Le fait que cela ne se soit toujours pas produit est sans doute, quelque part, réconfortant), je me rends compte à quel point cette cure de nuits raccourcies à l’extrême était ce dont j’avais le plus besoin.
Car désormais, au lieu d’avoir constamment à l’esprit des choses comme « Oh-mon-Dieu-je-hais-la-Terre-entière », je ne suis plus capable que de traîner ma carcasse tout au long de la journée comme un zombie en me disant : « Oh-mon-Dieu-ce-que-je-peux-être-crevé. »
Un grand progrès. (NON, je ne fais pas d’ironie à bon marché)
Tout de suite, ce que j’ai retenu de ce dernier week-end du mois de septembre (bon débarras) :

- un dimanche soir d’automne typique pour moi, rivé sur Internet de 18h00 à plus tard que minuit pour suivre l’évolution des scores NFL et le destin de mes équipes de fantasy. Je n’exclus pas de vous raconter un jour en détail le déroulement de ces soirées riches en émotion. En attendant, comment m’en suis-je sorti hier ? Pas trop mal, en espérant toutefois des événements favorables dans le match Cincy-New England de cette nuit, et en mettant de côté les ligues où je suis apparemment maudit. J’ai tout de même perdu un match 188-187 (grrr…) et le forfait de dernière minute de Brian Westbrook a anéanti les espoirs d’une autre de mes équipes. Tout de même, un bilan décent pour le week-end, j’imagine.

- sur le terrain, Brett Favre vient de battre le record absolu de passes de touchdowns en carrière avec 422. Je le mentionne uniquement parce que vous vous souvenez peut-être de Brett jouant son propre rôle dans « Mary à tout prix » et apparaissant à la fin du film comme étant le mystérieux petit ami de Cameron Diaz. Une référence culturelle de plus ne peut pas faire de mal.

- un paquet de surprises dans les autres matches, avec Buffalo, Cleveland, Arizona et Detroit tous victorieux, mais surtout Kansas City qui va gagner à San Diego, ruinant ainsi mon choix de la semaine à l’Eliminator Challenge. Je ne comprends pas, tout allait bien, depuis 4 semaines je jouais la sécurité avec les favoris, j’étais confiant, je vais me coucher avec les Chargers en tête 16-6, et puis tout d’un coup ces minables Chiefs marquent 24 points consécutifs et ma saison d’Eliminator est terminée… Bon. J’imagine qu’il y a pire que ça dans la vie, comme perdre son job, se coincer le petit doigt dans une porte ou réaliser tout à coup que l’on est une grosse merde. Mais quand même, ça fait mal.

- petit à petit, la conspiration ourdie par Canal + pour tuer le football dans ce pays est en train de réaliser ces objectifs. Hier soir, ils ont ressorti Guy Roux du formol pour commenter Caen-Toulouse. Je veux dire, qui serait assez désespéré pour regarder ça ? Certainement pas moi.

- en parlant de tuer le football, regardez cette video. J’ai toujours su que c’était une mauvaise idée de narguer ses adversaires en jonglant le ballon comme une otarie. Même au Brésil.

- vous n’avez pas pu y échapper, le XV de France va jouer le match de sa vie samedi prochain contre les « Blacks » (ooh, ce que cette expression peut m’agacer) à… Cardiff. C’est tellement risible. Organiser si mal sa propre « Coupe du Monde » qu’ils se retrouvent à devoir jouer leur quart de finale au Pays de Galles. Ajoutez donc ça à la liste des raisons pour lesquelles je ne comprendrai jamais rien au rugby et à l’intérêt qu’il génère. A propos, est-ce que je suis vraiment censé croire que toutes les femmes françaises rêveraient de coucher avec Sébastien Chabal ? Je sais que je n’y connais que dalle, mais tout de même, c’est un peu dur à avaler. Et puis, moi aussi j’ai eu les cheveux longs à une époque, et je n’ai jamais remarqué qu’on faisait la queue à la porte de ma chambre.

- déjà culte aux Etats-Unis, je vous propose d’assister à la conférence de presse de Mike Gundy, le coach de l’équipe de foot de la fac d’Oklahoma State. Fixons le contexte en disant qu’il est fou après une journaliste locale qui a écrit un article peu élogieux à propos d’un de ses joueurs. Tout media américain qui se respecte s’est ensuite senti obligé de faire une blague sur le thème « I’m a man ! I’m 40 ! ! » la semaine dernière.

- quelle est la formule magique pour faire taire quelqu’un qui, comme moi, a tendance à se plaindre constamment ? Lui sortir la phrase suivante : « Il y a plus malheureux/bête/pauvre/moche que toi sur Terre ! » Il paraît que ça marche sur certains, bien que je préfère vous dire tout de suite que j’ai une sainte horreur de me l’entendre dire, probablement parce que cela impliquerait que le monde ne tourne pas autour de mon nombril, ce qui est, pour d’évidentes raisons, inconcevable. Quoiqu’il en soit, j’ai fait des recherches, et je suis fier de vous présenter tout un groupe de gens qui, à mon humble avis, ont sans doute passé une dernière quinzaine au moins aussi mauvaise que la mienne : les New York Mets et leurs millions de fans ! En tête de leur division avec 17 matches à jouer et 7 matches et demi d’avance, ils se sont tout simplement effondrés et sont officiellement out pour les playoffs depuis hier. D’après les spécialistes, il s’agit, je cite, d’un « collapse of epic proportions ». Voilà ! Depuis le temps! C’était l’expression que je cherchais pour décrire mon existence !

- mise à jour de ma playlist : j’en ai un peu marre des groupes trop impliqués émotionnellement, comme Weezer. Place à Pavement et à leur indie-rock désabusé. Clairement, ces mecs n’en avaient rien à foutre de rien : comment jouer de leurs instruments, à quoi ils ressemblaient, leurs chiffres de vente, comment ils sonnaient, la structure des chansons, le sens des paroles, etc. Ecoutez plutôt leur premier album (1992) « Slanted and Enchanted » : même quand Stephen Malkmus chante « I was dressed for success… but success it never comes », on sent bien qu’au fond il s’en branle complètement. Excellent disque, donc. Difficile de se lasser de « Summer Babe » : Ice, baby…

29 septembre 2007

La grande braderie

Jetez donc un oeil sur vos calendriers: nous sommes le 29 septembre (beurk), c'est samedi (re-beurk), et il fait beau sur Brest. Ce qui signifie que nous sommes partis pour une grande et belle Foire St-Michel.
Pour ceux qui l'ignoreraient, cette tradition brestoise consiste à laisser commerçants, forains et brocanteurs envahir les rues pour vendre leur camelote, à permettre aux gamins de refourguer les jeux dont ils ne veulent plus et aux particuliers de squatter un bout de trottoir pour essayer de tirer quelques sous de vieilles babioles et différentes cochonneries.
Inévitablement, ce grand déballage attire la foule. Vu que je suis trop snob pour me mêler à la populace et trop fainéant pour me déplacer, mais que d'un autre côté je suis encombré de saletés dont je voudrais me débarrasser à un prix raisonnable, je vous propose de vous balader sur mon bout de trottoir virtuel pour y découvrir peut-être un article susceptible de vous intéresser.

(NB: les prix annoncés sont bien sûr négociables, sauf indication contraire)

- un short/maillot de bain de couleur noire, marque Speedo, taille L, année 2002, porté une fois, peut-être deux, très seyant, pas du tout abîmé par l'eau de mer. Ne jouez pas les dégoûtés, c'est une affaire. 4 euros. (en prime je vous offre un tube de crème solaire pas entamé)

- Un CD de Weezer que j'ai personnellement gravé, 25 titres extraits de leurs 4 derniers albums pour 78 minutes de musique. Pas mal du tout, mais quand vous l'aurez écouté en boucle pendant 10 jours, vous aussi vous aurez envie d'en faire profiter quelqu'un d'autre. 75 centimes.

- Une paire de chaussures de football en cuir, crampons vissés, marque Nike, pointure 43, année 2001, bon état général, portées trois fois avant qu'un connard ne me brise le tibia gauche en deux. 5 euros.

- Vendue séparément, mais complément quasi-indispensable de l'article précédent, la paire de cannes anglaises grâce à laquelle j'ai pu me déplacer pendant 5 mois après mon ultime match. 7,50 euros.

- Une boîte de 12 préservatifs de marque Prophyltex, taille standard, jamais ouverte, le cellophane est toujours autour. Attendez, je vérifie un truc: « A utiliser avant juin 2003 » J'aurais dû m'en douter. Poubelle.

- Une bouteille de 50cl d'eau minérale remplie par mes soins de milliers de petites boules de polystyrène, égrainées ces derniers jours au cours d'intenses séances de stress. Un vrai petit chef d'oeuvre d'artisanat, un concentré de pur désespoir. 33 centimes.

- Un sombrero en authentique paille synthétique, année 1996(?), porté une fois. Je me suis réveillé un matin avec une affreuse gueule de bois et ce truc sur la tête. Le lendemain, alors que je cherchais toujours à comprendre comment j'avais hérité de ce couvre-chef, quelqu'un m'a dit: « Tu te souviens pas? Tu l'as volé au mec qui faisait la promo de sa marque de tequila. » Cette anecdote émouvante devrait faire monter les enchères. 1,50 euros.

- Une cassette VHS du NBA All-Star Game 1994 gagné par l'Est grâce à Scottie Pippen et ses chaussures rouges. Un grand cru. 1,20 euros.

- un exemplaire d' « Extension du domaine de la lutte » par Michel Houellebecq, édition « J'ai Lu » avec mon nom et la date (09/98) à l'intérieur. Grand livre. A l'époque, j'étais terrifié à l'idée de ressembler un jour au narrateur. Maintenant qu'il est devenu évident que je SUIS ce putain de narrateur, je ne supporte plus de voir ce livre me narguer sur les rayons de ma bibliothèque. 50 centimes.

- Un exemplaire du « Pro Football Prospectus 2007 », 512 pages, très bon état malgré une lecture intensive. J'aime faire semblant de m'y connaître, mais après quelques semaines passées à jouer au nerd sur ce bouquin, je n'ai toujours pas compris les subtilités du DVOA et du DPAR. Et moi qui m'imaginais être un expert. Crétin. 6 euros.

- Un ballon de basket « spécial extérieur » de marque Kipsta, couleur bleue, état général douteux, fortement usé et déformé. J'ai passé la quasi-totalité de mon temps libre cet été à le faire rebondir, ceci explique cela. L'hiver étant presque là, je vais devoir m'occuper autrement. 15 centimes.

- Ce qu'il me reste de fierté, année 2007, état défectueux, réparations d'urgence à effectuer. La vérité, c'est qu'il n'y avait plus moyen de s'en servir et que je m'en suis déjà débarrassé dans la semaine. Article suivant.

- Un CD bonus de Korn, « All Mixed Up » (offert avec le très mauvais album « Issues »), année 1999, écouté deux fois. Son seul intérêt est qu'il contient une version « radio mix » du tube «A.D.I.D.A.S.» dans laquelle Jonathan Davis chante « Let's h(...)k » au lieu de ce que vous savez. Comique. 55 centimes.

- Une authentique Metrocard, année 2007, valable dans tout le réseau de transports publics de la ville de New York. Malheureusement usagée. Mais parfaite si vous voulez vous la jouer: « Ouais, je reviens tout juste des States... » 5 centimes.

- Un carnet complet de 16 « Chèques-Vacances » d'une valeur de 10 euros chacun, valables dans d'innombrables établissements et pour de multiples activités jusqu'en décembre 2009. Je ne ferai rien avec. 30 euros.

- Une médaille de St-Christophe, le patron des voyageurs, offerte par ma mère pour que je sois béni dans mes nombreux déplacements. État: comme neuve. Là encore, je n'en ai pas vraiment l'utilité. Promettez-moi simplement d'en prendre soin, et elle est à vous.

- le bouchon d'une bouteille de champagne ouverte au soir du 9 juillet 2006 pour célébrer le merveilleux final d'une Coupe du Monde de cauchemar. Non, il n'est pas dédicacé par Materazzi, mais il fait remonter à la surface un tel moment de bonheur... 11 euros.

- Un lot de posters de groupes de « heavy-metal » des années 80, y compris un collector de Metallica avec Cliff Burton. 66 centimes.

- Un téléphone portable de marque Alcatel, année 2004, acheté pour faire le malin mais très peu servi en dehors de recevoir des MMS de pub pour SFR. Ça m'apprendra. 4,99 euros, forfait à votre charge.

- Un billet usagé pour le match Brest-Gueugnon permettant de bénéficier d'une pizza offerte pour une pizza achetée chez Domino's jusqu'au 31/08/08. Il est un peu plié. 30 centimes.

- Le coffret DVD de la saison 4 de « Seinfeld », année 2006, très bon état. La meilleure saison de la série, avec cet épisode classique entre tous, « The Contest ». Voyez plutôt la scène d'introduction qui conduit au dialogue suivant:
- Jerry: We have to do it, it's part of our lifestyle! It's like shaving!
- Elaine: (...) I shave my legs!
- Kramer: Not every day.
Pour être honnête, je n'ai pas vraiment envie de m'en séparer, mais mon nouveau but dans la vie est d'apporter la joie et les rires autour de moi. C'est pourquoi je suis prêt à brader ce bijou. 10 euros.

- Le guide « France Football » de la saison 2007-2008 sorti le 7 août avec Samir Nasri de Marseille en couverture. État : un peu froissé. Mais forte valeur ironique. 80 centimes.

- Un véritable béret de l'Armée française, provenance Libourne, année 2000, tour de tête 57, porté 4 semaines. Uniquement si vous voulez avoir l'air ridicule pour faire semblant d'avoir servi votre Patrie. 2,60 euros.

- Un modem routeur ADSL, marque Olitec, année 2006, en panne. Cette saleté a failli me faire avoir une attaque de panique quand je me suis rendu compte hier soir que je ne pouvais plus me connecter à Internet. J'ai cru que j'étais à nouveau victime de la terrible loi de Finagle, et que la suite logique allait être la perte d'un membre dans un terrible accident. Mais j'avais gardé un vieux modem. Ouf. 25 centimes (pour la boîte).

- Un exemplaire de « Neuromancien » par William Gibson, éditions « J'ai lu », année 2003, excellent état. Je préfère m'en séparer, si je relis ce livre il pourrait me donner de mauvaises idées. Comme de me faire greffer des implants cérébraux pour faire partie intégrante du web, surfer 24h/24 et abandonner toute interaction sociale. Vous savez, histoire d'éviter les problèmes de connection. 1,77 euros.

- Une Playstation 2, année 2001, un peu fatiguée pour cause d'usage intensif, avec 2 manettes et les deux meilleurs jeux de tous les temps: « PES 2 » (je hais Queen) et « Grand Theft Auto: Vice City » (ah, rouler dans sa décapotable dans les rues de Miami en écoutant Bryan Ferry, et tirer sur les passants...) 25 euros.

- La série magique des 5 meilleurs albums d'AC/DC, (Let there be rock, Powerage, Highway to hell, Back in black, For those about to rock), années 90, écoutés trop souvent, mais les CD ne s'usent pas, non? A propos, ça fait longtemps que je ne me suis pas fait une cure de « Shoot to thrill ». Pourquoi je vends ces disques, alors? Parce que je les ai en double. Je sais, je suis un couillon. 7,30 euros.

- Un ballon de foot dégonflé recouvert de peinture dorée, année 2000, offert par mes coéquipiers en fin de saison au titre de « meilleur joueur de l'équipe » Je crois me rappeler qu'on était vraiment mauvais cette année-là. Mais peu importe. Pour ceux qui collectionnent les trophées. 1,25 euros.

- L'énorme boule d'angoisse qui vit dans mon estomac, me réveille au petit matin et m'empêche de manger correctement. Idéale si vous souhaitez perdre du poids rapidement ou vous rendre la vie plus difficile qu'elle ne l'est naturellement. Je cède cet article gracieusement à qui le désire.

Voyons voir désormais s’il y a moyen de faire affaire.

28 septembre 2007

Passer le temps

Zéro réponse à ma « requête » de l’autre fois (MISE A JOUR : une excellente suggestion est arrivée. Comme quoi je suis mauvaise langue) : dois-je seulement feindre la surprise ? Sûrement pas, car à question ridicule, aucune réponse possible.
Et admettez-le, vous avez envie que cette tragi-comédie continue. Ma décomposition en direct rend ce blog tellement plus intéressant (qui a encore envie de me lire hurler après Marseille dans un énième post ?) tout en lui apportant un élément qui manquait cruellement : le suspense.
« Combien de temps va-t-il tenir à ce rythme ? » Bonne question. C’est un peu comme quand vous savez qu’une collision spectaculaire va se produire, que vous la sentez venir, mais qu’il n’y a absolument rien que vous puissiez faire pour l’éviter. Et c’est fascinant. (pour une sympathique illustration visuelle, cliquez ici. Quand je pense que ces crétins veulent implanter le tramway à Brest)

De toute façon, comme tout ce qui circule sur Internet, il ne faut pas prendre trop sérieusement ce qui se dit dans ce blog. Par exemple, juste quand je pensais m’être imposé l’autre jour d’indispensables règles de conduite, qu’est-ce que je commence par faire ? Les violer. « Jamais plus de six heures d’affilée devant Internet » ? Celle-là aura tenu à peine 24 heures. Et voilà ce que ça a donné :

- d’abord et avant tout, le manque de sommeil. Dans peu de temps je vais commencer à me sentir comme Ed Norton dans « Fight Club ». Et vous savez ce que ça veut dire ? Que mon seul moyen de réconfort sera bientôt d’aller pleurer entre les deux énormes nichons d’un mastodonte ayant subi une ablation des testicules, que je vais me créer un double imaginaire qui sera ce que j’ai toujours voulu être (pas sûr que je le fasse ressembler à Brad Pitt), que je vais me battre avec lui, et que je vais tout plaquer pour fonder un genre de secte pour mâles frustrés et bridés qui vont se battre entre eux et comploter pour la destruction de la société telle que nous la connaissons. Hé, on dirait que j’ai un projet pour l’avenir !

- pas parlé de baseball depuis des semaines, mais la saison de 162 matches se termine, les enjeux sont soudain énormes, et des choses folles se produisent. Regardez par exemple comment les San Diego Padres, en pleine lutte pour les playoffs, viennent de perdre Milton Bradley, leur meilleur joueur offensif. Insulté par un arbitre (désormais suspendu), Bradley se précipite vers lui, mais son manager le retient et le plaque au sol. Seul problème, une rupture des ligaments croisés antérieurs du genou (comme toujours, ça sonne mieux quand les Américains le disent : torn ACL). Saison terminée. La leçon : il ne faut jamais s’énerver, la colère est mauvaise conseillère, blablabla…

- je ne me vante que rarement (sans déconner), mais je tiens à signaler que je fus à une époque un grand lecteur de classiques de la philosophie. Impressionnant, non ? J’ai néanmoins mis un terme définitif à cette activité il y a environ 5 ans, quand j’ai enfin réalisé que cela ne m’apporterait jamais rien. Le livre qui avait bouclé la boucle ? « Métaphysique de l’amour/Métaphysique de la mort », par Schopenhauer. Plus besoin d’en rajouter après ça, ce vieux boche avait tout compris.

- je continue de me prescrire à haute dose des épisodes des Simpsons. Fort heureusement, et contrairement à ce que je craignais dans le post de mercredi, il n’y a aucune chance pour que je m’identifie avec Moe. Dans le formidable épisode « Pour l’amour de Moe » (séquence d’anthologie avec le vol de la voiture par Homer), notre patron de bar solitaire se plaint de n’être « pas sorti avec une femme depuis 4 ans ». D’après mes propres critères, cela fait de lui un Casanova.

- à la recherche d’un prétexte pour me fendre la gueule, je me suis souvenu que la coupe du monde de « football féminin » se déroulait en ce moment en Chine. Je ne me trompais pas, c’est hilarant. Regardez ces buts encaissés par l’Argentine… Commenté en mandarin, c’est encore meilleur.

- puisqu’on est dans la grosse poilade, autant y rester avec la mascotte des Kansas City Chiefs plaquant un fan ivre dimanche dernier. Si vous ne riez pas, vous avez un problème. N’hésitez pas à m’en parler.

- Shawn Marion veut quitter Phoenix. Deux commentaires : d’abord, c’est un idiot. Pourquoi ne pas vouloir continuer à jouer avec Steve Nash ? C’est le meilleur partenaire qu’il aura jamais ! Ensuite, j’avais complètement perdu de vue le fait que la saison NBA démarrait dans moins de 5 semaines. Et vous savez quoi ? J’en ai vraiment pas grand chose à faire. Peut-être que ce clip pourri de shoots improbables des années 80 (meilleur moment à 1:07) me donnera envie de m’y remettre ?

- les gens feraient n’importe quoi pour entrer dans le Livre des Records, et de préférence des choses stupides. Je suis cependant d’accord pour dire que ce record est plus intéressant que les autres, bien qu’au final il soit sans doute à peu près aussi écoeurant que celui de la plus grosse tartiflette.

- je sais que je vous les brise menu depuis trop longtemps avec la fantasy, mais regardez cette vidéo et osez me dire que vous ne voulez pas vous y mettre. Non mais vous avez vu cette Molly Qerim ? Vous l’avez bien regardée ? Je serais prêt à massacrer la moitié de la population française ou à raser un pays tout entier (au hasard, la Birmanie) rien que pour la chance de la rencontrer en personne, tomber à genoux devant elle et lui poser cette question qui me taraude : Bernard Berrian (vs Detroit) ou DeAngelo Williams (vs Tampa Bay) comme flex-start cette semaine ?

26 septembre 2007

Moi vs Le Monde

Réjouissez-vous chers lecteurs, voici une nouvelle chance d’admirer le spectacle de mon âme tourmentée.
Contrairement à ce qu’affirmaient certaines rumeurs persistantes, je tiens en effet à préciser que j’ai survécu à la brutalité insensée des 10 derniers jours. Bien que je ne sois pas sûr de savoir ce qu’il me reste dans le réservoir (suggestion : pas grand-chose), quelle meilleure preuve de ma vitalité qu’un nouveau post pour me lamenter sur mon sort. C’est décidément ce que je sais faire le mieux.

- comme annoncé la semaine dernière, j’ai assisté vendredi soir à la victoire de Brest sur Gueugnon 2 à 1. Trop occupé que j’étais depuis à flipper ma race, je n’ai pas eu le temps de vous faire partager ces quelques impressions : 1) moins de 4000 spectateurs, le plus faible total depuis que Brest est remonté en Ligue 2. Une raison de plus pour détester le rugby. 2) si l’on ne sert que de la Tourtel dans les stades, il y a une bonne raison : les mecs bourrés sont insupportables. Surtout quand ils veulent vous serrer la main. 3) Cela dit, quelques bières avant d’arriver au stade sont parfois salutaires. 4) ça peut sembler dingue, mais j’étais au match avec trois autres types. C’est exact, TROIS personnes avaient accepté de m’accompagner. Il paraît évident qu’aucune d’entre elles n’était consciente du fait que j’étais susceptible de me balancer du haut de la tribune en cas de mauvais résultat. 5) Heureusement, Gueugnon a une mauvaise équipe. Très mauvaise.

- je viens encore de dire du mal du rugby, mais au fond je devrais peut-être essayer ce sport de brutes. Labourer le corps de son adversaire à coups de crampons est certainement un excellent défouloir.

- je suis sur le point d’écrire aux éditeurs de la collection « Pour les Nuls » afin de leur présenter mon projet de manuel : « Rater sa vie Pour les Nuls ». Je suis cependant sceptique sur ses chances d’être accepté : ils me répondront sans doute que je suis sur-qualifié pour rédiger un tel ouvrage.

- alors comme ça, l’entraîneur de Marseille a fini par se faire virer. Bien sûr, c’est mal de se moquer du malheur des autres, mais permettez-moi dans ce cas précis d’employer les mots immortels de Nelson Muntz : « Ha ha ! »

- quand les conneries s’enchaînent et que rien ne va dans le bon sens, il est d’usage d’invoquer la fameuse « Loi de Murphy ». J’ai vérifié, et voici son énoncé exact : « S'il y a plus d'une façon de faire quelque chose, et que l'une d'elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu'un pour le faire de cette façon.» Vrai, mais un peu trop technique à mon goût. Je préfère la « Loi de Finagle », qui en dérive directement : « Tout ce qui peut rater le fera – au pire moment possible » Alors ça c’est une loi à laquelle j’aurais été fier de donner mon nom.

- un film que je n’irai voir sous aucun prétexte : « Control », la vie (et le suicide par pendaison à 23 ans) de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, filmée en noir et blanc. Vous avez intérêt d’avoir une confiance totale dans votre santé mentale si vous allez voir ce truc. Ça me fait penser, est-ce que je n’aurais pas un vieux CD de Joy Division qui traîne quelque part ? Il faut que je le retrouve d’urgence pour le brûler.

- la note précédente était vraiment superflue. Je ne vais jamais au cinéma. Quand je dis jamais, ça veut dire 1 fois ces 7 dernières années. Et le film était à chier.

- déjà 3 week-ends de NFL et donc de fantasy football, et les trois joueurs (LT, LJ et Steven Jackson) choisis au sommet de toutes les drafts sont soit mauvais, soit blessés, ruinant ainsi des millions de saisons de fantasy à travers le monde, y compris la mienne (et s’il vous plaît ne mentionnez pas le nom de Maurice Jones-Drew en ma présence). Mais ça n’est pas bien grave. Cela peut même expliquer d’une autre manière pourquoi ce jeu est si populaire : parce que c’est une allégorie de la vie réelle. Comme elle, la fantasy vous brisera le cœur et balaiera tous vos espoirs, peu importe vos efforts. Mais vous continuerez à y jouer car, enfoui très profondément en vous, subsiste encore l’espoir de gagner. Un jour.

- si seulement j’avais eu les couilles de drafter Randy Moss dans au moins une de mes équipes. Mais non. Même pas. C’est si facile de se détester, parfois.

- l’autre jour j’ai entendu répéter le vieil adage « il vaut mieux faire envie que pitié ». Certes, mais que pensez-vous de cette maxime de mon cru : « Faire pitié, c’est déjà mieux que rien. »

- à propos j’en ai assez de prétendre que je n’ai que peu de règles dans la vie, pour toujours finir par vous en énoncer une nouvelle. Après les 3 règles imputrescibles figurant dans le « Guide de survie » de la semaine dernière et l’étalon-or de la « Loi de Finagle », en voici plein d’autres à garder constamment à l’esprit:

- « Ne te sens pas mal si tu as le sentiment de n’être qu’un loser égocentrique, parce que c’est la vérité. »
- « S’il te prend un jour l’envie stupide de prendre un risque, sois bien conscient d’une chose : tu vas te planter. »
- « Ne jamais, sous aucune circonstance, faire confiance à qui que ce soit. Et surtout pas à toi-même. »
- « Jamais plus de six heures d’affilée sur Internet. Même sur espn.com »
- « Tu es un imbécile. »
- « Si tu te surprends un jour à lécher les bottes de quelqu’un, arrache-toi la langue »
- « Pas de projectiles à portée de main quand tu regardes la télé. Un homme politique, un but de Marseille, une critique de cinéma ou un clip de Diam’s : le coup peut partir vite, et ces foutus écrans plats coûtent cher. »
- « Ne te préoccupes pas de ce que les autres pensent de toi. En as-tu la moindre idée, de toute manière ? Si oui, alors une chose est certaine : tu as tort. »
- « Ravales ta fierté et fais profil bas. Tu ne veux pas plus de problèmes, si ? »
- « Les antibiotiques, c’est pas automatique. »
- « 10 fruits et légumes frais par jour. »
- « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie. »
- « Petit rappel au cas où tu aurais tendance à l’oublier : les hommes sont des gros lourds. Et les femmes sont purement et simplement diaboliques. »
- « Pourquoi paniquer lorsque tu te sens seul et abandonné ? C’est aussi comme ça que tu vas crever, alors autant t’y faire dès maintenant. »

Pas mal, non ? La vie peut être à peu près supportable dès lors que l’on suit ces commandements à la lettre. Il reste néanmoins une dernière règle, désormais connue sous le nom de « règle morte » depuis que je la bafoue sans vergogne : « N’évoques jamais les problèmes minables de ta misérable existence dans ce blog. Chacun sa merde. » Oups.

- attention à la musique que vous écoutez lorsque la Terre entière vous en veut et que vous avez pris conscience de votre peu de valeur aux yeux du monde. Pas question par exemple que je m’aventure ces jours-ci à affronter la puissance de titres comme « One In A Million » de Guns N’Roses ou « I’m Eighteen » d’Alice Cooper. Le risque que je m’effondre pour de bon serait d’environ 98%. Au lieu de ça je me continue de me focaliser sur Weezer. Mon opinion a souvent varié à leur sujet, mais en ce moment c’est eux ou rien. Est-ce à cause du côté nerd ? Pas forcément. Parce que je m’identifie avec Rivers Cuomo ? Vous voulez rire. Ce type a certes des problèmes psychologiques, mais c’est surtout un songwriter talentueux et dictatorial qui a vendu des paquets de disques, gagné des millions de dollars et baisé des centaines de groupies avant de prétendre que ça le rendait malheureux (cf « Tired of Sex »). Tout ceci me rend aussi proche de lui que de, au hasard, Tom Brady. Oh mon Dieu, voilà que ça me reprend : je voudrais tant être Tom Brady !... (si vous ne savez pas qui c’est, cliquez ici) Bref, pour revenir à Weezer, c’est « Pinkerton », l’album de 96, qui accompagne désormais mes journées. Cuomo a depuis renié le disque, selon lui trop personnel, comparant sa genèse à la mésaventure suivante : « aller à une soirée, boire beaucoup, parler de ce que l’on a sur le cœur de façon cathartique, mettre ses tripes sur la table, et se réveiller le lendemain en se rendant compte à quel point on s’est ridiculisé… » D’accord, je vois ce dont il veut parler… Il n’empêche que l’album contient la meilleure chanson du groupe, « El Scorcho », et son refrain fantastique, à reprendre en chœur (« I’m a lot like you, so please », etc) chez soi ou dans sa voiture. Et puis il y a « Why Bother ? », et surtout les paroles de « The Good Life », tellement bonnes et, au fond, stimulantes. Peu importe si ça marcherait mieux pour moi avec « lone man » plutôt que « old man ».

- bien, il est temps ce conclure et de profiter de la formidable interactivité que nous offre Internet. J’en ai assez de cette situation, vous en avez assez, la blogosphère tout entière en a assez, alors voilà ce que nous allons faire. Je vais vous présenter une liste de solutions potentielles qui pourraient mettre fin à mes pleurnicheries pathétiques, et vous allez me dire laquelle serait, à votre avis, la plus appropriée. N’hésitez pas non plus à me proposer quelque chose à laquelle je n’aurais pas pensée (inutile cependant de me parler d’humanitaire ou d’aller au Darfour sauver des vies : n’oubliez pas que je suis égocentrique et que je ne pense qu’à moi.) Merci d’avance et, qui sait, grâce à vous je pourrai peut-être bientôt voir la vie en rose.

- l’alcool (j’opterais sans doute pour la bière, j’ai besoin de reprendre un peu de poids)
- le nœud coulant (corde en nylon, bien évidemment)
- regarder en boucle les coffrets DVD des meilleures saisons des Simpsons (pourvu que je ne m’identifie pas avec Moe, le patron du bar)
- foutre le feu à un immeuble rien que pour voler au secours des habitants et devenir un héros (en attendant la prison)
- la drogue (seul problème, mon budget limité)
- le fusil de chasse façon Kurt Cobain (bruyant et salissant, bref, pas idéal)
- un pass gratuit et illimité pour une sélection des sites porno les plus hard (et pourtant, Dieu sait que j’ai besoin de dormir)
- un relooking total avec séances de muscu (quoique la mode est au rugbyman métrosexuel, alors je ne sais pas trop)
- le pont du Bouguen (ah zut, c’est vrai, ils ont installé des « barrières de prévention »)
- la lobotomie (mais ça mettrait également fin à ce blog, ce qui serait vraiment dommage, hein ?)
Voilà. Je suis à court d’idées. J’attends vos suggestions.

21 septembre 2007

Beverly Hills

La vie est tellement meilleure lorsque l’on sait qui on est.
Depuis que j’ai décidé cette semaine que je n’étais qu’un nerd, je me suis donc plongé à fond dans la nerd-music et son groupe quintessenciel, Weezer.
Bien qu’ils aient écrit de meilleurs titres, comme les classiques « Undone-The sweater song » et « El Scorcho », j’ai pensé que le clip hautement réjouissant de « Beverly Hills » (that’s where I want to be) était le plus approprié pour remonter le moral de ce site.
Vous savez, après l’autre message.
Tous à la Playboy Mansion.

19 septembre 2007

Un Guide de survie

Désolé de vous annoncer la nouvelle de façon aussi abrupte, mais je crois que le temps est venu d’accepter la vérité, aussi terrible soit-elle : la vie, ça craint un max.
La plupart du temps, les gens sont simplement trop stupides ou trop occupés pour s’en rendre compte. Ils progressent à travers l’existence en acceptant leur sort tant bien que mal.
Ou bien ils gobent des pilules. (si vous trouvez que ça devient glauque, attendez un peu. Vous n’avez encore rien vu.)

L’avantage que j’ai dans ce domaine c’est que, n’étant ni stupide (quoique certaines personnes vous diraient qu’il y a débat), ni occupé (pas de débat, là), j’ai depuis longtemps intégré le côté craignos de l’existence. C’est sans aucun doute ce qui m’a permis d’enchaîner sans sourciller les années sans jamais connaître de raison particulière de me réjouir ou de me sentir fier. Cela paraît peut-être improbable, mais c’est ce que l’on est capable de subir dès lors que l’on a compris quelle était la seule ligne de conduite valable dans la vie : rester digne tout en attendant la mort. (je vous avais prévenu)

Malheureusement, tout homme a ses moments de faiblesse. A force de ne rien voir venir de positif et de s’en prendre continuellement plein la gueule sans comprendre où ça le mène, n’importe quel connard a parfois envie de dire : ça suffit. Même moi.

QUOIQU’IL EN SOIT, je vous ai déjà expliqué que je n’avais que peu de règles dans la vie. L’une d’entre elles est : « Pas d’embrouilles avec les forces de l’ordre, les pompiers ou les militaires. Ces types sont peut-être des gros cons, mais un jour tu seras bien content de les voir arriver pour qu’ils te sauvent la peau. »
Une autre, utile pour savoir comment se comporter en soirée (comme si j’y connaissais quelque chose) : « Si tu es suffisamment sobre pour conduire, tu n’es pas en état de danser. Loin de là. »
Et enfin celle qui nous intéresse aujourd’hui : « A chaque fois que tu as envie d’aller te balancer sous un train en marche, fais une liste de tout ce qui est tellement super génial dans ta vie. »
C’est parti.

1. un métier captivant dans lequel je peux m’investir à fond. OK, qu’est-ce que je raconte, là… On avait dit qu’on jouait cartes sur table. Je corrige donc : un métier pourri qui me laisse le temps de me lamenter sur mon sort non-stop dans un blog.

2. ce blog, justement, et ses nombreux lecteurs qui attendent avec impatience chaque nouvel article ! Je ressens une telle pression chaque semaine pour ne pas les décevoir… Bon. Encore un mauvais exemple. Si seulement vous pouviez voir les toiles d’araignée sur mon compteur de visites.

3. peut-être pas tant que ça d’amis virtuels, certes, mais dans la vraie vie, bon sang, ces week-ends sauvages qu’on passe entre potes ! C’est toujours l’aventure. Bordel, quand est-ce que je vais arrêter de raconter n’importe quoi ?

4. il est temps d’accepter l’évidence, je ne suis qu’un foutu nerd. Mais contrairement à la croyance populaire, rester scotché devant un PC dans sa cave (je n’ai pas de cave, mais vous saisissez le concept) a aussi des bons côtés. Au mois d’août, par exemple, au lieu de prendre des vacances à Ibiza histoire de troncher des pouffiasses, j’ai préféré consacrer toute mon énergie à la préparation de la saison de fantasy football. Stats, prévisions, tableaux comparatifs, j’étais paré pour capturer la gloire virtuelle cet automne. Bilan de victoires des 2 premières semaines : 7 sur 24. J’aurais définitivement dû opter pour la débauche.

5. contrepartie plaisante à mon intérêt pour la fantasy, le podcast de Matthew Berry et Nate Ravitz sur espn.com. Ces deux blaireaux réussissent parfois l’exploit de m’arracher un ricanement. On se divertit comme on peut. A propos, il faut aller à Espn Podcenter pour les télécharger. J’écoute aussi régulièrement Jeremy Green, Around the Horn et bien sûr PTI. Ça va peut être vous choquer, mais je pense que ces mecs sont vraiment bons. Et puis vous savez quoi ? Je comprends ce qu’ils racontent. Quel petit génie je fais.

6. restons dans le sport avec cette chose qui me fait toujours aimer la vie un peu plus : les défaites de Marseille. Qu’ont-ils fait hier soir, au fait ? Gagné ? Décidément, c’est pas ma semaine…

7. haut les cœurs, j’ai mon billet pour le match du Stade Brestois vendredi soir ! Une affiche de rêve face à Gueugnon, brillant 20ème de D2. A bien y réfléchir, assister à ce match pourrait bien me saper le moral au-delà de tout et pulvériser les derniers vestiges d’amour-propre qu’il me reste. Pas grave. Je prends le risque.

8. au pire, je pourrais toujours remettre ma photo dans la machine à Simpsoniser et créer un double qui serait pote avec Homer. Je vous conseille d'essayer.

9. et pourquoi pas se repasser en boucle ce clip euphorisant des meilleurs actions de Shawn Kemp ? Quelque part, cette férocité me met du baume au cœur.

10. je ferai finalement appel à la nostalgie pour conclure cette liste pathétique. Je me revois très bien à 15 ans en train d’écouter toute la journée les Guns N’Roses chanter « Paradise City» (where the grass is green and the girls are pretty). A l’époque, une partie de moi y croyait sans doute un peu. Bref. Sinon, sympa la veste, Axl.

17 septembre 2007

Vidéos du lundi. Et le reste.

Tandis que je tentais de me décider à propos du choix de quelle vidéo « quasi-terrifiante-mais-quand-même-géniale » d’Alice Cooper j’allais vous proposer pour égayer votre lundi, l’interrogation suivante m’a traversé l’esprit : attends, il n’y aurait pas eu comme une orgie de sport ces derniers jours ? Pas de commentaires désobligeants à formuler ?
Bien sûr que si.

- ça commence très fort avec la « pluie de médailles françaises » aux championnats du monde de judo à Rio de Janeiro. Absolument hilarant. Deux questions cependant : d’abord, que vient foutre le championnat du monde de judo au Brésil ? Aussi crédible que la coupe du monde de curling au Guatemala. Ensuite, pourquoi faut-il qu’on en parle ? Le judo est-il vraiment un sport ? Sommes-nous condamnés à entendre les journalistes s’exciter sur les « chances de médailles françaises » tant que David Douillet vivra ? Je trouve ça démoralisant, quelque part. (PS : à propos de David Douillet, vous devez regarder cette vidéo. Encore et encore.)

- autre « Coupe du Monde », autre exploit national. Le XV de France a battu la Namibie 224 à 10. Enfin, quelque chose dans le genre. L’important, c’est que le pays tout entier se sente si fier de ses Bleurks aujourd’hui.

- Autre résultat, l’équipe B de Nouvelle-Zélande a disposé des Portugais 458 à 3. Quelle compétition captivante.

- Le sport français ne compte cependant pas que des vainqueurs, comme l’ont prouvé hier nos basketteurs qui ont conclu un Euro catastrophique par une défaite contre la Slovénie qui les prive définitivement de J.O. Dire qu’ils étaient supposés lutter pour le titre. Plus important, cette défaite signifie que l’on ne verra peut-être plus jamais Tony P. sous le maillot national. Le garçon a déjà une vie tellement chargée, entre les Spurs, Eva, et bien entendu sa carrière musicale…

- J’en profite pour vous confirmer que je n’ai pas vu un seul panier de l’Euro 2007 (pour info, la Russie est devenue championne d’Europe en surprenant les Espagnols sur leur parquet. Je suis sûr que ça vous intéresse), ce qui est franchement agaçant quand on sait que le basket est facilement dans le top 3 des sports que je préfère regarder. Si seulement je n’étais pas trop pauvre pour me payer le satellite. Envoyez-moi vos dons, SVP. Merci.

- Deuxième meilleur moment de la semaine après le but de McFadden quand j’ai allumé la télé vers 18h samedi pour entendre ce délicieux commentaire de la bouche de Christophe Dugarry : « C’est clair qu’y va falloir que c’t’équipe marseillaise nous montre autre chose dans c’te deuxième période. » Inutile de le préciser, j’ai dégusté comme il se doit cette nouvelle défaite de Marseille. Chacune d’entre elles me fait aimer la vie un peu plus.

- Metz est-elle la pire équipe à avoir jamais évolué en D1 ? Statistiquement, oui (2 points en 8 matches, qui dit mieux ?) Et sur le terrain ? Pareil. Une saison historique est en vue.

- La fédération automobile a condamné McLaren à 100 millions de dollars (!) d’amende pour une affaire d’espionnage contre Ferrari. Je n’y comprends pas grand-chose, pour tout dire je m’en moque, mais je pense que c’est un bon début. Il faudrait à présent condamner toutes les écuries de F1 qui proposent ce spectacle emmerdant entre tous : le Grand Prix du dimanche.

- Restons dans l’espionnage avec le dernier scandale dans la NFL : les Patriots sont des tricheurs ! C’est en tout cas ce que disent les joueurs et les coaches qui se sont régulièrement fait battre par la franchise de Nouvelle-Angleterre ces dernières années. Le crime qui leur est reproché ? Avoir été pris à filmer les signaux défensifs des Jets. C’est interdit par la ligue, et cela leur coûte un premier choix de draft plus un demi million de dollars d’amende pour Belichick (regardez donc cette conférence de presse : « It’s in the past » Magnifique.) Les autres équipes disent que ce n’est pas assez, que Belichick, le vilain, aurait dû être suspendu, mais surtout qu’il faudrait désormais s’interroger sur la validité des succès passés des Pats, leurs 3 Superbowls et leur domination de la ligue. C’est tellement stupide. Et je ne dis pas ça parce que les Patriots sont plus ou moins mon équipe favorite (je pourrais vous expliquer pourquoi, mais on n’a pas le temps) ni parce que j’ai récemment lu un bouquin sur Belichick et quel génie absolu du football il est. Mais simplement parce que voler les signaux défensifs de l’adversaire serait un avantage tellement marginal. Quoiqu’il en soit, les Patriots ont eu leur revanche hier en écrasant les tout-puissants Chargers 38-14. Tellement prévisible que je l’avais vu venir.

- Et enfin le plus important, avec le début de la renaissance pour moi dans la ligue de fantasy officielle de ce blog grâce à une victoire sans discussion aucune. J’imagine que c’est ce qui arrive à chaque fois que votre QB lance pour 6 (!) touchdowns dans un match. Des nouvelles de mes nombreuses autres équipes de FF ? Euh, disons juste que ça n’a pas été un dimanche très favorable…

15 septembre 2007

La semaine des Bleurks

Catastrophes en chaîne pour le sport français depuis une semaine. Les choses vont si mal, c’en est au point que même la victoire d’un judoka tricolore prénommé « Teddy » dans un quelconque tournoi de types en pyjama qui essaient de se faire tomber par terre ne peut suffire pas à remonter le moral de la nation.
D’un autre côté, ces déboires nationaux vont me permettre de remplir ce blog avec autre chose que des vidéos de rockers dégénérés vieilles de 35 ans. J’imagine que vous êtes soulagés.

- France 0, Ecosse 1. Jamais il ne cessera de m’étonner à quel point ces défaites françaises me procurent joie, apaisement, et ravissement de pouvoir crier à ma télé : « Bien fait pour vos gueules, bande de [blip] ! » Une sensation à nulle autre pareille. Le fait que cela arrive à Domenech, l’homme le plus détestable que la Terre ait jamais porté, ne peut qu’ajouter à mon plaisir. Et puis, vous avez vu ce but ? Il me donnerait presque envie de rajouter un « Mac » devant mon nom de famille.

- Je n’oserais pas mettre ça sur le compte de son mariage extravagant avec Eva cet été, mais Tony Parker a manqué jeudi soir un lancer-franc capital dans les dernières secondes du quart de finale de l’Euro, précipitant ainsi la défaite de la France face à la Russie. Comment ? Il y a un Euro de basket qui se joue en ce moment ? Et la France joue ? Oui, je sais, c’est une révélation inattendue. Mais rassurez-vous, l’auriez-vous su que cela n’aurait rien changé : pas une seule image, pas une, sur aucune chaîne. Pourquoi ? Probablement parce que, comme le dit la pub, « On est tous rugby »…


- Justement donc, cette vaste blague connue sous le nom de « Coupe du Monde de Rugby » (ajoutez tous les guillemets que vous voudrez) se poursuit tant bien que mal après la prestation lamentable du XV de France en ouverture. Je ne fais bien entendu que rapporter ce que les journalistes en ont dit, étant donné qu’il aurait fallu me payer pour regarder. Un résultat, un seul, suffit à se rendre compte de l’étendue de la plaisanterie : Australie 91, Japon 3. Les Japonais, sachant très bien qu’ils allaient se faire massacrer avaient décidé de faire jouer l’équipe B. Relisez cette phrase. L’équipe B pour le premier match d’une « Coupe du Monde ». Quand le Japon a joué le Brésil pendant la dernière Coupe du Monde de foot, l’idée ne leur a jamais traversé l’esprit. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient une chance de gagner. En rugby ? Même pas la peine de se déplacer. Faites donc un mondial à 8.

11 septembre 2007

I'm Eighteen

Pas vraiment d’humeur à être sarcastique à propos des exploits des différentes équipes de France ni à la ramener à propos de mes ligues de fantasy (mon frère qui n’y connaît rien m’a battu ce week-end…)
A la place je préfère vous faire profiter de cette video d’Alice Cooper tournée en 1972 (!) pour la télé allemande. Honte à vous si vous ne connaissez pas l’original, « I’m Eighteen », c’est juste un hymne absolu et une des 3 ou 4 meilleures chansons jamais enregistrées. Et tant pis si Alice est défoncé et qu’il a « oublié » les paroles du premier couplet, cette version rallongée est du pur génie (c’est la journée des superlatifs), comme à peu près tout ce qu’à fait ce groupe au début des années 70.
Question à 100 000 euros cependant : quand on n’a plus 18 ans depuis bientôt 15 ans mais qu’on peut reprendre à son compte tout ce que chante Alice dans cette chanson (et je veux dire, vraiment tout, de « I'm in the middle without any plans » à « I get confused every day » en passant par « I just don't know what I want » et « I gotta get out of this place »), faut-il s’inquiéter ? Je dirais que oui.

07 septembre 2007

Foot: bien Rugby: pas bien

Une semaine de silence pendant laquelle j’ai réussi à ne pas vous embêter avec le football américain.
Ne me remerciez pas, moi-même j’avais fini par me lasser de ces « previews » que personne ne lisait ni ne comprenait.
Enfin, j’en termine avec, pour ce qu’elles valent, ces prévisions pour la saison qui démarre ce week-end. N’y prêtez surtout pas trop d’attention, l’an passé mon pronostic d’un SB entre Bengals et Panthers s’étant révélé un désastre absolu.

NFC East : Philly, Dallas*, Washington*, NY Giants
NFC North : Chicago, Green Bay, Detroit, Minnesota
NFC South : New Orleans, Atlanta, Carolina, Tampa Bay
NFC West : Seattle, San Fran, Saint Louis, Arizona

AFC East : New England, NY Jets, Miami, Buffalo
AFC North : Pittsburgh, Baltimore*, Cincy, Cleveland
AFC South : Indy, Jacksonville, Houston, Tennessee
AFC West : San Diego, Denver*, Oakland, Kansas City

* : wild card

NFC Championship game : Philly b. Seattle
AFC Championship game : San Diego b. Indy

Superbowl : San Diego b. Philly

- il y tant de raisons pour lesquelles j’ai envie de frapper quelqu’un à chaque fois que j’entends parler de la Coupe du Monde de rugby qui, vous êtes peut-être au courant, démarre aujourd’hui. Le fait qu’ils osent appeler ça une « Coupe du Monde », par exemple, alors que seuls un pays et demi (le Commonwealth et le sud de la France) jouent sérieusement au rugby. Une promotion éhontée. Le retour d’un chauvinisme hautement émétisant. Des règles incompréhensibles. Les questions ridicules posées dans les médias comme : « Le rugby peut-il supplanter le foot ? ». L’incroyable complexe de supériorité des fans de rugby à propos des supposées « valeurs » de ce sport (mais de quoi est-ce qu’ils parlent ?) Ajoutez à cela le traumatisme d’avoir été forcé à jouer au rugby les matins d’hiver par un prof de sport abruti en 6ème, et vous m’excuserez si je trahis une fois de plus ma patrie : à bas le XV de France.


- retour à un sport effectivement international et auquel on peut jouer sans nécessairement être bâti comme une brute : le foot, et l’Italie-France de samedi. Vais-je regarder le match ? Probablement pas. Suis-je intéressé par le résultat ? Bien sûr. A chaque fois que les Bleurks jouent, j’espère de tout mon cœur qu’il se fassent humilier. Est-ce grave si la France gagne ? Pas vraiment. Rappelez-moi qui a gagné la Coupe du Monde, déjà ? (plus le temps passe et plus il me paraît évident que l’instant où Fabio Grosso a inscrit son tir au but contre Barthez est le plus grand moment de toute ma vie. Je sais que c’est pathétique, mais je m’en fous. Mon amour-propre est plutôt faible ces jours-ci.)